Etats d'âme, Utah

Utah et mormonisme : qu’est-ce que j’en pense ?

C’est un sujet tellement vaste, complexe et glissant, que j’ai toujours évité de l’aborder sur le blog.

Jusqu’à aujourd’hui ! Je me suis dit qu’après tout, j’ai toujours parlé de mes voyages et découvertes avec un ton libre, sans compromis. Et bien même pour parler de religion, je vais continuer dans la même lancée.

Mormonisme, késako ?

L’Amérique est religieuse, l’Amérique est pratiquante, je ne reviendrai pas dessus car c’est une différence culturelle énorme, que vous remarquerez de partout dans le pays, et pas seulement en Utah. Je ne pense pas que cela soit une bonne chose, tant la séparation de l’Église et de l’État n’est pas entamée aux USA, et tant l’Église est puissante (ou plutôt LES Églises).
Passons donc à l’Église mormone, ou pour faire politiquement correct, l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours (Latter-days Saint Church, abrégée en LDS Church).

Amishes ≠ Mormons

Souvent, les Français confondent Amishes et Mormons et imaginent les Mormons vivre dans la Nature, parés de vêtements traditionnels, utiliser des buggies (voitures tractées par des chevaux). Et bien non, cette description correspond aux Amishes, qui vivent un peu partout aux États-Unis mais dont la population est plus dense sur la côte Est, en Pennsylvanie, notamment.
Les Mormons occupent des jobs « habituels », se vêtissent à l’occidentale et vivent leur vie pieuse au sein de la société. C’est le cas de la grande majorité des mormons américains et occidentaux, sauf bien-sûr les fondamentalistes vivant dans les compounds dont je parle plus bas.

En quoi croient les Mormons ?

Je ne suis pas une spécialiste d’Histoire religieuse, de doctrine ou de théologie. Je trouve toujours que l’épisode de South Park intitulé Tout sur les Mormons est le meilleur moyen de comprendre (c’est dire le niveau !) Je vous laisse donc lire attentivement l’article Wikipedia sur la théologie du mormonisme. Joseph Smith est le prophète de la religion mormone, et l’auteur du livre saint The Book of Mormon. Rapide biographie du monsieur :

À partir de 1820, à 14 ans, il aurait été témoin d’une série de manifestations spirituelles, telle que la Première Vision. En 1830, Joseph Smith publie le Livre de Mormon, qu’il affirme être la traduction d’un récit ancien gravé sur des plaques d’or qu’un ange lui aurait confiées. La même année, il fonde l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours qui, selon lui, serait le rétablissement de l’Église originelle de Jésus-Christ et dont il devient le premier président.

Wikipedia

Ses fidèles sont de plus en plus nombreux, en particulier dans le Midwest, et sont rapidement persécutés. Après l’assassinat de Smith, Brigham Young prend la relève et guide les pionniers mormons vers la terre promise, loin des exterminations, par delà les montagnes Rocheuses. L’Utah. Le désert du Grand Lac Salé : Salt Lake City émerge au cœur de la terre promise.

La première chose que l’on pense en entendant le mot « mormon » est bien-sûr la polygamie. Si l’Église officielle a essayé de le réfuter, Joseph Smith comme Brigham Young étaient polygames. C’est seulement en 2014 que les dignitaires de la LDS Church ont reconnu que Smith avait au moins 40 épouses, certaines n’étant pas plus âgées que 14 ans. À la parution d’un autre article pourtant, certains membres de la LDS Church tombent des nues en l’apprenant. C’est dire si la censure, au sein des cercles initiés, a été bien menée :

Why the heck have I not known this? These women have become like ghosts in our history, and we don’t teach or talk about their lives.New York Times

Aujourd’hui, la polygamie est interdite au sein de l’Église (comprendre qu’il n’est pas possible d’épouser religieusement plus d’une femme à la fois), cependant, elle est encore présente dans certaines familles ou certaines communautés plus larges. Officiellement, les personnes pratiquant la polygamie ne peuvent pas prétendre faire partie de la LDS Church.

Deux articles intéressants :

L’Histoire de l’Utah intrinsèquement liée au mormonisme

En tant que géographe, ce qui m’intéresse particulièrement n’est pas la théologie mormone, mais l’Histoire du peuplement liée à celle des pionniers mormons.

