Etats d'âme, Lyon, Montréal

Lyon VS Montréal

Je fête les 5 ans de mon départ à Montréal, chaque année, je n’en reviens pas. J’ai l’impression que cette vie là est si proche, que les souvenirs ne s’émoussent pas… Les amitiés non plus, d’ailleurs.

Et pourtant, 5 ans, c’est un monde. Mes amies montréalaises ont eu des petits, certains ont même obtenu leur citoyenneté canadienne ! Cela permet de mettre les choses en perspective… Et je me pose toujours la question du pourquoi : pourquoi je suis retournée vivre en France alors que j’aimais énormément ma vie montréalaise ? Pourquoi avoir fait ce choix ? Récemment, en lisant les deux excellents articles de Boeingbleudemer et de GreenGeekette, je me suis rendue compte que moi aussi, je voulais faire le point, non pas pour me persuader que mon choix était le bon, mais pour mieux l’apprécier.

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Etre partie m’a apporté tellement de choses positives : je me suis découverte, je suis sortie de ma timidité, j’étais plus entreprenante, plus sereine, aussi. Difficile de dire si c’était parce que j’étais à l’étranger ou si c’était surtout parce que je savais que c’était une parenthèse de grande liberté dans ma vie, avant de retrouver le quotidien. 7 mois, ça reste une parenthèse. Est-ce que j’aurais continué à être la même si j’avais décidé de m’installer de façon plus durable au Québec ?

Partir rend certaines choses bien plus difficiles, aussi : il m’est impossible de ne pas regretter certaines choses d’un côté comme de l’autre. Montréal me manque. Mais quand j’étais à Montréal, Lyon me manquait. J’ai la bougeotte, aussi, depuis. Ça rend la vie quotidienne plus compliquée…

Ce que je préfère à Montréal

Les concerts, les dizaines et dizaines de concerts…

Ma vie de « fan 2 au premier rang » n’a jamais été aussi intense que lorsque je vivais à Montréal. Pas besoin de prendre le TGV pour aller voir ses groupes préférés, tout était à portée de main, et surtout, il n’y a jamais de pause. C’est tellement facile d’avoir une activité « concert » intense, à Montréal ! Même si je ne suis pas non plus à plaindre à Lyon (merci l’Epicerie moderne, le Sonic et le Marché Gare), ce n’est pas la même chose…

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La liberté d’être ce que je veux

Ne pas se poser la question en achetant des chaussures orange fluo, sortir débraillée si j’ai envie, me faire tatouer, me teindre les cheveux en rouge, etc. Sans être taxée de marginale. Ça, c’est une vraie liberté qui me manque énormément. Beaucoup de femmes ressentent une sécurité accrue à Montréal plus qu’à Paris, je n’ai pas trop senti de différence entre Lyon et Montréal, donc tant mieux… Mais la liberté de sortir comme je veux, elle me manque. J’ai décidé que je la ramenerais à Lyon, mais ce n’est pas aussi facile.

Le hummus

Oui, je consacre un chapitre entier au hummus ! Je n’ai jamais réussi à trouver un hummus qui a le goût du Fontaine Santé que j’aimais tant. Je n’arrive pas à en faire un aussi bon. Je suis perdue sans mon hummus, il me manque tellement…

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Le Vermont

J’adore Montréal, mais ce n’était pas mon premier choix ! A l’origine, je voulais aller faire mon stage de fin d’études à Burlington, dans le Vermont. Les démarches de visa étant trop compliquées, je me suis rabattue sur Montréal (bon, ça va, y’a pire comme 2e choix !). J’en ai profité pour aller dans le Vermont le plus souvent possible, et me dire « Tiens, si j’allais à Burlington, ce week-end ? » me manque un peu. Beaucoup.

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Les rues arrières

Même si j’ai la chance de vivre dans une ville très arborée, avec une multitude de petits et grands espaces verts, il y a une chose qui me manque terriblement : les rues arrières. J’adorais voir les gamins jouer au hockey en été, les chats déambuler… Glander sur ma petite terrasse en profitant des rayons de soleil printaniers. La nature investit vraiment tous les recoins de la ville, à Montréal.

