Pourquoi faire un road-trip aux USA ? Pourquoi autant de préparation ?
Comme je l’avais dit dans ce formidable article Comment préparer un voyage dans l’Ouest américain ?, pour moi, l’essentiel dans un voyage, c’est la préparation ! Ne vous méprenez pas, j’aime aussi l’idée des voyages à l’arrache où l’on découvre tout au fur et à mesure, où tout est une surprise… Seulement… Mon esprit de géographe reprend toujours le dessus. A quoi ça sert de visiter un national park si c’est pour ne pas connaître ses spécificités géologiques ? Pire, ne pas préparer son voyage ce serait courir le risque de passer à côté de quelque chose de formidable. Si je n’avais pas passé beaucoup de temps sur Internet, je n’aurais sûrement pas découvert Capitol Reef, par exemple, parc magnifique que les touristes se contentent (au mieux), de traverser. Idem pour le cimetière militaire (et son cimetière des animaux) de San Francisco, où l’on ne peut pas se retrouver par hasard, et qui reste pourtant mon meilleur souvenir de la ville. Qui y’a t’il de plus agréable que de reconnaître des lieux dont on a déjà entendu parler pendant des mois avant ? D’enfin pouvoir les avoir sous les yeux ? Je me remémorerais toujours la première arrivée à Zion, où nous suivions la Virgin River dont j’avais tout lu…
Après, il faut s’adapter : quand nous étions allés à New York, nous n’avions même pas de plan et nous avons déambulé dans la ville, c’était incroyable. Nous avions fait la même chose pour San Diego, et par contre c’était l’échec total. Comme quoi…
J’en viens donc à la question : pourquoi faire un road-trip ? Cette idée nous est venue un peu tard, étant donné que M. Isa n’avait pas son permis (et ne l’a toujours pas d’ailleurs, mais il y travaille). Je ne me voyais pas faire 10 000 km, toute seule au volant. Le jour ou le fameux M. Isa m’a enfin cédé et m’a dit qu’il allait prendre des leçons : tout s’est mis en place : 3 mois (durée du visa de touriste classique), le Sud, voiture, camping. C’est en gros ce qui s’est passé dans ma tête…
Je fais beaucoup de recherches de blogs pour lire les aventures aux 4 coins du monde. Une grande partie d’entre eux font un road trip aux USA en citant comme référence l’abominable « Sur la route » de Kerouac, ou le film « Into the Wild » de Sean Penn. J’ai vraiment l’impression que depuis la sortie de ce film, beaucoup plus de gens imaginent retourner à la nature, en prenant une voiture et en allant s’écraser quelque part en Alaska. Ça m’a donné envie d’écrire cet article complètement décousu et insensé.
Ne vous méprenez pas : je pense qu’il n’y a pas de mauvaise raison de voyager. Alors pourquoi pas, après tout. Mais ne vous méprenez pas non plus : je suis une grosse snob. Généralement, de ces récits de voyages calqués sur « Sur la route », il découle toujours la même chose : voir le plus de parcs nationaux possible, faire le plus de kilomètres possibles, et ne jamais prendre le temps de faire quelques randos ou juste de rester à un endroit sympa. Juste pour se dire, au fond de soi « j’ai fait comme dans Into the wild, je connais les grandeurs de la nature américaine, je connais le sens de la vie ». Et ça ça m’énerve !!! J’aime la littérature américaine, j’aime la géographie américaine, j’aime l’histoire américaine. J’ai pas envie de me mettre en scène, ni de faire bien, ni de faire un truc de warriors. C’est pour ça que je veux faire un road trip aux États-Unis, je veux enfin pouvoir voir quelques unes des nations américaines, voir d’où viennent mes références culturelles. Pouvoir refaire chauffer mon appareil photo et écrire. Prendre trois mois pour nous, pour se retrouver à deux, pendre le temps de respirer et de vivre des expériences uniques.
NB : C’est pas grave si vous aimez Kerouac, je vous aime quand-même.
13 Comments



J’adore cet article.
Surtout la référence à Into the Wild que je me bouffe à chaque fois que je parle Yukon/Alaska.
Par contre j’suis en désaccord sur la prépa d’un RT qui peut se vivre à l’arrache avec moult plaisir.
Je reviendrais !
Héhéhé !
Ah non mais je suis d’accord aussi ! La surprise et la découverte est un plaisir immense… C’est juste que je n’y arrive encore pas !!
AAhh mais je me reconnais trop dans ton article, moi qui prépare mes séjours Canada/Usa, et que je parle des parcs et du fait que je vais voyager seule on me parle direct en me disant « tu vas faire comme dans into the wild? »…. c’est lourd au bout d’un moment!! et idem, je discute avec une connaissance depuis des mois qui va faire la californie en 21 jours, en fesant tous les parcs et toutes les villes, j’ai beau lui dire que c’est nul car il va plutot traverser que découvrir mais bon…. je comprends pas ca moi! je préfère en voir moins mais bien les voir plutot que d’apercevoir seulement!
Hihi… Laura, il faut vraiment que l’on se croise l’année prochaine quelque part dans un parc pour boire une bière et critiquer Into the wild !
Bah tu as des dates ou pas déja, moi je serais coté Californie (et tous les parcs) à partir de Avril 2012 et jusqu’a fin mai pour ensuite filer vers l’est le 3e mois!
Ah mince, je crois que l’on va se louper de peu car nous arrivons sur la côte est aux alentours du 10 août (on fait apparemment le circuit dans le sens inverse !)
Pour la bière beeeeh dommage, on aurait pu partager une p’tite grenadine au pire !
Tu arrives ou exactement? et quand, car tu vas peut-etre bouger avant, genre dans le Maine!!
Ps: je ne bois pas de bière!!! lol
Oh bah si tu fais un arret dans le Maine on aura peut-etre une chance de se voir!!
On arrive précisément le 10 août à Burlington (Vermont) et on sera à l’Acadia NP aux alentours du 13 août, et ce pour quelques jours !
On a bien sûr pas encore nos billets donc rien n’est confirmé à 100% mais c’est en tout cas notre objectif !
J’adore Into the wild ! C’est pour moi avant tout une BO magnifique. Après, Sean Penn a toujours dit qu’il s’agissait de son interprétation, et une histoire romantique ça marche toujours mieux au cinéma. Moi je le vois comme l’histoire d’un crétin qui est parti en Alaska sans ses bottes et j’ai toujours adoré les crétins. Il y en a d’ailleurs qui meurent chaque année en essayant de rejoindre le bus, cette histoire est donc utile pour la sélection naturelle.
Pour ce qui est de l’organisation d’un road trip, j’en ai toujours été incapable, ça se passe au jour le jour, sans but précis, ça nous rend encore plus libre.
Je pense que je reviendrais quand même…
J’aim bien cette petite analyse.
C’est sans doute un truc de géographe cette préparation.
Ceci dit, les deux techniques fonctionnent pour moi (préparation ou à l’arrache). J’ai débarqué au Chili sans plan, sans guide, sans rien : un de mes meilleurs souvenirs ! Même si, sans carte, c’est triste pour un géographe !
Ah ! Tu fais aussi partie de cette fantastique variété des géographes ?! (Bienvenue !)