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« LDS1846-1869 » by Arkyan – Licensed under CC BY-SA 3.0 via Commons 

De nos jours, vivre dans les déserts des hauts plateaux est toujours un défi. Systèmes d’irrigation, routes, fermes et écoles… à l’époque, tout était à construire. Les conditions de vie étaient extrêmement difficiles, et c’est un vrai challenge (divin, non ?) que la communauté mormone, soudée, organisée et pieuse, a relevé.
Le Salt Lake City de nos jours est toujours fortement imprégnée de la rigueur mormone. L’État dont le slogan est le Beehive State (l’État de la ruche, les abeilles étant travailleuses, dociles et organisées), ne l’est pas pour rien :

Plusieurs années plus tard, Jean Rio Griffiths Baker, une convertie d’Angleterre, écrivit ce qu’elle éprouva quand elle contempla Salt Lake City pour la première fois. « La ville… est disposée en carrés ou en blocs, comme on les appelle ici; chacun contient quatre hectares et est divisé en huit lots, dont chacun a une maison. Je restai là à regarder. Il m’est difficile d’analyser mes sentiments, mais je pense que les principaux étaient la joie et la reconnaissance pour la protection qui nous avait été accordée à moi et aux miens pendant notre long et dangereux voyage2. »Wikipedia, évidemment

Après l’installation à Salt Lake, la colonisation continue, tout d’abord dans le Sud de l’Utah, puis vers d’autres horizons (Arizona, Nevada et Nouveau-Mexique). Il n’aura fallu qu’une grosse dizaine d’années pour que le territoire du Southwest soit parsemé de colonies mormones.

Un bel exemple d’une ancienne communauté pionnière à Capitol Reef National Park

Fruita est aujourd’hui un des symboles des capacités d’adaptation des pionniers mormons. Située aujourd’hui au sein du parc national de Capitol Reef, Fruita est la relique d’un village mormon construit dans une des zones les plus reculées (encore aujourd’hui), des États-Unis continentaux. Les conditions de vie étaient extrêmes, et les routes pour accéder à cet oasis au milieu du désert étaient impraticables. Mais pour suivre les préceptes de l’Église, c’est-à-dire la polygamie, il fallait vivre caché. Pour en savoir plus sur Fruita, vous pouvez lire mon article Capitol Reef National Park et son héritage mormon.

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Un atelier, laissé en l’état, d’un pionnier mormon à Fruita, Capitol Reef National Park

C’est aujourd’hui encore, en Utah, que la communauté mormone est la plus nombreuse par rapport au nombre total d’habitants.

Et sur place, comment ça se ressent ?

De villages en villages

En arrivant en Utah, on n’a pas forcément un contact direct avec la population. Tout dépend de la façon de voyager du visiteur. En ce qui me concerne, il se trouve que j’ai des amis (non-mormons : il y en a là-bas mais peu !) qui me sont très chers, aux portes de Zion. Par eux, j’ai été amenée à côtoyer des locaux, souvent mormons, plus ou moins pratiquants. À part les familles extrêmement nombreuses, on ne distingue vraiment pas de différences par rapport aux autres Américains : les Utah-iens sont chaleureux à partir du moment où on vous présente à eux, curieux de savoir d’où vous venez… Bref, les small talks habituels.

Les gens sont résolument sympas et accueillants. Parfois, cependant, j’ai senti trop d’insistance pour m’héberger gratuitement (ce qui est certes adorable), pour me faire découvrir des endroits, pour me présenter à leur groupe d’amis… Méfiance. La dame qui souhaitait m’inviter m’a d’ailleurs demandé, cash, si je croyais en Dieu. Si j’y avais été, on ne m’aurait sûrement pas sautée dessus ni kidnappée, cependant, je me demande combien de temps j’aurais attendu avant d’avoir droit aux préceptes mormons.

La plupart du temps, on vous foutra juste la paix, et vous rencontrerez des gens intéressants et chaleureux, guidés par l’envie de bien faire. Ça me va.

