France

Une semaine au Bassin d’Arcachon… en toute simplicité

Choisir le Bassin d’Arcachon comme destination estivale est loin d’être « hors des sentiers battus » ni « extraordinaire ». Finalement, c’est n’est rien que le Bassin d’Arcachon, un lieu de villégiature où des millions de Français et d’étrangers se rendent chaque année, pour profiter notamment de la Dune du Pilat, qui, pour le coup, est un site exceptionnel.  C’est la raison première pour laquelle je voulais retourner dans le bassin, que je visitais d’ailleurs pour la première fois de ma vie d’adulte. Je redoutais deux choses : la fréquentation trop importante en cette première semaine de juillet (sans être une snob, je me sens mal à l’aise en présence de foules, et je choisis souvent des destinations plus calmes !), et la population huppée du Cap Ferret.

Porsche, Maserati ou Ferrari : faites votre choix au Cap Ferret

Le Cap Ferret est lui aussi le lieu phare du bassin, lieu que je ne connaissais que par l’affreux et intolérable film « Les Petits Mouchoirs ». Forcément, vue l’impression laissée par ce film, j’avais beaucoup de préjugés, et pas mal d’appréhensions. J’ai quand-même trouvé de belles choses, au Cap Ferret : la côte atlantique est sublime et plutôt sauvage (même si j’ai l’impression que la forêt est plus étendue et « nature » à mesure que l’on monte au nord du Cap). Les petits villages d’ostréiculteurs, comme L’Herbe, sont mignons, colorés, bien préservés, mais difficile d’y trouver encore de l’authenticité. J’ai surtout eu l’impression de me balader dans un lieu occupé par des estivants privilégiés. Et puis il y a bien sûr la boulangerie branchéebiobobo ouverte par (j’en mettrais ma main à couper) un jeune cadre sup’ en reconversion pro qui vend un pain prohibitif (goûteux, mais prohibitif). Il a sans doute trouvé sa clientèle au Cap Ferret, c’est certain.

Le village du Cap Ferret, le plus septentrional de la Presqu’île, n’est que succession de belles villas. Il y a fait bon vivre, clairement, le cadre est agréable. La pointe du Cap offre de superbes vues sur les petites fourmis gravissant la Dune du Pilat et sur le banc d’Arguin. Le phare du Cap est mignon, mais l’attraction principale est à mon avis le blockhaus allemand qui se trouve à son pied (entrée libre et gratuite). Je regrette d’ailleurs de ne pas avoir eu plus de temps pour visiter les nombreux blockhaus du bassin d’Arcachon.

Mes préjugés ont été confirmés par l’abondance de voitures de luxe, que je n’avais vu en une telle concentration qu’à St Tropez, dans ma jeunesse. En témoigne l’enseigne d’un magasin, que l’on pouvait uniquement retrouver en 4 lieux : Paris, Megève, St Tropez, Cap Ferret. 4 lieux connus pour leur simplicité. Et je dis ça sans aucune moquerie : j’ai aimé me promener à St Trop’ comme j’aime me promener aujourd’hui à Megève… mais je n’appartiens pas à ce monde-là. Je ne me suis pas particulièrement sentie à l’aise et dans mon élément sur le Cap Ferret, en particulier vers sa pointe. Heureusement, certains lieux plus populaires étaient plus à mon goût : Le Claouey, notamment !

La magie des Prés Salés

Mais on peut tout à fait visiter le bassin d’Arcachon en aimant voyager simplement. J’ai découvert dans le bassin d’Arcachon de très chouettes villages d’ostréiculteurs, pas folkloriques et toujours en exploitation. Oui, ça implique qu’il y ait des bouts de ferraille qui traînent un peu partout, et une odeur de coquilles vides macérant au soleil… Mais c’est pas grave. La balade de la Réserve Naturelle des Prés Salés d’Arès commence justement au Port Ostréicole du village du même nom. Arès, c’est mignon, et c’est pas bourge. Il est possible de se balader pendant plusieurs heures entre bassin d’Arcachon et marais, où de nombreuses espèces d’oiseaux chassent, pêchent ou nichent. La balade en elle-même est extrêmement agréable et offre de belles vues sur l’intégralité du bassin, depuis sa pointe Nord !

Une autre journée, un autre parc naturel, celui des Réservoirs de Piraillan, au Grand Piquey. Tout petit mais plutôt charmant, ce réservoir présente lui aussi l’écosystème particulier (et modelé par l’Homme) que sont ces marais saumâtres. Les oiseaux, poissons et autres moustiques sont encore au rendez-vous, entre l’étang et les forêts de pin qu’il jouxte.