Les « lyonnaiseries » que je ne troquerais pour rien au monde

Que ce soit pour Montréal ou n’importe quelle autre ville du monde, il y a des choses avec lesquelles je suis intransigeante et que je ne troquerais pour rien au monde.

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La bouffe & boisson & restos

Je suis très attachée à la filière de qualité, locale et traditionnelle. J’aime faire mon marché 100 % local le mercredi soir Place Carnot. J’aime mon jambon des Monts du Lyonnais, qui a un goût incroyable et qui ne coûte pas cher. S’il est possible de trouver des aliments de qualité à Montréal : ils ne sont pas aussi faciles d’accès (il faut faire plusieurs magasins) et surtout, le prix n’est pas le même. Je sais qu’à Lyon, je suis gâtée, vivant au cœur d’une grande région agricole et maraîchère. Je comprends que la bouffe de qualité ne soit pas l’élément central de la vie de beaucoup de gens, mais ça l’est, pour moi.

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La boisson. Parce que ça va avec la bouffe : mon verre de Côtes du Rhône à 2 € dans mon bar préféré m’a tellement manqué. Même si j’ai compensé avec la bière des nombreuses micro-brasseries montréalaises (et en plus, j’adore la bière), il n’y a rien de tel qu’un bon vin…

A Lyon, j’ai tellement plus de bons restos pas chers qu’à Montréal… C’est quelque chose qui m’avait énormément manqué.

Avoir un mode de vie moins consumériste

C’est sans doute la chose que j’ai le moins supporté, au Québec, et en Amérique du Nord en général : les grosses voitures, le gaspillage, acheter encore et toujours plus… Je ne dis pas que l’on doit forcément vivre comme ça, à Montréal. Les pistes cyclables sont nombreuses, il y a des initiatives pour favoriser le compost, une grande vie de quartiers « écolo »… Mais ça reste, pour moi, un îlot de bon sens au milieu d’un océan de nonsense. Je trouve qu’il est plus facile de consommer de la façon que je le souhaite à Lyon.

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Les transports en commun

Ce qui m’amène à un point primordial : les transports en commun. J’ai de la peine à le dire mais après avoir pas mal parcouru l’Amérique du Nord, force est de constater que Montréal possède un réseau performant de transports en commun. Cependant, en tant que lyonnaise habituée au combo bus-tram-métro et marche à pied, on peut pas dire que ce soit satisfaisant…
Et on a beau critiquer la SNCF, à comparé de nombreux pays du monde (je ne parle même pas de ViaRail, sinon ça va vite m’énerver), on a pas cette chance d’avoir un réseau de train aussi étendu. De plus en plus cher, malheureusement, mais au moins j’ai la possibilité d’accéder à certains lieux. Ce n’est pas le cas au Québec où la voiture reste reine pour les trajets moyenne et longue distance, chose qui m’a toujours gonflée.

Le système de santé

Même si en France il est en péril, je ne troquerais pour rien au monde mes médecins et hôpitaux lyonnais pour les montréalais. Pour rien au monde

Le boulot ?

Je ne parle que rarement du boulot, tant ce n’est pas une chose essentielle dans ma vie. Je n’ai aucune idée de savoir si j’aurais une vie professionnelle épanouie à Montréal, donc je fais l’impasse sur ce sujet !

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Amis et famille, bien sûr

C’est de plus en plus difficile de vivre loin de nos parents, qui vieillissent, et de ne pas profiter des années d’enfance de mes neveux et nièces. La vie est trop courte pour que je ne fasse pas partie intégrante de la leur.

Egalité, mon capitaine !

Il y a une chose que je ne pourrais pas départager, cependant, c’est mes quartiers de vie. J’avais adoré vivre dans la Petite Italie – Petite Patrie. L’ambiance de ces quartiers était géniale, entre le marché Jean Talon, la rue Bélanger remplie de commerces latinos (avec de la bonne musique des années 90), la plaza St. Hubert avec un foisonnement de magasins cool ou kitsch… Tout ça me manque beaucoup. J’ai aussi adoré aller à pied au Jardin Botanique, en été, et je pense que cela restera un de mes meilleurs souvenirs montréalais…

Oui, mais… A Lyon, j’aime mon quartier et mon arrondissement, varié, vivant, populaire. J’aime mes librairies, j’aime me balader sur les berges du Rhône, j’aime respirer sur les collines, j’aime tout rejoindre à pied sans trop d’efforts. Et surtout, j’aime ma région, le fait d’avoir les Alpes tout près, la mer un tantinet plus loin. J’aime aller me balader dans le Bugey, le Beaujolais, les Monts du Lyonnais ou même le Forez…

Il n’y a pas de raison objective, mais même si je me pose toujours la question de ce que serait ma vie si j’étais restée à Montréal, je suis heureuse de ma vie ici. Et souvent, très souvent, je me dis que j’ai fait le bon choix.