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Temple de St.George, que l’on ne peut pas visiter si l’on est pas Mormon

Lorsque l’on traverse bon nombre de villages d’Utah, il n’y a souvent que deux églises : l’église évangéliste (yikes) ou l’église mormone (yikes). Parfois seulement la dernière. C’est dire la place de cette religion dans l’État. Le dimanche, toute la ville est endimanchée pour la messe, les ruelles sont désertes, jusqu’au repas de midi, souvent passé dans le joint local. J’ai ce souvenir très vif de Torrey en octobre, où j’avais l’impression de errer dans la rue comme dans un film de zombie…
Si vous fréquentez les lieux publics, il est courant de croiser des familles extrêmement nombreuses (7 enfants et plus) parfois de la même mère… parfois pas.

Il est intéressant de noter que la toponymie est bien-sûr très religieuse, en particulier mormone. Rien qu’à Zion National Park (autrefois nommé Mukuntuweap National Monument, nom approximatif paiute effacé par le lobbying mormon, évidemment) , le nombre de noms de lieux pieux est impressionnant : Kolob, Court of the Patriarchs, Angels Landing, the Great White Throne, Tabernacle Dome, The West Temple… J’en passe et des meilleurs !

Sur les lieux saints à Salt Lake City

À Salt Lake City, je m’attendais à ce que les fidèles se jettent sur moi pour me « vendre » leur religion. Que nenni, ils sont bien plus malins que ça et présentent les lieux saints comme des lieux touristiques, destinés aux curieux. C’est ainsi que j’ai pu monter dans le Joseph Smith Memorial Building sans me faire alpaguer, et écouter l’Histoire du bâtiment dispensée par des guides, seulement si je le sollicitais.

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Jésus revient, et marche sur l’eau à Salt Lake City

Il ne fallait tout de même pas aller bien loin pour croiser à nouveau des missionnaires donnant la bonne parole à qui le voulait bien, dans les jardins mêmes du lieu.

Les compounds

Les compounds sont des communautés fermées de mormons fondamentaux. Polygamie, violence, pédophilie, jeunes mormons homosexuels ou jugés « turbulents » abandonnés dans la rue… Les compounds font parler d’eux. J’avais déjà abordé le sujet dans mon article sur Les petites villes de l’Utah : à qui ouvre bien les yeux, ces compounds ne sont pas bien loin des lieux touristiques. Colorado City est de loin le lieu qui m’avait le plus choquée.

Un témoignage poignant

Mon amie de Springdale m’a un jour raconté une histoire qui m’a tellement bouleversée que j’ai à cœur de la rapporter. À l’époque, elle était conductrice de la navette de bus à l’intérieur du parc national. Une jeune femme, entre 14 et 16 ans, est venue s’asseoir près d’elle. Pendant la demi-heure qu’elles ont partagé, mon amie lui a demandé : « Que veux-tu faire de ta vie ? ». Ce à quoi la jeune femme a répondu : partir. Elle venait d’une communauté mormone très stricte, presque un compound, à quelques dizaines de kilomètres de Zion. Mon amie lui a répondu de suivre ses rêves, ses pressentiments, et de partir, même si cela était incroyablement douloureux.
Des années après, mon amie racontait cette histoire à l’une de ses collègues (dans une galerie d’art, toujours à Springdale). Sa jeune collège se met soudain à pleurer : c’était elle, la jeune femme du bus ! Elle était partie, était venue s’installer seule à Springdale, dès sa majorité. Elle avait quitté sa famille pour suivre son chemin, certes pas très loin, mais elle l’avait fait. C’est une histoire comme on n’en croise habituellement que dans les films hollywoodiens, mais elle témoigne souvent de la détresse de jeunes enfermés dans un mode de vie étriqué.

Ma relation avec la religion mormonne

Le mormonisme est-il est une religion ? Oui. Le mormonisme est-il est une religion plus farfelue qu’une autre ? Je ne pense pas. Une religion plus stricte qu’une autre ? Je ne sais pas. Ce qui m’est réellement insupportable, c’est le prosélytisme intrinsèque à cette religion. Combien de fois de jeunes missionnaires, à Salt Lake ou à Lyon, m’ont sauté dessus pour me parler de leur religion trop cool ? J’ai dû bloquer sur Twitter un usager qui me harcelait dès que j’utilisais le mot-dièse #mormon pour raconter mes péripéties en Utah. Il espérait me ramener vers la voie de la sagesse, vers les Écritures.
Dans le contexte américain, la LDS Church aussi bien que les Évangélistes et bien d’autres encore tirent l’Amérique vers le bas, vers un conservatisme crasse, raciste, sexiste et homophobe. Je n’ai aucun problème avec le conservatisme religieux, cela ne me touche pas puisque je m’en tiens bien loin. Mais à partir du moment où la puissance politique de l’Église n’est plus anecdotique, comme elle l’est aux USA, il y a danger. Et tout comme les Évangélistes, la puissance politique de la LDS Church n’est pas anecdotique (parce que bon, sinon, ils font bien ce qu’ils veulent dans leur coin…). En outre, il est extrêmement difficile de quitter la LDS Church…

