Etats d'âme, Montréal

De retour à Montréal et états d’âme

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A chaque retour à Montréal, c’est la même chose. Je me fais rattraper par une espèce de nostalgie assez désagréable. A chaque retour à Montréal, je me demande si les choix que nous avons fait (c’est à dire, retourner en France) étaient les bons. Je me demande si Montréal n’est en fait pas la ville idéale pour nous, pour quelques années au moins. Les 3 premiers jours à Montréal ont été assez amers. On retrouvait notre petit quartier, nos commerces, nos copains, nos balades habituelles, notre ancienne rue, la musique latino démodée, notre vidéo-club…

On a passé tellement de bons moments simples, tous les deux. Avec du recul, c’était sans doute une des périodes les plus faciles et agréables pour nous, surtout avant de déménager sur le Plateau. J’ai énormément grandi, et ça m’a fait un bien fou de m’éloigner de ma région, chose que Ben avait déjà faite en quittant Paris pour Lyon depuis des années, mais que je n’avais pas encore expérimenté.

Après quelques jours, cependant, j’ai réussi à m’extirper de cette nostalgie pour réellement profiter des deux semaines que l’on était en train de s’offrir, à la fin de notre long voyage. Déjà deux ans que nous avons quitté Montréal ! Pourtant, il nous a suffit de seulement trois jours pour retrouver toutes nos petites habitudes. Comme si nous n’étions pas partis. C’est presque effrayant de voir à quel point j’ai Montréal dans la peau !
Nous avons passé quelques jours fantastiques, à découvrir les petits restos du quartier, à comparer les immeubles et les nouveaux aménagements urbains, à descendre et remonter ma rue favorite, le Boulevard St. Laurent…

14 jours après, nous quittions Montréal. Et j’ai su plus que jamais que ma vie n’est pas ici. Ça me fait toujours mal au coeur de me dire que je ne revivrai plus jamais à Montréal, mais ce n’est pas là où je suis sensée être. Je suis sensée être à Lyon et c’est la meilleure décision que nous ayons prise. Non, je ne loupe pas ma vie à Lyon. Oui, je passe à côté de quelque chose, on ne peut pas être de partout en même temps. Mais en vivant à Montréal, je serai passée à côté d’encore plus. Vous savez tous que je ne compte pourtant pas vivre à Lyon en permanence, loin de là, mais c’est cette ville-là qui est mon phare, pas Montréal.

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7 Commentaires

  • Envoyer Zhu 16 janvier 2013 at 16:21

    Ça doit faire bizarre, effectivement, de revoir la ville en touriste. Mais je suis contente que vous ayez dépassé la nostalgie pour avancer et finalement vous êtes bien où vous êtes, même si les pieds vous démangent ;-) C’est ce recul qui leu manque à bien des immigrants du type immigrer.com. Le paradis n’existe pas, il y a juste des endroits où on est bien, où on peut construire sa vie et on peut toujours bouger!

    • Envoyer Isa 16 janvier 2013 at 16:44

      C’est le genre de conclusion qui est toujours difficile à admettre, mais subitement, quand je l’ai fait, un certain poids s’est ôté de mes épaules. Je pense sincèrement que l’on peut être vraiment bien dans plein d’endroits différents du monde… :smile:
      Et je crois que notre rythme : partir/revenir, tous les 2-3 ans, même pour des « courts » voyages d’un mois est le bon pour nous. J’avoue que j’ai toujours du mal à me contenter de voyages touristiques, parce que j’aime vraiment VIVRE dans les endroits en question, au moins pour quelques mois, mais je ne me vois pas non plus déménager pour de bon, ou pour plus d’un an ou deux…

  • Envoyer Louis 29 janvier 2013 at 14:19

    T’es venue faire un tour sur mon blog, je cède aussi le pas à la curiosité. Je comprends parfaitement cette espèce de choix qui t’a habitée à un moment donné. Je suis à peu près comme toi, je suis né à Lyon et j’ai eu parfois l’impression que cette ville m’appelait de toutes ses tripes (j’y ai surtout des attaches sentimentales, n’ayant pas de famille très proche là-bas).

    Quand je lisais du Vargas, j’avais l’impression de m’identifier aux lieux traversés. J’éprouve encore cette impression lors de mes déplacements. Je n’en suis pas encore à faire un choix comme toi, pour l’instant je reste un étranger, où que je sois. Montréal me fait du bien, car c’est là où je me sens le moins à part. Peut-être est-ce justement parce qu’elle donne une trop grande latitude aux gens qu’elle me plaît.

    J’espère que ton fanal te permettra de t’épanouir, c’est un plaisir de te lire.

    Louis/ Myrti.

    • Envoyer isa 29 janvier 2013 at 14:21

      Merci pour ton joli message, Louis. Je vais continuer à suivre tes aventures pour continuer à vivre à Montréal par procuration… ;-)

  • Envoyer Sabrina/Sabrina07 22 février 2013 at 05:55

    merci pour ton blog
    ton article calme mon mal de ce soir, ce mal du pays qui me revient souvent.

    Les évènements récents font que le PVT restera une parenthèse, une année à part dans mon espace temps (j’avais pris un billet que j’ai annulé : la meilleure décision de ma vie :smile: ).

    Je pense que du moment qu’on a vécu à l’étranger on sera toujours divisé entre deux endroits.

    Ton article m’a fait comprendre ça : on peut pas être partout. A voir ce qui rend chacun heureux

    Bonne continuation

    • Envoyer isa 22 février 2013 at 12:17

      Ton message me touche beaucoup, merci… Et j’espère qu’où que tu décides d’aller, ce sera une expérience enrichissante ! :)

      • Envoyer Sabrina/Sabrina07 22 février 2013 at 22:35

        Vu les larmes qui montent dès que je parle de l’Ardèche, je pense que la destination est évidente : pas trop loin de chez moi :)

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