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11 Commentaires

  • Envoyer Pernelle 16 mars 2015 at 15:07

    C’est marrant, car je suis de la région Lyonnaise aussi, et j’ai passée deux ans à Lyon même, et pourtant je serai plus du genre à écrire « Pourquoi je préfère rester à Montréal que retourner à Lyon » ^^
    Comme quoi, les goûts et les couleurs ça ne se discute pas (même si j’avoue que je boirai bien un côte du Rhône là tout de suite :-D)

    • Envoyer isa 16 mars 2015 at 15:11

      Ah non, c’est sûr :) Impossible de débattre sur les ressentis d’une ville, je pense !
      Et pourtant, c’est vrai que j’ai adoré vivre à Montréal, que j’y serais volontiers restée plus longtemps (un an ou deux ?) mais que je n’y voyais pas du tout ma vie sur le long terme :)

  • Envoyer Zhu 17 mars 2015 at 03:43

    Je vais mettre tout le monde d’accord, je déteste Montréal! :lol:

    Aië-euh! Pas jeter de pierres!

    Je me demande souvent quelle serait ma vie si, si, si… puis en fait, je m’en fous. Parce que la vie est faite d’une multitude de choix, petits ou grands, et qu’on ne peut jamais rien prévoir. Tant qu’on trouve son compte dans son choix, tout est beau. En plus, tu es jeune, tu peux toujours revenir à Montréal ou aller ailleurs un jour…

    • Envoyer isa 17 mars 2015 at 12:16

      Bouuuuh, attrapez-là ! :D
      On est quittes, car je n’ai pas eu non plus un très gros coup de cœur pour Toronto, ville que tu sembles vraiment apprécier !
      Et si, et si… Ça ne sert à rien de se demander mais je me pose toujours la question. J’aimerais bien observer mes autres « moi » d’univers parallèles !
      (quant à la jeunesse, je vais être périmée bientôt, pour les WHV…)

    • Envoyer Cynthia 18 mars 2015 at 11:40

      Booouuuhh Juliette ! ;)

  • Envoyer Cynthia 18 mars 2015 at 11:44

    J’aimerais bien tester la vie à Lyon avec la bonne bouffe abordable! A Paris les restos sont vraiment hors de prix pour une qualité assez inégale. En plus niveau maraîcher, j’ai l’impression qu’on nous refourgue les restes … le choix dans les supermarchés intramuros n’est vraiment pas terrible quand on le compare avec ce que l’on trouve n’importe où ailleurs en France!

    • Envoyer Isa 18 mars 2015 at 11:46

      J’ai vécu quelques mois à Paris et je confirme ! Rien que le choix en tant que tel (de fromage, notamment) était pauvre… :( Par contre, j’appréciais la plus grande profusion de petits « bouis-bouis » asiatiques pas chers… On en a moins ici !
      Pour une autre façon de faire ton épicerie, à Paris, peut-être peux-tu songer aux paniers et aux coops, tu auras ainsi des produits frais :)

  • Envoyer Lauraki 23 avril 2015 at 03:07

    Mais tu reviendras toujours à Montréal et tes amis t’y garderont bien au chaud toujours ta petite part de toi qui vit ici ! ;-)

    • Envoyer isa 5 mai 2015 at 08:06

      Et vous êtes une grosse grooosse partie de ce qui fait que je retourne toujours à Montréal ! ;)

  • Envoyer Lauraki 23 avril 2015 at 03:08

    Et oui, je suis de retour sur la blogosphère!

    • Envoyer isa 5 mai 2015 at 08:06

      Héhéhé, et c’est une excellente nouvelle !

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