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Panneau de morale, photographié dans le musée du temple de St. George

La LDS Church est particulièrement active politiquement : Mormons Sharpen Stand Against Same-Sex Marriage ou New Policy on Gay Couples and Their Children Roils Mormon Church. Aimez vous les uns les autres, qu’ils disaient…

Après avoir lu ces lignes, vous vous doutez que je ne fais pas faire mon coming-out mormon. Cependant, je m’intéresse toujours à l’Histoire de la religion mormone et à l’Histoire des pionniers, qui est unique aux États-Unis. En bref, la pression religieuse me gonfle, l’Histoire religieuse me fascine. Il n’y a aucune raison de boycotter l’Utah pour cette raison, et personne ne va vous mettre en charpie parce que vous êtes athée ou d’une autre confession ! Je sais que mes lignes révèlent beaucoup de jugement et d’agacement, chose que je déteste pourtant. À vrai dire, les agresseurs les plus persistants en Utah n’ont pas été les Mormons, mais plutôt les coyotes !
Blague mise à part, allez en Utah, vous allez passer un bon moment et ne le regretterez pas.

Pour aller plus loin

No Man Knows My History: The Life of Joseph Smith (Fawn McKay Brodie)
C’est à ma connaissance l’une des rares biographies de Joseph Smith qui ne soit pas religieuse : c’est un ouvrage historique, encore acclamé aujourd’hui par les chercheurs. Elle est rudement bien écrite mais n’a pas été traduite en français.

Mormon Country (Wallace Stegner)
Wallace Stegner est l’un de mes auteurs préférés. Il est surtout reconnu pour ses romains ou essais sur l’Utah et l’Ouest Américain et possède une magnifique plume… Mormon Country est un peu différent du reste de son oeuvre : c’est un ouvrage qui se veut historique (mais dont les historiens dise qu’il est largement romanesque) et qui raconte l’exode mormone vers l’ouest, ainsi que le mode de vie communautaire des pionniers. C’est à mon avis un bijou.

Red Rock Eden: The Story of Fruita (George E. Davidson)
Un bouquin historique solidement recherché sur les familles pionnières mormones du canyon de Fruita, à Capitol Reef National Park.

Big Love (HBO)
Big Love est évidemment une fiction, sur une famille mormone polygame contemporaine, installée en banlieue de Salt Lake City. Encore une fois HBO met la barre haut : l’intelligence, la finesse et la beauté de cette série la rend résolument féministe (eh oui, il faut le faire, n’est-ce pas ?). A voir, que l’on ait ou non des affinités avec l’Utah et son Histoire. La problématique des compounds est bien narrée.

South Park : Tout sur les mormons (S7E12)
D’une grande drôlerie, l’épisode tourne en dérision la religion mormone (avec des chansons incroyables !) mais l’analyse mené par South Park est bien plus fine qu’il n’y parait.

La dernière piste (Meek’s Cutoff) de Kelly Reichardt
Ce film ne raconte pas l’exil mormon en particulier, mais l’Histoire de pionniers perdus au beau milieu du désert, cherchant désespéremment une source d’eau leur permettant de continuer leur voyage. Immensité et désolation.

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15 Commentaires

  • Envoyer Zhu 29 décembre 2015 at 03:55

    À chaque fois, je mélange les initiales, dans ma tête c’est et ça restera « LSD » :lol: Je tenais à le dire.

    Je te rejoins… sur tout. Comme toi, je suis souvent curieuse des religions, surtout d’un point de vue sociologique et culturel (athée, je me perds dans le fine print, ces différences entre les religions et les mouvements au sein des « three big religions »). Je ne supporte pas le prosélytisme, ça me fait hurler. Je suis aussi rapidement mal à l’aise quand les croyants parlent de Jésus (ou d’une autre figure, selon la religion) comme de leur pote. C’est bizarre pour moi.

