Concerts/Musique, Etats d'âme

Neon Bible a dix ans, et moi bientôt 30.

Neon Bible a dix ans. Neon Bible, c’est un album d’Arcade Fire qui m’a profondément marquée, en 2007.
Ce n’est pas commun, pour moi, de vous parler de musique, ici. Mais parler de Neon Bible n’est qu’un prétexte pour me retourner sur mes dix dernières années. Cette année, c’est celle de la trentaine. Ces 10 dernières années ont été celles de ma vingtaine.
Neon Bible est un album puissant, sombre, grandiloquent parfois, mais également très fort. Très fort en amour. Il m’évoque la noirceur des Etats-Unis, et la beauté qui en émerge, aussi. Neon Bible a été ma porte d’entrée sur ce pays, et sur de formidables amis qui ont forgé mes voyages futurs.
Cet album m’a permis de me rendre compte, à 20 ans, que je pouvais voyager si je le voulais. Que je pouvais me lancer, sans trop me prendre la tête. J’ai suivi le groupe dans sa tournée européenne à l’automne 2007, en dernière minute, allant au gré des billets que je pouvais encore trouver. J’ai dormi dans des aéroports, attendu l’ouverture des salles sous des tempêtes de neige, passé la nuit dans les rues londoniennes. Je me suis fait des amis pour la vie. J’ai ressenti des choses très fortes, et j’ai vécu une telle symbiose, au premier rang des concerts.

J’ai beaucoup voyagé, et Neon Bible a été aussi le point de départ d’un premier voyage, plus beau, plus loin, en Amérique du Nord, seulement quelques mois après. Mon premier passeport, mon premier vol long courrier, mon premier passage de douane depuis l’enfance. Un voyage organisé complètement à l’arrache (même aujourd’hui, je ne le ferais plus à ce point !). Neon Bible m’a donné énormément de confiance en moi, et en mes capacités de voyageuse.
Neon Bible a été le point de départ de mon indépendance. Cela a été aussi la pierre angulaire de ce blog : We know a place where no spaceships go, We know a place where no subs go, Hey!, No cars go, Old folks? Let’s go!.
Il m’a accompagnée tout au long de ma vingtaine. 20 ans, 25 ans, et maintenant, 30 ans. Depuis, Arcade Fire m’ont déçue. Je me suis éloignée d’eux, et je me suis rapprochée d’autres groupes. Mais qu’importe, c’est eux qui m’ont ouvert cette porte vers l’inconnu.
Ma vingtaine a été belle, riche en rencontres et en voyages. J’ai eu des diplômes, j’ai tant aimé Lyon, j’ai vécu des choses fantastiques, j’ai vu des paysages merveilleux, j’ai écrit certains textes dont je suis très fière. J’ai fait une place dans mon cœur à de nouvelles personnes, j’en ai quitté bien d’autres pour toujours, sans regrets. Ma vingtaine a été difficile, aussi. La maladie, l’inquiétude, l’anxiété. Ce travail, toujours, pour marcher sur le chemin du bonheur.

J’ai mûri certaines choses, je n’ai pas changé d’avis sur d’autres. Je n’ai pas l’impression d’être devenue une autre personne, mais j’ai changé pour m’ouvrir et m’épanouir. Aujourd’hui, je suis plus forte mais plus fragile. Plus indépendante. Moins responsable. Plus amoureuse. Plus aimante. Mais dans le fond, à vingt ans ou à trente ans, j’ai l’impression d’être toujours la même, comme les chansons gravées dans les sillons du vinyle que j’écoute en écrivant.

Joyeux anniversaire, Neon Bible, et que ta prochaine décennie m’accompagne tout autant.

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15 Commentaires

  • Envoyer Lili de Jolis Voyages 7 mars 2017 at 15:22

    Chouette partage d’expériences, un billet un peu plus intimiste que j’apprécie beaucoup. Belle journée.

  • Envoyer Paul Burke 7 mars 2017 at 16:19

    Glorious, Isabelle!

    This album and year was so life-changing for me too – one that I will never get the chance to repeat, but also one that I will never, ever regret. I loved following Arcade Fire around the UK and also made some friends for life. I would not change a thing!

    Take care,

    Paul

    • Envoyer isa 8 mars 2017 at 09:45

      Thanks again Paul for keeping reading despite Google Translate buchering every word (I guess!). I would not change a thing neither, all the good and all the bad. Xxx

  • Envoyer Zhu 8 mars 2017 at 00:55

    J’ai vu ton Tweet tout à l’heure, mais j’avais la flemme de m’exprimer en 140 caractères… alors je suis bien contente que voir cet article plus complet :-) Même si je connais moins le groupe que toi et qu’il n’a pas les mêmes résonnances pour moi, je comprends complètement ton état d’esprit et, je crois, ce que tout ça veut dire pour toi.

    C’est marrant, ce moment où on réalise que voyager EST possible si on veut… j’ai eu cette même révélation à 16 ans. Et ce qui est curieux, c’est qu’on paraît être seulement un petit groupe à l’avoir. Je connais plein de gens qui n’ont aucune envie de voyager (sauf pour des vacances genre île paradisiaque, pour le côté farniente quoi). Je respecte cet état d’esprit, mais au fond de moi, je trouve ça… curieux!

