Comment préparer un voyage dans l’Ouest américain ?

Ca c’est une question que j’ai souvent entendue sur un certain forum de voyageurs (ou plutôt non, les gens s’attendent à ce que les forumiens préparent tout pour eux, ils ne cherchent pas vraiment à savoir comment se dépatouiller !)

Voici donc les 10 commandements de la préparation du voyage, avec des conseils objectifs et des conseils pas objectifs du tout.

1. Pour décider de l’endroit qui te fait envie, Internet tu consulteras

Internet, quel outil merveilleux ! Je me demande comment les gens pouvaient organiser un voyage avant. Ca devait être un tantinet plus laborieux, et plus cher (de passer par une agence, par exemple…) Ou c’était peut-être tout simplement plus facile de partir à l’aventure…

Ca peut paraître évident de donner ce conseil là, mais ce n’est pas forcément évident pour tout le monde. Pourtant c’est simple ! Il suffit de glander sur google image pour voir un peu ce à quoi vous attendre et choisir (difficilement) entre, disons, l’Utah et la Californie.

Quelques sites indispensables :

- Ouestusa.fr : On va croire que je fais de la propagande pour ce site, mais promis, je ne touche pas de commission. Bien que les mises à jours commencent à être espacées, il y a l’essentiel pour un beau voyage dans l’Ouest américain : des lieux emblématiques comme des lieux hors des sentiers battus. Avec une carte qui est ma foi pas mal faite du tout. Cela devrait être votre site de référence. Mon seul regret : qu’il n’y ai que le Sud-Ouest ! Ma foi, ça aurait été vraiment sympa d’étendre la zone d’action à la côte pacifique.

- Le site des National Parks : Je pense que si vous voulez aller dans l’Ouest, c’est pas forcément pour faire des visites de musées. Les grandes attractions sont évidemment les magnifiques National Parks. Un clic sur le lien précédent ainsi que sur celui-ci qui mène vers une carte où ils sont tous repertoriés (ainsi que les National Monument et les National Recreation Area). Il vous suffit ensuite d’aller sur le site dédié au National Park en particulier (ils ont tous un site propre) où tout sera expliqué : ce qu’il y a à voir, à faire, où dormir, où manger, où randonner… Lorsque vous entrerez dans le National Park, on vous fournira également toujours une petite brochure avec un plan, quelques activités, et les chemins de randos. Pour ça, les américains ils savent promouvoir leur patrimoine !

Il ne faut pas non plus oublier les state parks, qui peuvent être tout aussi magnifiques :  un site pour chaque Etat mais je vous donne celui de l’Utah.

N’hésitez pas non plus à lire les récits de voyageurs sur la blogosphère (c’est à dire, mon magnifique blog – ce qui est bien c’est que je peux me jeter des fleurs sans que l’on m’embête, c’est bien, les dictatures.)

- Quelques blogs sympas : chez Steve, des randos chez My life outdoors, des bouts de Texas chez Texas Mountain Trails, un autre blog texan, la description des randos classiques chez Hiking Zion, mon site préféré sur Zion est chez Joe et ses randos hors des sentiers battus, un petit tour dans l’Arizona, et encore de la rando dans l’Utah !

2. Ton budget tu évalueras correctement

Ce n’est pas forcément la zone touristique la moins chère du monde, surtout si vous voulez dormir en hôtel. Cependant, si vous avez un budget serré, vous trouverez votre bonheur également, entre les campings et les motels, par exemple la chaîne Motel 6. Ce qui m’emmène à la question suivante :

3. Pour profiter des merveilles de la nature, en camping tu dormiras

Entre nous, ça ne sert à rien d’aller visiter l’Ouest Américain pour rester dans les villes, plus ou moins grandes. Si vous voulez vraiment vivre une vraie expérience : dormez dans les campings des National Parks. Ils sont généralement vraiment pas chers (entre 10 et 20 dollars), super équipés et vraiment toujours propres. Oubliez l’idée que vous avez des campings français, ici, même le papier toilette est fourni. Parfois, dans les zones les plus arides ou les plus reculées, il n’y a pas de douches (mais sincèrement, vous pourrez vous en passer plus facilement que ce que vous imaginez) voire de toilettes de type « flush toilets ». Rassurez-vous, il y aura toujours au moins des toilettes sèches. Toutes ces infos se trouvent facilement sur les sites des national parks.

En campant, vous pourrez voir le ciel étoilé, profitez des animaux (mieux vaut des biches que des ours), entendre les bruits de la nuit, participer aux animations nocturnes des rangers, vous sentir vraiment au milieu de nulle part, en définitive.

Rien ne vous empêche d’entrecouper le camping avec une ou deux nuits d’hôtels histoire de reposer votre dos fragile !

4. Une voiture tu loueras

Autant vous le dire franchement, même si certains parcs nationaux sont accessibles via les transports en commun (par exemple la rive sud du Grand Canyon ou Yosemite), la plupart sont uniquement accessibles en voiture. Si vous voulez vraiment profiter de cette expérience, oubliez le train, le bus ou l’auto-stop.

