Ouest américain, Parcs nationaux, Tour USA-Canada 2014, Utah

Camper seule à Zion National Park, Utah

Après la pire nuit de ma vie (à lire, si vous voulez rire un peu), j’arrive enfin en terre promise. Je me suis presque sentie comme une pionnière mormone qui, après des mois de voyage trouvait enfin son havre de paix : Zion.

Je ne peux pas me tenir trop longtemps éloignée de Zion. C’est l’endroit où je me ressource, où j’en prends plein les yeux. Le seul endroit où je me sens vraiment en paix. Après mes quelques jours à Portland, je ne savais pas vraiment où aller, c’est donc naturellement à Zion que j’ai atterris, cette fois avec un nouveau défi, celui de camper seule !

Camper seule, sans voiture, c’est possible ?

Bien-sûr, j’ai une amie sur place, qui a pu me prêter un pick-up, ce qui facilitait certains déplacements du quotidien. Cependant, Zion est une destination facilement accessible pour les backpackers, sans avoir loué de voiture. Il existe un bus depuis Las Vegas ou St. Georges, et le bus au cœur de la ville de Springdale, jusqu’aux portes du parc, est gratuit. Il est également très facile d’y circuler à pied ainsi que de se rendre au supermarché. La voiture est dispensable, donc, mais il ne faut pas oublier que le bus pour arriver à Springdale n’est pas donné !

J’ai décidé de ne pas planter ma tente aux campings du parc national pour deux raisons :

  • Il n’y a pas d’accès Internet, et si cela ne me dérange pas du tout d’habitude (au contraire, même), étant seule cette fois-ci, je voulais pouvoir rester en contact facilement avec mes proches (mon téléphone ne captant pas le réseau). Si l’absence d’internet au camping ne vous dérange pas, il y a une connexion gratuite à la bibliothèque publique et dans de nombreux restaurants et bars du centre.
  • Il y a les chenilles. Oui, je sais que je vous ai déjà parlé de cette phobie. Au printemps, c’est la saison des chenilles, à Zion, et à peu près de partout en Utah : les chenilles se reproduisent dans les cottonwoods, des arbres très présents le long des rivières. En fonction des années, l’invasion est plus ou moins importante, et 2012 a été un pic. Même si l’année 2014 était une année tranquille de ce point de vue là, je ne pouvais pas prendre le risque. Les chenilles me terrifient !

J’ai donc choisi le Zion Camp, tout proche des portes du parc national. Le camping est vraiment bien aménagé, et les sanitaires (pourvus de douches) sont vraiment propres. On capte plus ou moins le réseau wifi : plus l’emplacement est proche du sanitaire, plus le signal est fort !

  • Je vous conseille fortement de réserver le loop A, plus tranquille (alors que le loop B est plutôt réservé aux scolaires et aux grands groupes, et honnêtement, le bruit et l’agitation y est telle que l’on se croirait en ville).
  • Au moment de la réservation, demandez un emplacement « river side », parce que se réveiller au son de la rivière, en voyant les colibris chasser au ras de l’eau, ça n’a pas de prix. Ces emplacements ne sont pas plus chers et sont pris d’assaut !
  • Les prix sont complètement délirants (35$ l’emplacement), mais avec un accès aux douches, à la piscine, et à un lavomatic.

Clairement, j’ai choisi ce camping uniquement pour l’accès internet. Je ne le recommande pas si vous pouvez vous en passer : le prix est bien trop élevé.

Une belle expérience

J’ai eu la chance de voir Zion autrement que sous le soleil écrasant. Une nuit de tempête et de coupure d’électricité m’a permis de me rendre compte à quel point la vallée pouvait être isolée, même si elle est pourtant en plein cœur des circuits touristiques. Une nuit de vents violents, seule, sous la tente, ça ne fait pas rêver, et pourtant c’est un de mes meilleurs souvenirs. J’ai écouté la tempête toute la nuit (de toute façon, je n’avais pas le choix, il fallait que je reste vigilante pour empêcher la tente de se détacher). J’ai pu m’endormir aux alentours de 5 heures du matin, quand le vent s’apaisait enfin. Quel bonheur que d’entendre les oiseaux oser gazouiller à nouveau et de voir les premiers rayons du jour…

zion-tempete

Les lendemains de tempête sont l’idéal pour profiter des cascades du parc, qui ne coulent que rarement. Des dizaines de cascades éphémères coulent le long des falaises de Zion : ce n’est pas un phénomène si courant. Je me suis sentie privilégiée.

zion-parus-trail

Camper seule, c’est l’occasion de se mettre en pause. De ne plus parler, d’oublier le son de sa voix. C’est aussi se balader seule très tôt le matin et de voir le lever de soleil sur les falaises rougeoyantes de Zion. Mais c’est aussi se faire inviter facilement par d’autres campeurs, d’échanger, et de partager de beaux moments !
Cela a été un des moments de grâce de mon voyage en solo, sans hésiter.

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8 Commentaires

  • Envoyer Joana 26 janvier 2015 at 13:12

    Olala tu me donnes envie d’y retourner :) Contrairement à toi je n’ai pas eu de coup de coeur pour ce parc (même si j’ai beaucoup aimé, ne t’offusque pas !)… Peut-être suis-je passée à côté de quelque chose, il faudrait vraiment que j’y retourne pour en avoir le coeur net !
    On avait logé une nuit (ou 2 ? je sais plus) au camping du parc situé juste après l’entrée côté Springdale et le camping n’est pas top : Meilleurs sanitaires (avec du savon !!) de notre trip mais pas d’intimité et pas d’ombre… Par contre je crois qu’on avait payé 10$ donc pour se prix là on ne chipote pas ;) Et une nuit dans un motel parce que comme toi ce jour là on avait eu besoin d’internet hihi (qui d’ailleurs marchait super mal et on avait du aller dans un cyber café…).

    • Envoyer isa 26 janvier 2015 at 15:45

      Ahah, non je ne m’offusque pas, ne t’inquiète pas ! Je ne sais pas pour Zion, j’ai eu un coup de coeur au premier regard, mais peut-être que l’intensité du monde peut rebuter, surtout au printemps. Je pense que si je l’avais découvert à cette époque de l’année, j’aurais eu un à priori bien moins positif…
      Les campings du parc ne sont effectivement pas top du tout, surtout celui juste à l’entrée (Watchman je crois), tu as raison. Comme tu dis, pour le prix on ne chipote pas, mais c’est en dessous des standards habituels des campings de parcs nationaux, je trouve !

  • Envoyer Les Bazos 26 janvier 2015 at 14:01

    Quelle expérience ! Ça donne envie !

    • Envoyer isa 26 janvier 2015 at 15:43

      Expérience que j’encourage ! :D

  • Envoyer Monica894 29 janvier 2015 at 13:21

    J’ai essayé de camper deux nuits sur ce parc de l’Utah, c’était plutôt thérapeutique, calme et la balade du matin, ce celle que j’apprécie le plus. Il se peut bien évidement qu’on croise d’autres campeurs mais c’est une occasion de faire des rencontres et de bavarder un peu. J’ai eu l’occasion de voir les cascades, très beau ! Mais j’ai préféré utiliser la piscine pour nager

    • Envoyer isa 14 juillet 2015 at 15:20

      J’aime beaucoup le mot… Thérapeutique, on ne peut pas trouver meilleure façon de décrire l’expérience !

  • Envoyer Laurent 30 janvier 2015 at 14:56

    Ah le camping ^^ C top franchement ça donne vraiment envie de suivre tes traces !

  • Envoyer MamzelDree 31 janvier 2015 at 23:26

    Ca a l’air super joli ! :)

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