Europe

Se laisser apaiser par Grenade

J’ai adoré la bouillonnante Séville, j’ai aimé la parcourir, la sentir, la découvrir.
Mais… je n’y me suis jamais senti véritablement en vacances, je n’avais pas l’esprit tranquille. En voyage, il m’est parfois difficile de me déconnecter, non pas d’internet (ça, j’y arrive automatiquement), mais plutôt de tout ce qui tourne dans ma tête. Il a fallu attendre Grenade pour que j’y parvienne enfin. Si à Séville la vie ne s’arrête jamais, à Grenade on prend beaucoup plus le temps de vivre.
La ville est extrêmement touristique, évidemment, en grande partie grâce à l’Alhambra ! Pour autant, les ruelles sont aussi nombreuses que les petites places, que ce soit dans l’Albaicín ou dans la vieille ville. On peut s’y perdre, sans aucun touriste collé à nos talons. Remonter, descendre, croire que c’est le bon chemin en se trompant complètement… Errer dans les ruelles… Mais on s’en fout, c’est les vacances. Il faut prendre le temps de se perdre !

Promenons-nous dans l’Albaicín, pendant que le loup n’y est pas

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L’Albaicín, quartier iconique de la ville. J’avais peur que cette ancienne medina ne soit exploitée que folkloriquement et que son trait historique et culturel soit forcé. Et bien à part le bas des pentes, où les marchands de faux souvenirs marocains s’entassent, ce n’était pas du tout le cas. L’Albaicín est authentique et vivante, aussi bien peuplé par des petits vieux (qui me font terriblement penser à mon pépé espagnol !), que par des punks à chiens ou par des artistes de rues.

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Oui, ça sent la pisse, à certains endroits. Oui, il y a parfois des tessons de bouteilles par terre… Oui, il y a des gens qui traînent. Mais… il y a aussi des petites villas sublimes, des rues tortueuses qui nous perdent, et des terrasses avec en toile de fond, la reine de Grenade, l’Alhambra ! Impossible de ne pas tomber sous le charme de ce quartier tout de blanc vêtu. J’aurais pu encore passer des heures et des heures à l’explorer, à tout moment de la journée.
Le plateau est, quant à lui, plus familial qu’anar’. Il y a des marchés où l’on observe les é-nor-mes pastèques andalouses, des petits cafés où déguster son chocolate con churros au comptoir au petit matin et une vie de quartier qui semble plus animée.

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L’Alhambra, merveille des merveilles

Je suis tombée amoureuse de l’Alhambra. Et pourtant, je déteste la foule, je déteste les hauts-lieux touristiques qui m’oppressent. Même si j’ai parfois eu du mal à faire abstraction des groupes de touristes chinois compacts, extrêmement bruyants et cachant les sculptures à cause de leur selfie-stick (ils en avaient tous au moins un), cet aléa ne m’a pas gâché la visite de ce monument somptueux, qui est sans commune mesure avec l’Alcazar de Séville (dont j’attendais peut-être trop).

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Entrer juste après le premier groupe : mauvaise idée.

Je n’ai pas de mots pour décrire la beauté des lieux. Se lever à l’aube pour gravir la colline menant à l’Alhambra fait partie du rituel. Il faut profiter de la fraîcheur relative du petit matin pour s’enfoncer dans les jardins qui s’étendent à flanc de colline. Subitement, les murs fortifiés apparaissement, on approche… L’Alhambra est en fait constitué de nombreux palais, assez peu impressionnants car finalement peu valorisés, mais ce sont de toute façon dans les palais nasrides que la foule se presse.

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Merveille et splendeur que sont ces palais ! Les murs sont ciselés comme de la dentelle lorsqu’ils ne sont pas de surcroît peints dans des couleurs châtoyantes. Salle après salle, j’ai été subjuguée par la grandeur de ces lieux. J’ai réussi à faire abstraction du bruit et de la foule, j’étais presque dans un état méditatif.
La visite se termine par la découverte des jardins, non moins sublimes, et qui eux, si tôt le matin, étaient encore déserts. Les pétales des fleurs n’étaient pas encore brûlés par l’été précoce et dispersaient encore leurs senteurs.

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Au pied des collines, flâner dans Grenade

Grenade ne se limite pas à ses deux collines : il y a fort à découvrir ! De nombreuses places aussi agréables les unes que les autres succèdent aux petites ruelles pavées et piétonnes. Il y  a des danseurs de flamenco, des liseuses de bonne aventure (dont l’une d’entre elle m’a sauté dessus pour me dire que j’aurai plein d’enfants et qui m’a lancé un sort lorsque j’ai refusé de la payer), des joueurs de guitare, des mariages, des baptêmes. Il y a une ville bien vivante, qui ne tourne pas uniquement autour de ses touristes.

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Grenade est un coup de cœur absolu, peut-être aussi parce que j’ai enfin réussi à lâcher prise. Je ne sais pas si c’est une coïncidence, ou si c’est juste parce que Grenade a un charme fou.

J’ai aimé :

  • Le hamman Al Andalus de Grenade, ouvert jusqu’à 2 h du matin. Malgré la chaleur écrasante, je ne regrette pas de m’être laissée tenter par un hammam, en plein milieu de la nuit. Les lieux sont sublimes, dans un décor arabisant. Les 4 bassins sont spacieux et beaux… Je vous conseille de vous laisser tenter par un massage (il y a souvent des promos, sur le site), qui était un moment tellement doux… Et en prime ? Il y a du thé vert à la menthe à volonté ! L’heure et demi de bains passe à une vitesse folle, et je serais bien restée encore et encore, à alterner entre le hammam (dont la chaleur était parfaite) et le bain froid. Un de mes meilleurs souvenirs andalou. Et puis honnêtement, 40 euros (sans réduction), c’est raisonnable, non ?
  • L’accueil chaleureux du propriétaire du café 4 gatos, au cœur de l’Albaicín. J’ai adoré son tinto de verano et ses tostadas de tomate au petit-déjeuner (seulement pour les tartines, ça me semble un peu osé de commencer par un tinto de verano) !
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3 Commentaires

  • Envoyer Mitchka 27 janvier 2016 at 16:43

    Je suis tellement d’accord avec toi, Grenade est une ville tellement étonnante et dépaysante ! Même si je reconnais à Séville un charme certain, j’ai été un peu déçue… ce n’était pas la ville andalouse comme je me l’imaginais (après j’en avais peut-être une image un peu trop folklorique!) alors qu’à Grenade, j’ai eu l’impression de rentrer EN Andalousie. Mais c’est une question de feeling, mon mari a préféré Séville…

    • Envoyer isa 28 janvier 2016 at 11:09

      C’est exactement ça !
      Les premiers jours, j’ai aussi été un peu déçue par Séville, avant de finalement réussir à m’imprégner de l’ambiance des lieux.
      Séville, c’est un peu l’Andalousie actuelle, avec son folklore et ses traditions, mais c’est une ville super actuelle, super bouillonnante. Grenade, c’est juste de l’apaisement, du bien-être, de la tranquillité…

  • Envoyer Lucile 20 février 2016 at 14:49

    Je n’avais pas encore lu ton article sur Grenade, ça me rappelle des beaux souvenirs, ma visite là bas en grande partie sur un nuage mais je te rejoins sur le lâcher prise, la tranquillité et la beauté des lieux
    et puis l’Alhambra, quelle merveille <3

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