    J’oscille tout le temps entre admiration/fascination de la foi (je trouve ça… beau, en fait) et dégoût/rejet d’une soit-disant rectitude morale imposée aux autres (cf. la position de beaucoup de religions sur l’homsexualité, la place de la femme, etc.) Mais j’ai la chance de cotoyer des croyants de tous bords très ouverts, donc j’ai mis de l’eau dans mon vin d’anar ;-)

    • Envoyer isa 3 janvier 2016 at 13:07

      Ahaha, bin tu sais, j’ai dû changer deux fois « LSD » en « LDS » dans le texte :D
      Je mets de l’eau dans mon vin à partir du moment où l’on empiète pas à la fois sur mes libertés individuelles mais aussi sur les droits humains (je veux bien parler de spiritualité, d’Histoire des religions, de Foi, mais je ne veux pas entendre parler des discours religieux moraux !)

  • Envoyer Kenza 30 décembre 2015 at 13:56

    J’ai lu ton article et puis je suis revenue le lire. C’est passionnant. J’ai un intérêt un peu étrange et inexplicable pour toutes ces religions différentes (une de mes meilleures amies est témoin de Jéhovah) et on avait parlé du mormonisme (?) un peu sur Twitter, je ne sais pas si tu t’en souviens. Merci de m’avoir appris plein de choses !

    • Envoyer isa 3 janvier 2016 at 13:01

      A vrai dire, puisque tu es là j’en profite : c’est après notre discussion sur Twitter que je me suis dit qu’il fallait que je mette tout ça à plat ! Donc je m’en souviens bien ! :)

  • Envoyer Kenza 30 décembre 2015 at 13:59

    Et du coup deux questions : tes amis, pourquoi habitent-ils en Utah ? et au niveau des études, comment ça se passe ? il doit y avoir des écoles mormons et peut-être des universités confessionnelles à Salt Lake City ?

    • Envoyer isa 3 janvier 2016 at 13:03

      Par un concours de circonstances, vraiment. L’un y avait trouvé un job d’été puis, subjugué par la beauté des lieux, y vit finalement depuis 25 ans et n’en est jamais reparti… L’autre (son épouse) était venue avec des amies pour faire de la rando dans le parc. Elle est tombée amoureuse (des lieux et de mon ami !) et est revenue s’installer définitivement quelques années plus tard, après avoir fini ses études. Etant artiste, c’est aussi un cadre très inspirant pour elle.
      Ils ont deux filles, qui sont passées par l’école primaire publique et qui sont aujourd’hui dans une école privée laïque.
      A Salt Lake il y a effectivement la très puissante Brigham Young University et aussi d’autres « colleges » confessionnels !

  • Envoyer JP 8 janvier 2016 at 09:58

    Hello Isa,
    Alors, la religion et moi, ça fait 12 et si je rentre dans une église, c’est que j’y suis obligé ou qu’il y a une croute immanquable à voir derrière l’autel. Sur les mormons, on n’a senti une véritable envie de prosélytisme qu’à Salt Lake. Cette ville me fait tout bonnement flipper. Trop propre, trop droit pour nous. On dirait Bienvenue à Gattaca avec plein de gens en costard avec la raie de côté.
    Comme je te le disais sur Twitter, c’est aussi l’absence d’animation dans cet état que je trouve fatal. Nous sommes allés cet été à Tuacahn, un amphi spectacle à Ivins et le responsable presse s’appelait Joseph Smith (tiens, tiens). Et il nous disait « Oh vous savez, ici, les gens, ce ne sont pas trop des night birds ». Tu m’étonnes coco ! Sans les touristes, l’Utah serait définitivement déclaré mort.
    En revanche, il y a un point positif avec les mormons. C’est qu’ils sont envoyés faire du prosélytisme en Europe ou ailleurs et ont donc un regard sur le monde. Ce que n’ont pas certains américains qui ne sont pas allés plus loin que leur station Conoco à l’entrée de la ville. Du coup, le Joseph Smith parlait un français parfait et nous avons parlé de Toulouse et de Périgueux ! Je ne sais pas si tu imagines, les Ricains ne connaissant que Paris, Burgundy et Provence d’habitude.
    Enfin, Colorado City. Non, en fait, je préfère pas en parler tellement cet endroit me glace le dos.
    Bonne journée ;-)

