Lyon

Mon identité lyonnaise

Quand je suis à l’étranger, je me sens française. Quand je suis ailleurs en France, je me sens lyonnaise. Quand je suis à Lyon, je me sens parfois Monts-du-Lyonnaise.

Mon identité lyonnaise varie en fonction de mon échelle de vie… Forcément. Pour rester à Lyon, j’ai renoncé à un certain nombre d’opportunités professionnelles. Plusieurs années après, je ne regrette toujours pas mon choix, même s’ils me plongent dans une certaine précarité. J’ai toujours voulu privilégier mon cadre de vie à ma carrière, c’est un choix comme un autre. Si je pourrais envisager de quitter Lyon, je suis extrêmement attachée à la région lyonnaise et plus largement, à mon quart sud-est, et je ne me vois pas vivre au Nord. Le Nord étant tout le territoire s’étendant au delà de cette limite Mâcon-La Rochelle (bin quoi, pour les Marseillais, c’est tout ce qui est au Nord d’Avignon !).

Je suis descendue de ma montagne et j’ai emménagé à Lyon pour effectuer mes études, comme beaucoup de mes amies. Je n’en suis jamais repartie… Je suis devenue adulte non pas en tant que rurale, mais en tant qu’urbaine. Et jusqu’à récemment, je ne me voyais d’ailleurs pas quitter le centre-ville. Mais des fois… Des fois, vivre une vie communautaire et partager son quotidien et son rythme de vie avec ses voisins (bruyants et malpolis), ça devient très pesant. Je n’ai malheureusement pas les moyens de m’offrir une maison à Lyon. Cela voudrait dire partir ? Mais je ne veux pas partir ! Je suis bien à Lyon ! J’ai l’impression d’avoir à peine commencé à gratter le vernis de cette ville. J’ai l’impression de connaître à peine ma ville !
Il y a quelques semaines, une certaine Globestoppeuse m’a dit qu’elle sentait que j’aimais vraiment ma ville, alors qu’on flânait tout simplement dans ses rues. Depuis, ces paroles me reviennent souvent en tête… Je ne pensais pas communiquer à ce point mon amour pour Lyon. Je ne pourrais dire ce que c’est, que d’être lyonnaise. Je sais juste que les Lyonnais (ceux qui sont amoureux de leur ville, pas les Lyonnais qui n’en peuvent plus !) en sont très fiers. Pour ne pas dire complètement chauvins et de mauvaise foi. Et tant mieux ;-)

J’aime ma région lyonnaise : j’aime être au cœur d’une région si riche et si différente ! Je n’en reviens pas de pouvoir passer des beautés des Alpes à celles du Beaujolais, de la Drôme Provençale, du Forez ou de l’Ardèche en si peu de temps. Je ne pense pas être capable de réussir à quitter durablement cette région, à moins d’avoir la certitude d’en avoir fait le tour (devine quoi : c’est impossible !).

Je ne reste pas à Lyon parce que tous mes amis y sont. Je n’ai presque plus personne, ici : ils ont quitté la capitale Rhône-Alpine pour suivre des opportunités professionnelles en région parisienne, eux. Je n’y reste pas non plus parce que je ne me pose pas de questions et que la vie est ainsi faite. Je reste ici parce que je suis profondément attachée aux ruelles de cette ville, à ses deux cours d’eau, à ses nombreux espaces verts, à son immense patrimoine historique. J’aime aussi les Lyonnais. Je fais rarement l’expérience de commerçants ou de restaurateurs particulièrement mal-aimables. Peut-être parce qu’aujourd’hui j’en suis une, je ne trouve pas les Lyonnais particulièrement froids ou peu accueillants, comme le veut la légende urbaine.

Ô, bien sûr, Lyon me gonfle souvent au plus haut point. Avec un paysage politique qui ouvre les robinets d’eau tiède, avec son harcèlement de rue (point commun de la vie urbaine d’une femme, où qu’elle soit), ses problèmes sociaux, le conservatisme social catho-réac d’Ainay, la démolition de ses magnifiques immeubles anciens au profit d’affreuses constructions récentes, sa pollution, le quartier de la Confluence, le vent qui vient souffler de plus en plus souvent. Et oui, Lyon me gonfle. Je rêve parfois de vivre dans le Beaujolais, tout en n’ayant pas de mouvement pendulaire à faire, bien sûr. Mais jusque là, je reste.
Mon histoire d’amour avec Lyon n’est pas encore finie, si tant est qu’elle le soit un jour. J’aime trop vivre ici.

J’aime le 7e arrondissement et ses quartiers tous très différents

J’aime me balader au parc de la Tête d’Or et, pensant que je le connaissais par cœur, en découvrir de nouveaux recoins.

J’aime la bonne bouffe, et j’aime plus que tout au monde vivre dans une ville où c’est si important, où les artisans sont si nombreux et si passionnés. J’aime pouvoir aller au restaurant sans me ruiner.

