Etats d'âme

Pourquoi je voyage ?

Pourquoi est-ce que le voyage est ma passion ? Pourquoi est-ce que j’en ai réellement besoin ?

J’ai attrapé le goût du voyage très tôt, en étant enfant. J’ai grandi avec un pied en Espagne. J’avais déjà une double-culture, ce qui me paraissait naturel alors. Aujourd’hui, je me rends bien compte que ma cuisine est méditerrannéenne, mon rythme biologique aussi. J’ai hérité une partie de ma curiosité de cette richesse. Mes parents étaient, à leur façon, de grands voyageurs, avides de découvertes et de randonnées. Leur terrain de prédilection ? La France. J’ai ainsi eu la chance de parcourir de nombreux massifs montagneux, de nombreuses côtes et forêts.
Très tôt, mes lectures m’ont poussées vers la découverte de l’ailleurs, surtout de l’ouest américain, d’ailleurs. Je lisais également énormément de romans scandinaves, bien que je n’aie jamais envisagé ces destinations en devenant adulte.

Je pense que ma seule véritable passion est le voyage. J’adore lire et j’adore écouter de la musique mais… il n’y a rien qui me fait autant vibrer que le voyage. Je sais que mes yeux s’illuminent lorsque l’on me parle d’ouest américain, de voyage en train, de rando itinérante quelque part. J’ai dû mal à me contenir et à ne pas être saoûlante, d’ailleurs. La passion du voyage m’accompagne partout, quand je me balade à Lyon, quand je regarde des documentaires sur Arte, quand je feuillette des bouquins dans une librairie… C’est réellement une passion encombrante.

J’ai véritablement pris l’ampleur de ce que le voyage m’apportait après avoir passé 7 mois à Montréal. Ce temps court, à l’échelle de ma vie, m’a marquée en tous points. Elle m’a changée, a changé ma façon de voir la vie et m’a aidé à établir une échelle de valeur. J’ai aussi pris confiance en moi. Paradoxalement, à l’époque, voyager ne me faisait pas peur du tout, je n’avais aucune appréhension. J’aurais pu partir n’importe où avec mon sac à dos.
Aujourd’hui, je dois me battre contre les crises d’angoisse et l’anxiété. Voyager, c’est difficile, pour moi. Et pourtant je le fais, je me force à le faire. Si je suis partie toute seule en Amérique du Nord, en 2014, c’était à bien des prix. Cela a été extrêmement difficile pour moi, et je ne pense pas renouveler l’expérience immédiatement.

Cependant, ce que cela m’a apporté est incommensurable. J’ai appris à gérer des crises d’angoisses seule, loin de ceux que j’aime et qui peuvent me réconforter. J’ai appris à n’avoir personne sur qui me reposer. Sur la blogosphère, tout n’a l’air que licornes dorées et arcs-en-ciel : les voyageurs rencontrent peu souvent de difficultés personnelles, ils voyagent, ils aiment ça, et puis c’est tout. Je me conforme moi aussi à cette image que je veux donner, aussi parce que je suis pudique, en ligne comme dans la vie de tous les jours. Mais depuis quelques années, l’anxiété est tellement liée au voyage, pour moi, que je veux montrer que l’on peut faire l’un en vivant avec l’autre !

Je ne sais pas si ce voyage m’a rendue plus forte, j’ai l’impression qu’au contraire elle m’a montré ma vulnérabilité. Et pourtant… Pour rien au monde je n’arrêterai de voyager, même si cela me rend malade et si je dois me faire violence à chaque fois. Reprendre confiance en moi est essentiel. Je privilégie pour cela les voyages en France, qui me comblent autant que des destinations plus exotiques : j’ai tant à découvrir et à redécouvrir au coin de ma rue !

« Sortir de sa zone de confort », l’expression que l’on en peut plus d’entendre. Contre toute attente, je ne voyage pas pour me « dépasser ».  Alors… pourquoi je voyage ? Je crois que je voyage uniquement parce que je suis irrattrapable : je suis trop curieuse. Curieuse des goûts, des odeurs, des paysages et des visages que je ne connais pas.

PS : Cette (magnifique) image d’illustration faite sur paint est la seule chose qui me venait en tête pour illustrer cet article. Admirez l’artiste !

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5 Commentaires

  • Envoyer HolyJoe 7 janvier 2016 at 19:38

    Déjà, bonne année Isa :)
    Je répond à ton message car je me reconnais dans une partie de ce que tu dis, l’angoisse du voyage (à mon échelle évidemment, n’ayant fait aucun périple comme toi).
    Du coup sachant ce que tu peux ressentir, j’admire ton courage pour l’affronter et la dépasser. Pour ma part je n’aurai pas réussi à passer outre, et cela m’aura fait perdre beaucoup de choses, et notamment d’être incompris.
    Encore une fois, bravo d’en parler, et de l’affronter :) Je suis persuadé que tu arriveras à reprendre confiance en toi, je te le souhaite de tout coeur!

  • Envoyer BlogVoyages 10 janvier 2016 at 14:06

    Bel article. Je viens de découvrir ton blog, je ne le connaissais pas. Très sympa.
    Bravo pour la photo de couverture, Un chef d’oeuvre ;)
    Bon voyage :)

    • Envoyer isa 10 janvier 2016 at 16:37

      Merci pour ton commentaire, et bienvenue !
      Je suis effectivement une grande artiste paint qui s’ignorait ;)

  • Envoyer Emmanuel 16 avril 2016 at 22:03

    Cet article fait curieusement écho au mien que j’ai publié récemment (dont tu es intervenue) et un autre publié en novembre (l’héritage et les influences du voyageur) mais le tien est plus ancien et je ne pouvais pas l’avoir lu car j’étais perdu au fin fond de l’Afrique.

    Je suis moi aussi un anxieux chronique mais le plus curieux de tout cela, c’est que ça s’estompe complètement en voyage. Tout ce qui peut arriver m’est complètement égal comme si cela faisait partie d’une vie parallèle que celle « quotidienne ». Je pense que cela vient du fait que je ne suis pas « adapté » à ce que nous impose la société et donc ma reconversion actuelle est censé me redonner plus d’autonomie et de liberté, enfin c’est ce que je cherche.

    Le retour de mon grand voyage a été méga-difficile (et j’en porte encore les séquelles aujourd’hui) et ce que tu dis « les voyageurs rencontrent peu souvent de difficultés personnelles, ils voyagent, ils aiment ça, et puis c’est tout. » va sans doute m’inciter à livrer mes pensées à ce sujet :)
    On prépare souvent un grand voyage mais pas le retour, qui reste un grand trou noir !

    Bien écrit en tout cas :)

    • Envoyer isa 18 avril 2016 at 09:37

      Merci pour ton commentaire, Emmanuel. On en a parlé plus longuement ailleurs, donc je ne ferai pas un roman, mais c’est bon de lire ce genre de choses, loin des témoignages lissés (dont je comprends l’intérêt !)

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