    • Envoyer isa 10 janvier 2016 at 11:04

      Pour revenir sur ce dont on avait parlé sur Twitter, c’est sûr que l’Utah ce n’est pas un Etat de teufeurs. Comme je te l’avais dit, la prohibition (ou presque) de l’alcool fait qu’il y a moins de lieux de réunions, moins de lieux privés où se rencontrer. Et comme de partout aux USA, il n’y a pas de lieux publics pour compenser.
      Salt Lake est effectivement une ville très étrange. Je la compare aux villes de l’est français : les gens sont tournés vers leur famille, et très peu vers l’extérieur.
      Personnellement, justement, en tant que touriste, ça me dérange pas du tout car je me lève tôt pour randonner héhé ;)

  • Envoyer Virginie 19 janvier 2016 at 20:57

    Post très sympa, merci pour ce voyage au pays des Mormons, et surtout merci pour toutes ces infos!

    Petite remarque sur le début de l’article : la séparation de l’Église et de l’État – font suer ces Anglais et ces Français avec leurs « majuscule vs pas-majuscule », du coup j’en mets partout :( -, bref, la séparation de l’Église et de l’État, l’omniprésence de la religion, c’est ça les États-Unis : un merveilleux paradoxe.

    Il ne faut tout de même pas oublier que la « Révolution » américaine s’est faite sous le signe des Lumières et que Thomas Jefferson, déiste, a légiféré sur cette séparation en Virginie dès 1779 reprenant ce qu’il avait déjà écrit dans la Déclaration d’Indépendance américaine, avant d’apparaître dans la Constitution.

    Et tiens pour le coup de « In God We Trust », cette devise, qui à l’époque n’en n’était pas une, est apparue sur les pièces de monnaie en pleine Guerre Civile (Guerre de Sécession) On peut facilement comprendre, dans ce contexte historique épouvantable, que cette décision de Lincoln (Déiste aussi, pour ne pas dire athée…mais venait de perdre un fils et 3 beaux frères qui se battaient pour le Sud) était plus humaine que politique.

    Sur ce, je retourne sur les traces de Tecumseh ;)

    • Envoyer isa 26 janvier 2016 at 11:41

      Paradoxe, oui, merveilleux… pas à mon avis !
      J’ai vraiment beaucoup de mal avec ça, d’autant plus que le lobbying est au cœur de la vie politique.

  • Envoyer Gégé 20 mai 2016 at 22:10

    Je sais que ça fait 5 mois que ton article date mais je suis tombée par hasard dessus et j’ai beaucoup aimé.
    Je me suis dit qu’en plus le point de vue d’une mormone lyonnaise t’intéresserait peut être ^^

    Personnellement je déteste les USA, (les paysages sont splendides oui mais je hais la mentalité des habitants), encore plus depuis que j’ai été convertie au mormonisme et que l’Utah est the place to be… De mon point de vue de bonne française, les mormons utahiens sont très sûrement atteints d’un syndrome de supériorité envers tout mormon non utahien ^^. Je me goure peut être mais j’ai jamais réussi à avoir envie de m’intéresser à eux.
    En outre, comme le siège de l’église mormone se trouve la bas, la doctrine est évidemment très marquée de culture locale, ce qui est très difficile à appliquer dans les autres pays. Par exemple pour les missionnaires américains, tout est aménagé pour qu’ils puissent reprendre leurs études et leur vie dans des conditions parfaites..
    En France c’est pas tout à fait pareil xD t’as beaucoup de portes qui se ferment et beaucoup d’études que tu ne peux plus faire si tu pars.
    Mais bref.
    J’ai beaucoup aimé ton approche historique, quand il a été révélé que Jo Smith avait eu plusieurs femmes ça ne m’a pas étonnée. Ce que je trouve dégoûtant par contre c’est d’avoir renié leur existence jusque-là. Les femmes ont toujours un rôle rabaissé dans la religion.
    Mais en tout cas c’est cool d’avoir lu ton récit, tu portes un jugement tout à fait objectif qui pour une fois change des jugements basés sur les reportages à la télé ;)
    Quant aux compounds.. Ces trucs dégueulasses, je me demande vraiment pourquoi les autorités légales ne font rien.. Tout le monde sait ce qu’il s’y passe, sait ou ils sont mais quoi? @.@