J’aime les bords du Rhône, le seul endroit où le VéloV’ n’est pas un poids…

J’aime la vue depuis Fourvière, j’aime apercevoir les Alpes et le Bugey.

J’aime les ruelles étriquées et colorées du Vieux Lyon, même quand celles-ci sont envahies par les touristes. Cela me rappelle que ma ville est assez belle pour être visitée, après tout.

J’aime me plaindre des collines et de l’effort surhumain que gravir la Croix-Rousse me demande. J’aime toujours être aussi ridicule en voulant faire visiter les traboules et ne jamais les retrouver (comme la salle sur demande d’Harry Potter !).

J’aime vraiment le Crayon, sujet de discorde entre Lyonnais. J’aime sa couleur rouille.

J’aime le bordel ambiant de la Guill’.

J’aime les immeubles lyonnais, leurs alcôves, leur beau plancher et leur cheminée.

J’aime les vues, les nombreuses vues nocturnes et diurnes que l’on peut avoir…

Ah ça, j’aime Lyon, c’est indiscutable.

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8 Commentaires

  • Envoyer Milie 24 novembre 2016 at 09:22

    Comme il fait plaisir ton article.
    Je me reconnais bien là aussi.

    • Envoyer isa 24 novembre 2016 at 09:42

      Bon, faut vraiment qu’on aille se boire un café. Je vais guetter, dans les rues du quartier, si je croise une personne macrocéphale avec des cheveux roses et de grosses lunettes de soleil ! (qui je suis sûre, est ton portrait craché) :p
      Merci pour ton commentaire Milie !

  • Envoyer Manu 25 novembre 2016 at 22:09

    Article qui donne matière à réflexion :) ça court par les rues ça :)
    C’est assez drôle chez moi, tant que je suis resté à Nantes (enfin en campagne, plus précisément une commune incluse dans le projet #NDDL) je n’ai pas eu de sentiment identitaire précis. Mais lorsque je suis parti au Danemark, comme toi, je me présentais en tant que français qui venait de l’Ouest. Mais quand j’ai suivi mes études de nouveau en France, j’ai eu une poussée de revendications bretonnes qui ne m’a jamais quitté. C’est simple, hors de Nantes, je revendique partout mon identité bretonne, c’est cette « appartenance » si je puis dire dont je me sens le plus proche. Alors qu’avant de partir, je n’en avais cure.

    Ce qui est assez rigolo c’est de ne pas avoir envie d’y revenir, je sais où est ma place, je sais exactement ce dont j’ai besoin pour ne pas avoir envie de partir, mais je ne suis pas certain qu’il soit encore possible de l’avoir dans beaucoup d’endroits en France tant cela évolue vite….

    • Envoyer isa 29 novembre 2016 at 11:40

      Je crois qu’effectivement, dès que l’on prend du recul, on se rend compte que l’on est beaucoup plus ancrés… Et on se rend compte que des traits culturels qui nous paraissaient normaux, ne le sont en fait pas ! (chaque région a ses spécificités…)
      Etant donné que nos critères varient en fonction de l’âge, c’est probable que tu trouveras beaucoup d’endroits en France où vivre ce que tu as besoin de vivre à un moment donné :)

  • Envoyer Retour du Monde 29 novembre 2016 at 11:37

    Aaaah j’aime bien cette idée d’ambivalence, de « Je t’aime, moi non plus », totalement ce que je ressent à propos de Paris. Bien que ce sentiment est grandement en train d’évoluer chez moi, pour plein de raison.

    • Envoyer isa 29 novembre 2016 at 11:38

      Serions-nous des éternels insatisfaits ? ;-) En fait je pense que tout est une question de balance. Si un jour, elle penche trop dramatiquement du côté négatif, c’est qu’il faut passer à autre chose… Je crois que je fonctionne comme ça pour tous les pans de ma vie !
      Pour Paris, tu en es-où ?

  • Envoyer Julie / hors du temps 8 décembre 2016 at 22:06

    C’est une belle déclaration d’amour à Lyon (qui me rappelle que je ne connais rien de cette ville…). Je crois que j’aurai pu presque la même chose de Toulouse (même si pour l’instant y retourner n’est pas à l’ordre du jour…). En tout cas, pour les raisons professionnelles qui poussent à aller en région parisienne, ne regrette rien ! Même s’il y a des tas d’opportunités professionnelles, la qualité de vie reste lamentable (à moins d’être dans la finance^^) ;)

    • Envoyer isa 9 décembre 2016 at 11:30

      Merci pour ton message ! J’ai beaucoup apprécié la balade toulousaine que tu viens de me proposer en lien ce matin, d’ailleurs. J’ai l’impression de me lire quand je parle de Lyon, tiens, c’est étrange ! ;)
      Eh oui, je ne bosse pas DU TOUT dans la finance, donc je ne regrette pas vraiment non plus… Mais parfois, tu te retournes et tu te demandes « et si ? ». C’est vrai que la précarité est difficile à supporter, à certains moments de l’année.

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