Etats d'âme, Etats-Unis, Voyager en train

Mon plus beau voyage ? Le California Zephyr !

Je vous ai parlé du California Zephyr, en long, en large, et en travers.

Mais je ne résiste pas du tout à l’envie de me replonger dans mes photos floues et pâlottes (à cause de la vitre du train). Photos que je n’ai jamais publiées jusqu’à aujourd’hui, étant donné qu’elles sont… ratées, justement. Finalement, je les redécouvre. Le tain de la vitre m’offre des rendus étonnants, les couleurs sont étranges et finalement… Je crois que j’aime bien cette série ! Si vous voulez voir une vidéo et tous les conseils de voyage, c’est sur cet article : A bord du California Zephyr, et le chemin inverse, vers l’est : Le chemin de l’est.

Ce trajet avec le California Zephyr est arrivé par hasard. Il n’était pas du tout planifié. Un trop plein d’angoisse m’a laissé paralysée et je ne pouvais plus conduire. C’est donc sur les rails que j’ai continué ce tour des Etats-Unis de 4 mois. Après avoir découvert le South avec le Silver Meteor et passé 10 jours dans le Midwest, l’Utah m’appelait. Je n’avais jamais entendu parlé du Zephyr avant. Il me semblait juste être le moyen le plus simple pour rejoindre Salt Lake City, ma terre promise.

Je n’en attendais rien, sinon plusieurs dizaines d’heures de train, à m’ennuyer un peu, à papoter un peu. J’avais tout prévu : mes provisions de fruits et légumes, mes couvertures et mes chaussettes chaudes. Je n’avais pas prévu de passer les moments les plus marquants de mon voyage, si ce n’est de ma vie de voyageuse. Voyager lentement, très lentement, parfois pas à plus de 30 km par heure. Gravir des montagnes, traverser des plaines et des rivières. Les couleurs, les lumières, les cieux immenses. Les déserts, enfin… L’angoisse s’envole, je suis chez moi.

Se réveiller à Denver : la traversée des Rocheuses

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L’aube peu après Denver, avant l’ascension des Rocheuses

Par la fenêtre, les forêts de pin commencent à apparaître

Par la fenêtre, les forêts de pin commencent à apparaître

Il est d'ailleurs trop tentant d'ouvrir la fenêtre pour en sentir l'odeur !

Il est d’ailleurs trop tentant d’ouvrir la fenêtre pour en sentir l’odeur !

Lacet après lacet, le paysage devient de plus en plus ouvert...

Lacet après lacet, le paysage devient de plus en plus ouvert…

A l'intérieur ? Pas grand monde. Le wagon panoramique est plein. Tout les passagers sont subjugués par la beauté du paysage.

A l’intérieur ? Pas grand monde. Le wagon panoramique est plein. Tout les passagers sont subjugués par la beauté du paysage.

Longer rivières et torrents... C'est le Colorado ?

Longer rivières et torrents… C’est le Colorado ?

I know a place... where no cars go...!

I know a place… where no cars go…!

Le long d'une vallée... Et là, j'en suis sûre, c'est le Colorado.

Le long d’une vallée… Et là, j’en suis sûre, c’est le Colorado.

Le reflet de la vitre donne au paysage une impression étrange...

Le reflet de la vitre donne au paysage une lumière étrange…

Un train par jour, c'est l'événement pour les kayakistes ! J'ai vu des saluts enthousiastes, mais aussi des paires de fesses.

Un train par jour, c’est l’événement pour les kayakistes ! J’ai vu des saluts enthousiastes, mais aussi des paires de fesses.

Les paysages s'enchaînent, se ressemblent, mais ne lassent pas. Petit à petit, ils deviennent plus désertiques...

Les paysages s’enchaînent, se ressemblent, mais ne lassent pas. Petit à petit, ils deviennent plus désertiques…

L’Utah, enfin, sous la lumière déclinante

Paysages familiers et tant aimés : l'Utah arrive, l'Utah est tout proche, enfin.

Paysages familiers et tant aimés : l’Utah arrive, l’Utah est tout proche, enfin.

Le fleuve devient boueux, les amateurs de kayak sont moins nombreux. Le soleil commence à décliner...

Le fleuve devient boueux, les amateurs de kayak sont moins nombreux. Le soleil commence à décliner…

Partagée entre l'impatience d'arriver à Salt Lake et la volonté de profiter de chaque minute de cette lumière unique...

Partagée entre l’impatience d’arriver à Salt Lake et la volonté de profiter de chaque minute de cette lumière unique…

Plus de canyons, plus d'eau, le désert devient plat et extrêmement aride. Il ne me reste plus que quelques minutes de soleil pour absorber le paysage.

Plus de canyons, plus d’eau, le désert devient plat et extrêmement aride. Il ne me reste plus que quelques minutes de soleil pour absorber le paysage.

La nuit tombe extrêmement vite, Salt Lake City arrive. Le train entre en gare après minuit. Je descend du California Zephyr, soulagée de ne plus entendre le bruit assourdissant du train sur les voies, avec l’impression que je suis toujours en mouvement. Il me faudra une bonne nuit de repos pour faire la transition et enfin retourner « sur terre ». Ébahie par tant de beauté concentrée en si peu de temps, je me concentre tout de même sur mon itinéraire du lendemain, cette fois-ci en voiture. Je pars pour un mois sur les routes d’Utah !

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4 Commentaires

  • Envoyer Zhu 8 mars 2016 at 04:19

    Je comprends pourquoi à première vue tu les avais jugées « ratées », mais je les trouve au contraire pleines de charme, comme bien des photos qui racontent une histoire. Heureusement que tu les as gardées! Moi je vois (non, pas la paire de fesses…) la vitesse du train, le côté un peu stérile du wagon, les grands espaces qui s’étalent, les tons filtrés par la fenêtre qu’on imagine un peu plus vifs…

    Des clichés qui racontent une histoire valent mieux qu’une image techniquement parfaite genre « stock picture » ;-)

    (Pis attends, elles sont pas ratées, hein… y’a raté et raté :lol:)

    • Envoyer Isa 8 mars 2016 at 10:34

      Je suis tout à fait d’accord avec toi !
      En plus, j’ai tendance à supprimer très vite les photos de mes cartes SD (histoire de faire de la place quand tu es en long road trip…), et je me demande si j’ai pas supprimé quelques perles par la même.
      Avec cette série là, j’ai la même impression que toi, finalement, on sent bien le voyage en train là dessous… :)

  • Envoyer mitchka 10 mars 2016 at 14:33

    Moi j’aime bien les photos « ratées  »
    Plus sérieusement je pars de l’idée qu’une photo est faite pour se remémorer un moment donc il est impossible de les rater ! Après certaines sont plus belles que d’autres mais les plus jolies ne sont pas forcément celles qui parlent le plus à son auteur. Bref tu as bien fait de partager ces « ratées »

    • Envoyer Isa 10 mars 2016 at 16:24

      Tout à fait d’accord avec toi ! J’ai tendance à en mettre énormément de côté, puis les redécouvrir des années plus tard… C’est chouette, aussi !

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