Pas facile de déchiffrer les offres des loueurs de voiture (qui font partie de ma liste des « Professions indésirables »). A chaque fois que nous sommes partis aux Etats-Unis, pour une poignée de jours ou un plus long séjour, nous avions loué chez un courtier : autoescape. L’avantage, c’est que votre interlocuteur sera français (pour la réservation et en cas de problème) et que (presque) toutes les assurances sont incluses dans le prix de départ. Pas de mauvaise surprise quand vous récuperez votre voiture au guichet du loueur (généralement avis, hertz, dollar, budget…) Sauf quand celui ci y met de la mauvaise volonté et vous rajoute une assurance optionnelle que vous ne voulez pas. Autoescape nous a remboursé par la suite. Les prix sont généralement bien négociés et avantageux, surtout si vous louez votre voiture au moins 6 mois à l’avance.
Quoiqu’il en soit, il faut vraiment faire le tour de tous les loueurs potentiels car les prix peuvent varier du simple au double. Faites également bien attention aux clauses : qu’est ce qui est compris dans le prix de départ ? Etes-vous suffisamment assurés ? Il vous faut techniquement le Collision Damage Waiver Insurance, la Theft Protection Insurance (TP) et la Civil Responsibility. A cela, rajoutez une assurance personnelle (si vous vous blessez, vous ne serez pas couverts par ces trois là). La carte visa premier (et non Gold) vous offre une assurance personnelle, mais il faut que celui qui ai l’accident soit le possesseur de la carte. Bref, ne lésinez pas sur l’assurance, cela pourrait vous coûter cher.

5. Las Vegas, comme la peste tu éviteras

Si le rêve de votre vie c’est de voir des nuages de fumée jaunâtres en atterissant dans la ville lumière, si c’est de remonter le strip à minuit pour vous faire aborder par des prostituées, voir des fontaines gigantesques qui deversent des millions de litres d’eau pour le spectacle. Si votre rêve c’est de vous faire plumer dans des casinos décorés dans un goût douteux et d’entrer en compétition avec les mamies aux machines à sous, si votre rêve c’est de profiter des buffets illimités, de visiter une ville en carton pâte mais où il n’y a même pas Mickey… Las Vegas est pour vous. Je suis évidemment partiale, mais cette ville, au milieu d’un désert (qui ressemble plutôt à un terrain vague, à présent), qui gaspille une eau rarrissime pour des terrains de golf (et qui compte la puiser à présent au nord du Nevada, dans des nappes d’eau douce protégées où vivent encore des poissons rares et endémiques) : Las Vegas est vraiment faite pour vous.

Tout au plus, Vegas peut être votre point de départ, celui où vous atterrissez et récupérez votre voiture. Mon seul conseil serait de prendre la route au plus vite pour vous enfuir. Si vous voulez quand-même expérimenter une nuit vegassienne, passez une bonne soirée et attention à ne pas épuiser votre budget nourriture dans les machines à sous !

6. Une carte « America the beautiful », tu achèteras

Ce pass est délivré à l’entrée de n’importe quel parc national et vous permet, pour une durée d’un an, d’entrer autant de fois que vous le voulez dans les national parks, national recreation areas, et national monuments. Attention, les tribal parks et les state parks sont sujets à des frais d’entrées (même si ces derniers sont parfois gratuits.)

America the beautiful, c’est vraiment indispensable, pour 80 dollars c’est la liberté ! Il y a deux signataires derrière et vous pourrez entrer avec une voiture (de 4 personnes), avec. Le pass sera vérifié à chaque entrée de national park, avec une pièce d’identité !

7. L’achat d’eau et d’essence, tu ne négligeras pas

Si vous partez en été, attendez vous à avoir chaud. Voire très chaud. Dans les coins désertiques, vers Page, la Monument Valley ou même Moab (sans parler de l’Arizona et du sud du Nouveau-Mexique), il faut TRES chaud. Ne négligez jamais le fait d’avoir une très grosse provision d’eau dans votre voiture, et avec vous si vous décidez de randonner. (au moins un gallon, soit 4 litres par personne pour une courte après midi, et encore c’est vraiment le minimum). Ecoutez toujours les recommandations des rangers. Dès que vous montez en altitude (Bryce Canyon, Capitol Reef, Zion, la north Rim du Grand Canyon…) la chaleur sera moins intense car il y a souvent une petite brise plus fraîche et des orages un peu plus régulièrement. A Bryce Canyon, il y a même souvent beaucoup de vent. Si vous êtes asthmatiques, faites attention, il peut être difficile de s’acclimater rapidement à l’altitude, alors ne vous lancez pas dans de grandes randos !

Dans certains coins du Sud-Ouest, vous pourrez faire des centaines de kilomètres sans traverser de village assez grand pour y avoir une pompe à essence. N’hésitez pas à refaire le plein si vous n’êtes pas certains de traverser une zone peuplée, ne remettez pas ça à la chance ! (A noter qu’entre Green River et Capitol Reef NP, il n’y a… rien)

8. Avant de partir, le radin tu ne feras pas et des guides de voyage tu achèteras

Ah, les guides de voyage. Je lis ça comme des romans, quand ils sont bien faits. J’ai évidemment mes petits favoris. J’en ai vraiment ras le bol des Routard, qui, en fin de compte, ne font que présenter des listes exhaustives d’hôtels et de restos (perso, je préfère écouter les conseils des locaux ou tout simplement regarder si le menu me plait… pas besoin de plus). Du coup je suis passée au Lonely Planet, que je trouve un peu « bobo » dans sa version française, mais beaucoup plus intéressant dans sa version originale.

