Europe

De la chaleur de Cordoue

Chaleur : c’est ce qui me vient en tête immédiatement lorsque je pense à mon séjour à Cordoue.

Chaleur extrême, insupportable, invivable. 42°C à l’ombre. Je ne peux associer cette ville qu’à sa température intenable, pourtant seulement au mois de juin. Les sols pavés suintants de la ville deviennent glissants par un phénomène que je n’explique pas. Les recouvrir de sciure n’y changera pas grand chose. De 9 h du matin à 21 h, la ville est impraticable. Même passé minuit, Cordoue reste une fournaise : la chaleur emmagasinée par le son et les murs en émane encore. En évitant tout juste les chutes d’énormes oranges amères des arbres, et manquant de me faire assommer, je me dirige vers les quais du Guadalquivir. C’est sous un soleil de plomb que je traverse le pont médiéval monumental de la ville.

Andalousie141

Je vous aurais bien fait une prise de vue glamour sans touristes, mais 1. C’est impossible, 2. Pourquoi ne pas montrer la réalité des lieux, pour une fois ?

Je prends le temps de savourer la vue, d’observer les oiseaux qui se rafraîchissent dans le Guadalquivir, et en avançant pas à pas, j’apprécie les proportions parfaites de ce pont. C’est tout bonnement grandiose, de jour comme de nuit.

Andalousie140

Le fleuve apporte une fraîcheur appréciable, je dirais même indispensable à ma survie. Les eaux du Guadalquivir oscillent entre le gris et le vert, en fonction du moment de la journée où l’on plonge notre regard dedans. Alors que la cité de Cordoue est pavée, indolente et brûlante, le Guadalquivir est un lieu de vie. On peut observer un moulin en ruine, des murs tagués (mais comment sont-ils arrivés jusqu’à cette île au milieu du fleuve ?), ou encore des échassiers. C’est aussi le seul endroit de la ville où l’on n’étouffe pas. Le pavé du pont est, quant à lui, bien sûr brûlant. Au point de faire fondre légèrement la semelle de ma basket Converse (sans exagérer !).

Andalousie181

Andalousie142

La ville s’agite, malgré tout, pour préparer une procession qui est prévue le soir même. La fanfare, les costumes et les innombrables pépés espagnols massés le long de la rue principale me rappellent mon enfance en Espagne. Finalement, où que je me trouve dans ce pays, je retrouve les parfums et les bruits si familiers de mon passé.

Andalousie182
Andalousie184

La vieille ville de Cordoue est extrêmement touristique, et bien qu’elle soit charmante, à part la Mezquita, elle ne présente pas un intérêt fou. La ville récente non plus, d’ailleurs, avec son enchaînement d’avenues et de ronds points extrêmement fréquentés. Cordoue, finalement, je n’en pense pas grand chose. Je n’ai pas été émerveillée par la vieille ville, ni finalement subjuguée par la cathédrale-mosquée de la Mezquita, pourtant unique en son genre. Ce que je retiens, c’est ce pont. Et rien que pour lui et pour le fleuve qu’il enjambe, il faut faire le détour jusqu’à Cordoue.

Quelques conseils :

  • Si vous ne devez faire qu’un hammam, en Andalousie, privilégiez le hammam Al Andalus de Séville, dont je parle ici. A Cordoue, il existe deux hammams, celui de la même chaîne Al Andalus (malheureusement en réfection quand j’y étais), et celui de l’hôtel Hospederia, accessible au public. Oui, il avait beau faire plus de 42°C dehors, je voulais faire un hammam (logique). Et bien je vous déconseille très fortement ce dernier bain andalou : surpeuplé, sale (très sale !!!), avec une infrastructure ridicule pour se changer (un ou deux vestiaires pour tout le hammam), bref, une très mauvaise expérience.
andalousiepaella

Illustration d’un week-end espagnol réussi.

  • En Espagne, il y a tellement de petits bars sympas dans tous les coins qu’il est difficile de donner une liste d’indispensable. La paëlla du dimanche sera bonne de partout, de toute façon, à partir du moment où vous vous éloignerez des coins touristiques. Si vous captez un petit pois dans une paëlla, fuyez (y’a des choses qui se font pas, merde, un minimum de décence !). J’ai cependant énormément apprécié la Zumeria El Arbolito, une adresse assez géniale pour déguster des jus de fruits frais (on le compose soi même en fonction de nos envies) tout en dévorant des tartines matinales à la tomate (et à l’avocat). Je ne peux jamais résister à l’appel de la pastèque, sous toutes ses formes.
Article précédent Article suivant

Vous aimerez peut-être lire...

7 Commentaires

  • Envoyer Mitchka 7 avril 2016 at 13:21

    oh je te trouve dure avec Cordoue. C’est sûr la nouvelle ville est inintéressante (un peu comme toutes les nouvelles villes espagnoles / les urbanistes n’ont pas dû faire fortune là bas) mais nous, on garde un bon souvenir de la veille ville… après c’était l’hiver , il n’y avait pas grand monde et un soleil magnifique, donc peut-être que ça y joue… mais la mosquée-cathédrale quand même : non, je suis obligée de m’insurger ( :) ), c’est un lieu extraordinaire, à elle seule, elle raconte toute l’histoire de l’Andalousie… tu brises notre lien #AmeSoeur je suis chagrine ;)

    • Envoyer isa 7 avril 2016 at 13:23

      Oh non, dure, pas du tout ! C’est vraiment mon ressenti à moi. J’ai passé un très chouette séjour à Cordoue, et je m’y suis sentie bien. Par contre, oui, c’est vrai que je n’ai pas trouvé la ville médiévale plus jolie ni spectaculaire que d’autres équivalents andalous (sauf ce pont… aaaah, ce pont !). Ce qui a fait, pour moi, la magie de Cordoue, c’est vraiment le Guadalquivir.
      J’ai apprécié la visite de la Mezquita. Sans plus :-)
      C’est Grenade qui raconte toute l’histoire de l’Andalousie, m’enfin !!!

  • Envoyer Bertille_in_florida 8 avril 2016 at 00:01

    Ah oui dis donc ! La chaleur a peut-être influencée ton ressenti ! (D’ailleurs ne viens pas en Floride, tu détesterais l’humidité qu’on se paye, moi j’ai du mal !) . J’avais vraiment aimé Cordoue pour ma part (Séville encore plus !). L’Andalousie reste à part en Espagne, je trouve.

    • Envoyer isa 18 avril 2016 at 09:38

      En effet, je déteeeeste l’humidité ! Je ne connais pas la Floride mais la Louisiane et la Georgie m’ont donné une bonne idée de ce que c’était :-D
      L’Andalousie c’est effectivement vraiment spécial. J’ai adoré

  • Envoyer Zhu 8 avril 2016 at 00:30

    Ton récit me rappelle du coup Cordoba (en Argentine), un peu dans les photos aussi. On a littéralement cuit à Cordoba, même dans les églises il faisait chaud :-D

    • Envoyer isa 18 avril 2016 at 09:37

      Héhé, ici pareil dans la Mezquita, je suais à grosses gouttes…

  • Envoyer nassyha 6 août 2016 at 14:25

    Pour moi, Cordoue est sans conteste l’une des plus belles villes de cette région d’Espagne et j’ai beaucoup aimé me perdre dans les ruelles étroites de la vieille ville.

  • Envoyer un (gentil) commentaire