    À toi, donc, à tes envies, à ta trentaine! :-)

    • Envoyer isa 8 mars 2017 at 09:46

      J’aime le principe d’avoir la flemme de s’exprimer en 140 caractères mais de prendre le temps de faire un pavé : c’est vrai que c’est super fatigant de choisir chaque mot que l’on tweete !
      Je trouve ça curieux aussi… Mais je comprends ! Je crois que notre cerveau est trop obsédé par l’évidence que peut être le voyage !

  • Envoyer Magouille 8 mars 2017 at 10:24

    Tiens, c’est marrant d’avoir cette anecdote sur le sous-titre de ton blog, je ne l’avais jamais lu comme ça ^_^ Et ça me donne envie de réécouter Arcade Fire ! Moi c’est Bohemian Rapsody de Queen qui m’a beaucoup marquée, plus jeune – écouté dans la playlist Air France en boucle sur mon premier vol long courrier. Maintenant, c’est comme un déclencheur. A chaque fois que je le réécoute en voyage, je me sens traversée comme par un élan de liberté assez puissant (oh la j’y vais fort, mais bon c’est vrai que c’est ça :)). C’est fou la façon dont la musique peut nous imprégner, et nous « transporter », justement.

    • Envoyer isa 8 mars 2017 at 10:26

      Ah mais je vois tout à fait la sensation que ça peut donner ! L’impression d’être super forte, que ça va être génial, que tout va bien se passer :-) Les pouvoirs magiques de la musique !
      Pour le sous-titre de mon blog, comment l’avais-tu vu ?! :)

      • Envoyer Magouille 8 mars 2017 at 12:01

        Plus comme un « yeehaaa!! » ou un « let’s go to the party! » Mais bon, maintenant que j’y repense, ça me paraît bizarre que ça ait sonné comme ça dans ma tête. Ton blog résonne effectivement plus Arcade Fire que « Come on Barbie, let’s go party! » ^^ Bref, tout fait sens ! :)

        • Envoyer isa 8 mars 2017 at 12:02

          Ahahaha, je suis morte de rire, j’ADORE et j’approuve la référence. Il y a des deux, finalement !

  • Envoyer Lucile 8 mars 2017 at 20:55

    Bel article, te lire me ramène 10 ans en arrière !

    PS : tu n’as pas trouvé une photo en sortant ton vinyle ?

    • Envoyer Isa 8 mars 2017 at 21:08

      Non… Vous n’avez pas osé profaner ainsi Neon Bible !!!

  • Envoyer Mitchka 9 mars 2017 at 13:58

    bon alors on va se fâcher direct, je le sais, je le sens …. je n’ai jamais écoute Arcade Fire. Mon cousin québécois a débarqué chez nous, à Toulouse, en 2007 (!!) avec Arcade Fire dans son sac à dos. Jac a accroché, moi pas. Mais j’ai la musique difficile, je l’avoue. Rien ne fait plus de bien que le silence. Si toi, c’est cet album qui accompagne ta vie, moi c’est le silence. Bon, c’est un peu flippant, dis comme ça, alors je ne développe pas ! En te souhaitant de belles écoutes les 10, 20, 30, 40, etc. prochaines années.

    • Envoyer Isa 9 mars 2017 at 14:00

      Ne t’inquiète pas, j’ai passé le stade où je suis contrariée parce que l’on aime pas la même musique que moi (personne n’a jamais compris le génie de Steven Waring quand j’avais 8 ans !) :-D
      Il n’y a rien que je n’aime plus que le silence, donc je te comprends tout à fait. Mais la musique prend une grande partie de ma vie ! Je ne dirais pas que cet album accompagne ma vie (avant il y a quelques jours, je ne l’avais pas écouté depuis quelques années, d’ailleurs), mais il y a de ces morceaux, dès qu’on les entend, qui nous rappellent un instant précis, une sensation précise, et qui nous ramènent en arrière…

  • Envoyer Mat 26 mars 2017 at 14:13

    Non mais je rêve ! Arcade Fire, déjà… Et là Steve (sans n) Waring ! Tu ressuscites un de mes héros personnels. Les grenouilles ont bercé mon enfance, et je suis toujours fan 40 ans plus tard :)
    Quant à Arcade Fire, j’ai pleuré à leurs concerts ! Je me souviens de la foule à l’unisson sur wake up, du public déguisé pour la tournée Reflektor, de leur retour sur scène 40 minutes après la fin, pour chanter une dernière petite chanson à capella comme ça, pour faire plaisir à leur public…
    Beau texte by the way ! Et bon anniversaire et joyeuse trentaine ! Tu verras, c’est juste un chiffre :)

    • Envoyer isa 3 avril 2017 at 10:19

      Ahah ! Moi c’est la baleine bleue, mon héroïne…
      C’est vrai qu’ils ont (avaient, en ce qui me concerne) un pouvoir de communion… Je les revois cet été, on verra ce que ça donne !
      Oh, 30 ans, je les sens bien, vraiment !

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