Quelques guides indispensables :

J’avais déjà présenté la série Photographing the Southwest dans un article précédent. Trois volets sont écrits par Laurent Martès : l’Arizona, l’Utah et le Colorado/Nouveau-Mexique. C’est en anglais mais je pense qu’avec un niveau moyen, vous pourrez déchiffer l’essentiel. Ce guide est une Bible absolue de tous les coins du Sud-Ouest, méconnus, largement documentés ou quasiment inconnus. Les conseils photographiques sont finalement secondaires : c’est bien écrit, bien illustré et vous donne la tête qui tourne tellement il vous donne de bonnes idées ! Je ne dirais pas que c’est un guide traditionnel, mais plutôt un outil de découverte.

 

 

Voilà un guide Lonely Planet concernant uniquement les parcs nationaux de l’Utah (Zion, Bryce, mais aussi Arches,  Capitol  Reef et tout le tralala). Il présente quelques randos pour chaque parc, c’est très précis, il y a pas mal de conseils. Vraiment une lecture utile.

Une version française de l’Ouest américain de Lonely Planet, qui couvre une zone très large et qui, bien que très généraliste, est une bonne introduction et présente l’essentiel.

J’adore la collection « Trips » de Lonely Planet. Elle existe pour la Californie, la côte pacifique, la Nouvelle-Angleterre, le sud-est… Je les ai tous sauf celui là ! A vrai dire je ne sais pas ce qu’il vaut, mais le principe de cette série c’est de présenter des itinéraires thématiques (littérature, bouffe, art, grands espaces…) et c’est vraiment toujours très sympa, bien écrit, et instructif.

50 best short hikes in Utah’s National Parks : pas indispensable, mais agréable à lire et pratique, voici un petit guide des meilleures randos à faire dans les parcs  nationaux !

Des « state maps » Rand Mc Nally tu achèteras ! Dans les stations services en arrivant ou par correspondance avant de partir. Elles sont bien faites et vraiment indispensables, même si vous avez un GPS. Ca ne coûte vraiment pas grand chose mais ça vaut plus que le coup.

Pour en savoir plus sur tous les parcs nationaux des Etats-Unis, offrez vous ce beau pavé de chez National Geographic. C’est super beau, super bien expliqué. On en apprend vraiment beaucoup.

Pour toutes les villes, offrez-vous un petit Cartoville de chez Gallimard quand il est existe ! Généralement suffisant pour 4 jours, il mêle bonnes adresses et plans. A savoir que si vous ne voulez pas trop planifier les visites, l’office de tourisme local vous fournira gratuitement des plans et bonnes adresses !

9. Pour planifier ta route, google maps tu utiliseras

C’est l’outil préféré de toute personne qui désire faire un peu de route ! Il faut utiliser la fonction « itinéraire » et non « map » pour pouvoir doser précisémment votre trajet, savoir le nombre de kilomètres à faire, le nombre d’étapes, trouver de petits détours…

Ne sur-estimez jamais le nombre de kilomètres à faire. Conduire aux Etats-Unis est assez simple (et c’est quelqu’un qui déteste conduire qui vous dit ça.) Les gens respectent beaucoup plus les limitations de vitesse, sont beaucoup plus « cools »‘. Ne vous en faites pas. Les routes sont généralement très belles, même dans les endroits déserts. Si vous désirez emprunter des chemins non goudronnés, faites attention à avoir un véhicule approprié… Sinon vous pourriez vous retrouver embourbés au milieu de nulle part à cause d’un orage soudain… Ce ne sont pas des choses à prendre à la légère !

10. Faire des détours et prendre ton temps, tu aimeras

Entre nous, ça ne sert à rien d’aller dans l’Ouest américain si c’est pour faire Los Angeles/San Francisco/les parcs de la californie/Las Vegas/l’Arizona et tout l’Utah en 10 jours. Je sais que des gens le font, en passant chaque nuit dans un nouveau motel au bord de la route. Ca n’a aucun intérêt. Sortez les fesses de votre voiture, osez passer trois ou quatre nuits au même endroit, faire peu de kilomètres mais en profiter. Sentir le parfum des eucalyptus de la baie de San Francisco, la terre mouillée du canyon de Zion après un orage, voir le coucher de soleil confortablement assis sur un banc à Fruita, profiter de quelques minutes pour tremper vos pieds dans un ruisseau… Mais pour ça, oui, il faut prendre son temps et sortir vos fesses de votre voiture ! Généralement, je conseille de consacrer un voyage entier à la côte californienne et à ses parcs, et un autre voyage au Sud de l’Utah. Et même comme ça, ce n’est pas facile de tout faire ! N’ayez pas peur de ne rien faire !

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