Etats-Unis, Travel Geek

Mon Amérique du Nord en livres

Je relisais mon « Profil » du blog pour me remémorer quelles bêtises j’avais bien pu dire, et en fait, ça a fait germer une petite idée d’article ! Je me demandais récemment quels livres m’avaient « forgée » telle que je suis aujourd’hui. Enfant, je lisais beaucoup, à tel point que lorsque j’allais à la bibliothèque le Mercredi matin, la plupart des bouquins empruntés rejoignaient la pile des « déjà lus » le Mercredi soir. Évidemment, ça me paraissait logique qu’arrivée au Lycée, je ne pouvais pas faire autre chose qu’un bac littéraire. En revanche, à l’Université, je me suis orientée vers des études plus scientifiques… de Géographie cette fois-ci. Je pense que ce n’est pas un hasard du tout, et que la plupart de mes passions ont pris racine très jeune… D’où cette petite liste chronologique, qui va chercher loin dans ma mémoire, des bouquins qui m’ont donné cette passion (le premier qui dit « obsession » aura affaire à moi) pour l’Amérique du Nord… C’est fou comme tout s’imbrique et je ne m’en rends compte que maintenant !

1. En CP, je lisais déjà beaucoup, et je savais déjà lire, d’ailleurs. Le premier livre de lecture qui a été proposé en classe, un « livre de grands » avec des vraies pages en papier, c’était « Rob Rocky, l’Homme des Rocheuses » (notez son nom absolument ridicule). Je ne me rappelle que vaguement de l’histoire : un convoi de pionniers traverse l’Ouest Américain pour trouver la terre promise, mais leur oncle est tué par des indiens et donc les enfants doivent prendre le convoi en main en faisant attention de ne pas se faire attaquer par la grande gachette de l’Ouest, Rob Rocky… En fait je m’en souviens mieux que prévu ! Et le voici, le tout premier livre qui m’a fait découvrir les États-Unis ! Bon, ok, c’est une histoire simpliste voire un peu raciste avec l’histoire des Indiens, mais bon, niveau esprit critique, en CP, c’était pas tout à fait ça.

2. Ce bouquin là n’est pas franchement un roman mais c’était le plus épais et le plus volumineux de la bibliothèque de mes parents, donc forcément, je cassais mes bras de moineau (qui sont toujours aussi musclés, 15 ans après) pour le sortir de l’étagère et le parcourir. Je n’y comprenais pas grand chose mais je trouvais que les cartes étaient vraiment très belles. J’essayais de retenir la forme des pays mais j’évitais toujours le chapitre sur l’Asie : trop de petits pays, et puis c’était vraiment trop compliqué (bin oui, l’Atlas datait de bien avant la décolonisation, alors si en plus il faut apprendre des noms de pays qui n’existent pas…) J’étais en tout cas admirative devant ces beaux noms californiens « San Francisco, Monterey, Sausalito… »

3. Je peux enfin vous présenter un de mes livres préférés, toujours aujourd’hui, et un œuvre largement sous-estimée, en France où elle est méconnue, tout au moins. Il s’agit de la saga « The Lives and Times of Scrooge McDuck » par Keno Don Rosa, autrement dite « La Jeunesse de Picsou ». Elle a paru pour la première fois en France dans les Picsou Magazine et n’a pas cessé de paraître depuis. L’histoire de Scrooge est vraiment fascinante et bien loin des histoires gnan-gnans à la Disney. Don Rosa a accepté la mission formidable de creuser encore plus la mythologie autour de Scrooge, mythologie déjà créée par l’esprit fertile de Carl Barks. En résulte une saga formidable, précise dont la richesse du dessin est incroyable. Drôle, émouvante, juste… On suit Scrooge tout autour du monde, de son Écosse natale jusqu’au Mississippi, à la Vallée de l’Agonie Blanche dans le Yukon, en Afrique du Sud, en Indonésie, en Australie… Les épisodes les plus marquants pour moi sont évidemment les nord-américains car la retranscription historique de la ruée vers l’or est absolument parfaite à mon goût. J’ai tout appris grâce à Picsou, et c’est lui qui m’a donné envie de voir ça de mes propres yeux. Ca peut paraître ridicule d’avoir Picsou pour référent, mais c’est normal, quand on n’a pas lu The Lives and Times… Lisez les, et vous verrez !

4. Peu après, est arrivé Stephen King. J’empruntais les livres à mon beau-frère, qui en faisait la collection. Pour une raison que je ne m’explique pas, mon premier livre de lui était « Pet Sematary » (Simetière) comme pour beaucoup de monde ! Il garde une place spéciale dans mon cœur, même si c’est loin d’être mon préféré. Et là je découvrais quelque chose qui m’était totalement inconnu : le Maine. Un pays brumeux, avec beaucoup de forêts sombres, des lacs profonds, des cabanes au fond des bois, cette ville de Bangor qui est presque le seul îlot de civilisation… Stephen King n’a pas son pareil pour décrire ce magnifique endroit, que je découvre pour la première fois en 2008. C’est mon tout premier voyage aux États-Unis et j’ai été tellement émue de voir de mes propres yeux à quel point Stephen King avait réussi, une fois de plus, à retranscrire si parfaitement et surtout si fidèlement le lieu dans lequel se passe tous ses romans. A la différence qu’évidemment… le Maine est aussi mystérieux que paisible…

