Europe

Sur la route entre Séville et Grenade

Deux solutions s’offrent au voyageur découvrant l’Andalousie : foncer sur l’autoroute, ou flipper sur les routes de montagne.

Après la vibrante mais écrasante Séville, il était temps de se mettre en route. Prendre les chemins de traverse pour découvrir l’Andalousie, c’est s’exposer au risque de finir dans le fossé parce que le bus d’en face ne ralentit jamais, sur les routes de montagne. C’est prendre le risque de se balader au milieu d’un troupeau de chèvres curieuses, c’est traverser des villages endormis par le soleil, c’est se retrouver sur une route de terre sans vraiment comprendre pourquoi ni comment. C’est aussi profiter du vent frais qui souffle en altitude et découvrir des paysages méditerranéens sauvages.

De la déception de Ronda

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Ronda. La ville que beaucoup trouvent époustouflantes, et que j’attendais avec grande impatience. Et encore une fois, je vais faire la grognon : le pont est sublime, certes, les arènes aussi (bien que l’on ne puisse pas dire que cela me fascine), mais sinon ? Le village et ses rues sont très touristiques mais aussi très banales. Il n’y a pas tant de merveilles, à Ronda… Ou alors je ne les ai pas trouvées. Le pont entre-aperçu au milieu de la centaine de touristes chinois, ma tortilla avalée et je me suis enfuie.

De Séville à Grenade par les villages blancs

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Les itinéraires sont extrêmement nombreux et j’ai eu du mal à faire mon choix. Quel village blanc voir absolument ? Quel est l’immanquable ? Finalement, j’ai décidé que le sort choisirait pour moi, en réservant une chambre d’hôte qui me paraissait sympa plutôt que de choisir un village en particulier. Si c’était à refaire, je ferais peut-être l’inverse ! Je n’ai pas été transcendée par les villages visités, peut-être aussi parce que j’avais déjà vu de beaux villages du genre dans la région valencienne et en Catalogne.
Finalement, j’ai largement préféré les paysages montagneux de la Sierra de Grazalema et ceux, plus pastoraux, des environs de La Joya. Si vous souhaitez rencontrer des vrais locaux, c’est sans doute ici. Je pense que je me souviendrai toujours d’une sourde conversation avec une mamie espagnole au fort accent andalou, trouvant ma peau (pâle) et mes cheveux (blonds) décidément bien atypiques. Si j’ai bien compris, elle voulait me marier !

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Du coup de foudre pour Antequera

La Joya est un minuscule village rural et pas du tout touristique, à une vingtaine de kilomètres d’Antequera. Le dimanche soir, nous nous retrouvons seuls dans l’immense maison d’hôte. L’unique bar du village est fermé. Les enfants jouent dans la rue avec leurs chats et ne sont dérangés que par le passage occasionnel d’un tracteur… La seule solution pour manger un bout ? Prendre la route pour Antequera, gros bourg andalou. Je n’ai jamais eu le plaisir de voir un si beau coucher de soleil de ma vie, même dans l’ouest américain. La route sinueuse, entre champs dorés et montagnes escarpées valaient bien les plus belles routes d’Utah.

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Entre chien et loup, nous apercevons Antequera. Et là, coup de cœur inattendu pour ses ruelles pavées et sinueuses. Les lumières de la ville s’éclairaient au compte-goutte, dévoilant les nombreuses églises. Comme dans toutes les petites villes espagnoles, les personnes âgées papotent avec leur voisin et les passants, confortablement assises sur leurs fauteuils de toile. Antequera est envoûtante, surtout un dimanche soir. En l’espace de quelques mètres, trois églises se succèdent déjà, avec pour toile de fond l’Alcazaba (le fort) surplombant la ville. Sur le chemin du retour, un air de flamenco flotte dans l’air frais du soir : un musicien donne un cours de guitare à un ado, sur la place de l’église. En voici une scène purement andalouse… Et ce n’est pas tout, Antequera offre bien d’autres surprises, comme son site préhistorique offrant l’accès à des dolmens remarquables (et pour ne rien gâcher, l’entrée est gratuite). Voilà, j’ai fini par le trouver, « mon » village blanc !
Comme d’habitude avec mes coups de foudre, j’ai du mal à m’agripper à mon appareil photo. Pardonnez-moi du manque d’illustrations dignes de ce nom !

Le Torcal de Antequera

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À seulement quelques kilomètres de route en lacets de La Joya, un autre site somptueux est à découvrir : Le Torcal. Ce parc national habité par les bouquetins n’est pas immense, mais il est assez grand pour vous permettre de vous perdre dans ses reliefs karstiques. Une belle bouffée d’air frais et de nature avant de continuer ma route vers Grenade, un autre joyau…

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3 Commentaires

  • Envoyer Zhu 11 novembre 2015 at 04:10

    C’est quand même vachement pratique que tu explores des coins du monde que je ne connais absolument pas :-D Merci!

    Rien que le mot, Andalousie (et plus encore Andalucía) fait rêver. Tu me permets de mettre des images sur la région!

    • Envoyer isa 11 novembre 2015 at 13:10

      Right back at you!
      C’est vrai que c’est un mot qui évoque tous les exotismes… :) Et attends donc l’article sur Grenade à venir !

  • Envoyer Mathilde 13 novembre 2015 at 14:08

    J’ai un souvenir merveilleux de l’Andalousie (je ne parle que des usa sur mon blog, mais j’ai quand même vu autre chose ;) je me souviens d’une route sinueuse de montagnes qui débouchait sur des étendues de serres de cultures intensives : de loin, on aurait dit de la neige !

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