Pour finir, la Réserve Ornithologique du Teich était sans doute le plus beau site d’entre tous. Cette fois-ci, c’est sur de nombreux hectares aménagés que l’écosystème fragile des marécages est préservé. Eau douce, eau salée, tout se mêle à certains moments de la journée. Les oiseaux sont tellement nombreux qu’il a fallu louer des jumelles pour pouvoir les observer ! Le site propose un cheminement agréable, parfois sur des pontons de bois, pour observer les oiseaux en toute quiétude. Les paysages sont sauvages, les randonneurs peu nombreux, et j’ai réellement l’impression d’assister à un moment privilégié lorsque nous découvrons des bébés cigognes perchés sur un arbre, attendant le retour de leurs parents. Un seul bémol : il n’y a que très peu d’ombre. 2 h de balade sous plus de 35 degrés, ça laisse quelques marques…

L’incontournable Dune du Pilat à Arcachon

La ville d’Arcachon m’a fait passer quelques heures très agréables : c’est une petite ville touristique de bord de mer, mais qui est loin d’avoir perdu son charme ! Elle ne m’a cependant pas bluffée, trouvant que le village d’hiver manque un peu d’âme… c’était une magnifique coquille vide. Je pense qu’il faut impérativement participer à une visite guidée architecturale pour l’apprécier à sa juste valeur. Cependant, pas besoin d’être un fin connaisseur pour apprécier la dentelle sculptée sur les frontons des beaux manoirs…

C’est quand-même avec impatience que je quitte Arcachon pour aller quelques kilomètres au Sud… Enfin, la Dune du Pilat.
Magique. Magnifique, incroyable, sublime. Je crois que je pourrais trouver des synonymes pendant des heures ! La Dune du Pilat, je rêvais d’y retourner depuis longtemps, et je voulais aussi y emmener ma « moitié » qui n’avait pas eu la chance, jusque là, d’en escalader les pentes.
Depuis quelques années, on peut tricher ! On peut monter la dune grâce à des escaliers amovibles (et heureusement, sinon ils seraient déjà submergés par le sable en fin de saison, tant la dune avance vite pour dévorer la forêt). C’est sûr que les escaliers enlèvent un peu le charme de l’ascension de la Dune, mais je ne me fais pas prier pour les emprunter. Mes genoux me remercie. Arrivée sur la crête, j’ai le vertige (et pas seulement parce que la vue panoramique est bluffante !). Quelques minutes passent et je prends confiance. J’ouvre les yeux, et je regarde vraiment…
La chance est de notre côté, les touristes ne sont pas encore arrivés. La vue est dégagée, et si on essaye tant bien que mal de s’abriter du vent qui cingle de sable nos jambes, on profite quand-même du panorama. Mon appareil photo souffre et mon objectif crisse à cause du sable. Aïe. Mes jambes souffrent aussi ! Heureusement, une accalmie nous permet de profiter pleinement du trio arcachonnais : forêt / sable / océan. On ne s’en lasse pas.

Puis il faut redescendre… et j’attendais ça avec au moins autant d’impatience. Je commence à me lancer tout au bord de la pente la plus abrupte, sous le regard sceptique de mon conjoint. Je l’incite à se lancer et à dévaler la pente en courant, comme la coutume le veut… Quelques secondes de joie et de rires, tout comme les gosses qui font la même chose à côté de nous. Les petits plaisirs n’ont pas d’âge !

Et puis se détendre…

Se détendre… Déjà parce que même si, début juillet, je visitais le bassin d’Arcachon en dehors du pic touristique, je m’attendais à ce qu’il soit saturé (et j’avais fait la paix avec cette idée !). Mais que nenni. Il n’y avait pour ainsi dire personne. Pas de circulation, pas de bouchons, pas de queue dans les magasins (qui, pour certains, étaient d’ailleurs encore fermés). Certains jours, la magnifique plage du Grand Crohot était même déserte.
Les couchers de soleil, le clapotis des vagues, le vent dans les dunes, l’odeur de curry de l’Immortelle mêlée à l’odeur de la forêt de pins. Je crois que c’est finalement ce que j’aime le plus, dans ces régions atlantiques : cette côte si bien préservée. Voir le contraste entre les immenses forêts, les dunes et la plage infinie à marée basse sans se lasser. Ça sent bon. C’est beau, et puis c’est tout.
Et puis d’ailleurs, c’est toujours la même chose : les vacances, ça sert à se retrouver, non ?

Quelques idées :

  • J’ai passé une semaine au Camping Les Couleurs du Ferret, sur la commune de Lège-Cap-Ferret, au Nord du Bassin. Il n’est pas si facile de trouver un petit camping tranquille et bien aménagé… Mais le voici ! Le gérant et toute l’équipe était tellement adorable qu’on avait l’impression d’être à la maison. Le point fort (pour moi) : pas d’animations bruyantes, et pas non plus de piscine ! Il y a juste un petit snack dans un airstream proposant une restauration simple mais bonne, et des animations qui n’en sont pas vraiment (garde des enfants, footing avec le gérant, pilates dans la forêt). L’Océan est à un petit quart d’heure de voiture, et si la commune de Lège ne présente pas un intérêt fou, elle a l’avantage d’être très calme et proche de tout.
  • Deux bonnes adresses pour déguster fruits de mer, huîtres et poissons : Chez Huguette, à Andernos. Ambiance décontractée, sympa, avec un cadre superbe (vue sur le coucher de soleil du bassin !). Pas donné, mais c’est le prix du poisson. Même chose pour A la bonne franquette, au Claouey. Excellentes huîtres !
  • L’entrée de la Réserve Naturelle des prés salés d’Arès ainsi que celle des Réservoirs de Piraillan est libre est gratuite. Il faudra en revanche s’acquitter d’un droit d’entrée pour la Réserve Ornithologique du Teich (environ 9 euros par adulte). Si vous aimez la nature et l’observation des oiseaux, cela en vaut chaque centime. Faites attention aux horaires des marées : les oiseaux sont plus ou moins présents en fonction.
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12 Commentaires