5. En 4ème, lecture obligatoire en cours de français : « Des Souris et des Hommes » de John Steinbeck. Je crois que c’était mon tout premier grand classique américain. Aujourd’hui, j’avoue que je trouve ça dommage et sans intérêt d’avoir travaillé sur une traduction, mais cette étude m’aura permis de découvrir la grandeur de Steinbeck, et il s’agit d’ailleurs toujours d’un de mes livres préférés. Les couleurs, les odeurs, les lumières… tout est parfait, et d’une sensibilité incroyable. La douleur que j’ai ressenti en lisant le livre, la beauté des mots. Je rêve souvent de la vallée où se trouve la ferme et des plaines désertiques californiennes pendant la grande crise…

6. Bien plus tard, après avoir découvert un peu Steinbeck, j’ai ouvert la porte à l’autre auteur classique : William Faulkner. C’est un tout autre univers qui s’est ouvert à moi, celui de l’humidité du climat du Mississippi, du poids de la chaleur mais aussi de celui de l’Histoire du Sud, lié à l’esclavage, à la guerre de sécession, à la religion… Ce livre m’a causé beaucoup de fil à retordre, tant sa lecture peut être fastidieuse à certains moments (Faulkner n’est pas le plus facile à lire…) mais je dois absolument le relire bientôt, pour avoir un œil nouveau et peut-être un peu plus mature. Ce livre est d’une beauté absolue.

7. Encore au collège, je me souviens m’être ennuyée énormément et avoir pris au hasard un bouquin dans la bibliothèque de mes parents. Il s’agissait de « Fille du Destin », d’Isabel Allende, auteure que je découvrais pour la toute première fois, et que j’aime toujours beaucoup, non pas parce qu’elle est particulièrement brillante, mais parce que c’est une très grande narratrice. Et aussi, parce qu’elle est un peu féministe sur les bords… Fille du Destin nous raconte l’histoire d’une jeune femme, chilienne, qui quitte son pays pour se retrouver, un peu par hasard, en Californie, pendant la ruée vers l’or. C’est une des seules femmes pionnières et elle arrive à survivre dans un environnement brutal.

 

8. Alors celui ci, je viens tout juste de m’en rappeler, à croire que je voulais vraiment l’oublier !!! Mais cher lecteur, je ne te mentirai pas. Ainsi, je suis obligée de l’évoquer. Encore une fois tiré de la fameuse bibliothèque de mes parents, voici « Tonnerre sur la Cité Perdue », un roman qui n’est sans doute pas très bon, mais vraiment super divertissant. (donc finalement, c’est qu’il doit être bon). Un roman policier mené par une jeune archéologue qui finit par se retrouver au fin fond des canyons de l’Utah (tiens, tiens…) pour découvrir une cité indienne Anasazi… perdue. Je vous rassure, elle finit par trouver la Cité, ses mystères et son lot d’assassinats… Ma première découverte des paysages de l’Utah !

 

9. Au Lycée, j’étais dans une période « grands auteurs français », c’est pour ça que je ne me souviens de ne rien avoir lu d’américain ! Je passe directement à l’Université, où j’ai entamé de nombreux romans de flibustiers (mais je ne suis pas sûre qu’on puisse considérer les Caraïbes comme en Amérique du Nord, donc je laisse tomber). En revanche, j’ai entamé le trèèèèès long « Journal de Lewis et Clark » en deux volumes colossaux. C’est une collection des différents journaux des membres d’une des plus grandes expéditions, commanditée par Thomas Jefferson lui-même, et dont le but était de découvrir et cartographier les terres hostiles et inconnues de l’Ouest. Les dangers sont nombreux, entre les attaques d’ours, d’indiens, les périls du Missouri, les maladies, les blessures… Beaucoup de membres du voyage n’en reviendront pas. Lewis lui-même deviendra à moitié fou quelques années après « Le Grand Retour » et ces 2 années de voyage. J’ai découvert tellement de choses à travers ce récit… Les relations extrêmement complexes avec les indiens, mais aussi les trappeurs français, bref, la géopolitique de l’époque, si on peut appeler ça comme ça…

Cela fait 9 livres qui m’ont forgée telle que je suis, mais je ne compte pas m’arrêter là, puisqu’il y a quelques mois, j’ai proclamé cette année comme mon année américaine, où je dois m’efforcer de rattraper mon retard dans la lecture des plus grands classiques américains, mais aussi dans ma connaissance du monde mormon… (mais peut-être que le quota est déjà atteint, je me suis enfilé deux livres historiques à ce sujet !) Nous verrons en fin d’année pour le bilan…

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2 Commentaires

  • Envoyer Alice In Québéquie 15 mars 2011 at 13:54

    Je ne trouve pas ça ridicule du tout d'avoir Picsou comme référent.
    Moi ces BD de sa jeunesse (que j'avais lu quand elles étient parues dans Picsou Mag dans mon jeune temps) m'ont fascinées. Je les cherche depuis.

  • Envoyer Isa 15 mars 2011 at 13:58

    Ah, Alice, je savais que je pouvais compter sur toi ! On vient justement de retrouver une réédition des Jeunesses de Picsou, en super jolis tomes et en papier glacé (et en VO), ils ne sont pour l'instant pas si chers, ça vaut vraiment le coup!
    (il y a une édition de 2005 et une de 2010, en deux tomes principaux + d'autres tomes avec les histoires annexes)
    http://www.amazon.co.uk/Life-Times-Scrooge-McDuck-Rosa/dp/0911903968/ref=sr_1_5?ie=UTF8&qid=1300197498&sr=8-5

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