Chouchous, Etats d'âme, Montréal

Montréal, et si…?

Quand je retourne à Montréal, je fais toujours le même trajet. Comme une petite vieille qui a besoin de se rassurer…

Et à chacun de mes retours, je déplore la disparition de certains restos, j’acclame l’installation d’autres commerces, et je marche, je marche, je marche… Mes pas me mènent toujours dans mes anciens « chez moi », mes anciens lieux de vie. Pourtant, même après avoir quitté Montréal depuis longtemps, je me sens toujours chez moi. Je marche sans réfléchir, perdue dans mes pensées, et mes pas, automatiques, me mènent toujours là où je veux aller.
C’est sûr que Montréal change, que « mon » quartier change… En bien ou en mal, je ne sais pas, mais il y fait toujours aussi bon vivre. J’aime toujours autant La Petite Patrie et La Petite Italie. J’aime toujours autant descendre la rue St Laurent jusqu’au Mile End… J’aime toujours autant traverser le Plateau puis l’interminable boulevard St Joseph, où j’ai également vécu, pour rejoindre le Jardin Botanique. Voilà, mon trajet habituel, lorsque je reviens à Montréal.

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C’est toujours compliqué, car je pense que je ne cesserai jamais de me poser la question « et si…? », et si j’étais restée encore quelques temps ? Et si je m’étais installée là-bas une bonne fois pour toutes ? Qu’est-ce que j’ai manqué en partant ? Je ne le sais toujours pas. Je sais en revanche ce que je n’aurais pas et qui je n’aurais pas aujourd’hui près de moi, à Lyon. Donc finalement, est-ce que cela a tant d’importance ?
J’ai envie de revenir m’installer à Montréal pour un an. J’ai vraiment envie de revivre le magnifique cycle des saisons. L’automne qui s’installe doucement, passant des feuilles orangées aux feuilles grises… Puis à l’hiver blanc. J’ai envie de revivre la brutalité du printemps, cette sensation si grisante, la même que doivent vivre les papillons sortant de leur cocon. L’été, enfin. Ses pluies diluviennes, son humidité extrême, mais surtout toutes les balades en fin de journée, les barbecues, l’appel de l’eau. J’ai si envie de revivre tout ça.
J’ai aussi envie de tourner la page une bonne fois pour toutes sur ma vie passée, avec mon ex-conjoint. Montréal reste associée à lui, même si c’est de moins en moins le cas puisqu’il s’agissait de mon deuxième séjour solo là-bas, déjà. J’ai envie de m’ébrouer comme un chien sortant de la rivière et de me dire tout haut « Montréal, c’est MOI ! ».

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Montréal, c’est moi, mais c’est aussi les autres. Ce sont mes amis que je vois si peu souvent, mais qui restent pourtant présents dans mon cœur tous les jours. Un Océan n’y fait rien, je profite des rares instants passés avec eux pour me requinquer et me les garder en réserve pour les deux années à venir. C’est sans doute pour cela que je ne tournerai jamais la page sur Montréal : il y reste une partie de moi à travers eux. Ils sont probablement une belle partie de moi. Et c’est pour ça que je continuerai à traverser l’Océan pour assister aux plus beaux événements de leur vie !

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1 commentaires

  • Envoyer Zhu 8 octobre 2016 at 01:05

    Tu le décris très bien, les endroits nous empreignent. On associe telle ou telle endroit à des saisons, des odeurs, des rues, des gens aussi. Mais oui, Montréal c’est aussi TA ville! Elle t’a construit, elle t’a apporté quelque chose :-)

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