  • Envoyer Mitchka 8 août 2017 at 19:46

    Je retrouve toutes mes impressions dans ce billet… mais vraiment toutes, au mot près ! Je suis quand même ravie que tu aies réussi à prendre du bon temps au pays de la bourgeoisie

    Nb : tu es prête pour Biarritz !
    Nb : comment je déteste les animations bruyantes dans les campings aussi !!

    • Envoyer Isa 9 août 2017 at 08:14

      Ahaha, c’est vrai, pour Biarritz ? Je ne savais pas que c’était si huppé !
      En tout cas ton commentaire me touche beaucoup. Je suis heureuse de t’avoir transmis ça :)

  • Envoyer Itinera magica 9 août 2017 at 07:59

    Tu m’as fait rire. J’aime bien les lieux de bourge, y a des jolies déco et des options végétariennes fruitées ;) et souvent c’est joli, faut bien que l’argent décore ;) Mais mon coup de cœur ultime c’est la dune du Pyla !!

    • Envoyer Isa 9 août 2017 at 08:13

      Et ton commentaire m’a fait autant rire !
      Je n’aime pas les décos de bourges, mais je te concède les options végés !
      Mais la Dune du Pyla ne s’achète pas, et c’est surtout ça qui compte :-)

  • Envoyer Lucile 9 août 2017 at 10:23

    Tu m’as donné envie d’y retourner !
    J’ai fait Arcachon et la Dune en 2002, un passage éclair par Cap Ferret en 2007, ça a du changer.
    Dévaler la Dune reste un grand souvenir !

    Pour la foule absente je pense que tu as bénéficié du début tardif des vacances scolaires cette année !

    • Envoyer isa 9 août 2017 at 10:57

      Je ne pense pas que ça ait changé beaucoup en 10 ans ! Vous êtes « juste à côté », faut en profiter ! Y’a vraiment plein de trucs à faire avec les chtiots :)

      Tout à fait ! Le prix du mobilhome doublait la semaine suivante, d’ailleurs… On n’aurait pas pu y aller !

  • Envoyer Brice 9 août 2017 at 13:22

    Un article vraiment formidable! J´ai été au Bassin plusieurs fois pendant les dernières années et la dune est toujours incroyable. Si possible, je recommande le septembre pour y aller, après les grandes vacances. J´aime aussi Gujan-Mestras pour balader (ou avec vélo) et les plages entre la dune et biscarrosse, surtout la salie nord (un peu plus rude, moins bondé, super vagues).

    • Envoyer isa 9 août 2017 at 15:36

      Merci Brice pour ton commentaire, et je note bien tes suggestions, car je me dis que j’irais bien dans les Landes la prochaine fois !

  • Envoyer Hélène 9 août 2017 at 15:12

    Oh ben je connais absolument pas tout ce coin ! Je ne savais même pas la Dune et le Cap Ferret étaient à côté… j’aurais eu un peu le même a priori sur le Cap Ferret ! Par contre, le Claouey a l’air bien joli. C’est le genre d’endroit que je visiterai bien hors saison #teamSansFoule ^^
    Par contre, un truc m’a chiffonné à la lecture, j’étais persuadée qu’on écrivait la « Dune du Pilat »

    • Envoyer isa 9 août 2017 at 15:37

      Honnêtement, je pense que les balades à vélo en forêt te plairaient :-)
      Et pour l’orthographe, sans réfléchir j’ai mis celle qui me venait en tête (il y a beaucoup de panneaux où c’est écrit comme ça..) mais tu as raison : https://www.dunedupilat.com/fran%C3%A7ais/la-dune/pyla-ou-pilat/
      Je vais corriger, donc :)

  • Envoyer Monsieur Win 19 août 2017 at 10:16

    Encore une bien belle découverte. En fait on « connaît » ces régions, dans le sens ou l’on sait globalement dire ou ça se trouve sur une carte de France (sauf si on est nul en géo… bon chacun son truc, moi je suis nul en maths), et que l’on on a globalement 2-3 images cartes postales en tête qui nous font dire que l’on connaît… Mais en fait pas du tout. J’ai lu avec la carte sous les yeux pour confirmer cette impression. Donc merci pour ce joli article qui me donne envie d’y aller et de découvrir ce « beau coin de France » comme dirait Jean-Pierre Pernault

    (Bon en vérité ça attendra, pour cette année les projets voyages sont bouclés :D )

    • Envoyer isa 29 août 2017 at 13:50

      J’aurais dû mettre une carte, tiens !
      La côte atlantique est tellement magnifique, changeante, diverse… Punaise, ça donne envie de faire un voyage du Pas-de-Calais au Pays Basque ! (je ne relève pas la référence à JPP :-p)

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