    Bref profite bien de tes voyages (:

    • Envoyer isa 23 mai 2016 at 09:38

      Je te remercie de ton long message, et bien sûr qu’il m’intéresse ! :)
      Je pense sincèrement qu’il y a autant de « mentalités » américaines que de régions américaines, avec bien sûr des points communs, mais le pays n’est tellement pas uniforme… J’ai toujours été extrêmement bien reçue. Bien sûr, il y a beaucoup de choses de l' »american way of life » qui me font hérisser le poil !

      Je m’en remets à toi, tu connais mieux la communauté mormone ! Mais ce que tu dis sur le complexe de supériorité ne m’étonne pas du tout. Pour la France, je te rassure, ce sera bientôt plus facile pour faire ta mission : il sera mis en place dans les années à venir une loi permettant d’encourager l’année de césure (pour faire ce que tu veux), et pouvoir réintégrer plus facilement ses études. Ca va venir ! Mais ces facilités sont plutôt liées au système éducatif américain qu’au système missionnaire mormon (à mon avis) :)
      En tant que féministe militante, c’est sûr que c’est incompatible avec une religion organisée, ou même la Foi que je pourrais avoir.
      Merci en tout cas et peut être à bientôt :)

  • Envoyer Jean Canada 27 juillet 2016 at 18:56

    Salut et merci pour tes conseils et suggestions de voyage.
    En tant que féministe peut-être apprécieras tu les éléments suivants:
    – la société de secours de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours créée en 1842 est la plus ancienne et la plus grande organisation de femmes au monde,
    – les femmes de notre Église sont parmi les rares femmes à pouvoir officier dans les Temples sous l’autorité de la prêtrise,
    – même si nous reconnaissons Dieu comme le père de notre esprit, nous sommes les seuls, à ma connaissance, à reconnaître également notre Mère Céleste comme mère de notre esprit. Et je ne parle pas de Marie, femme de Joseph, mère de Jésus. Je parle de l’épouse de Dieu. Et non, Dieu n’a pas fait ses enfants tout seul.
    Bonne continuation!

  • Envoyer Isabelle 2 mars 2017 at 22:31

    3 remarques à ton article très intéressant : il y a eu une scission au sein de l’église lsd. : l’autre branche est restée très traditionnelle et attirée. Autres choses les mormons ne boivent ni café ni the ni alcool: ce qui nous a valu de passer un 31 décembre entre Zion et Brice sans une goutte d’alcool. Enfin il y a aussi l’histoire passionnante des pionniers de bluff qui est raconté au fort de la même ville cf mon blog. J’oubliais la seconde capital mormone des us est à Independence Missouri non loin de chez moi : il y a un temple et plusieurs lieux de cultes. Ça a été une étape dans l’immigration vers l’Utah : de la partait le mormon Trail. On a visité Salt Lake City : j’ai adore la situation de la ville mais c’est vraiment très froid comme ville.

  • Envoyer L'Amérique du Montana à Salt Lake city | Du nord au sud & d'est en ouest 9 mars 2017 at 05:16

    […] On atteind petit à petit le nord de l’Utah. Nous décidons de faire une pause à Salt Lake city avant de gagner le sud de l’état. J’étais très curieuse de voir à quoi ressemble cette ville. Capitale du mormonisme (courant chrétien particulier) mais aussi ville olympique, elle attisait ma curiosité. Nous y sommes restées qu’une demi-journée. Peut-être un peu court pour se faire un idée précise de l’identité de la ville. Mais nous avons eu le temps de visiter la place des temples, centre religieux de la ville. Nous avons même rencontré une mormone française en mission ici avec sa collègue venant d’Alaska et  nous sommes allées écouter de l’orgue. Nous avons aussi visité une expo sur les initiatives actuelles des mormons dans le monde. En tant qu’organisation religieuse ils essaient de convaincre et discuter avec un maximum de gens. Par exemple si vous entrez un jour sur cette place des Temples vous serez forcément abordé par l’un de leur missionnaires. Et ils font entre autres des missions humanitaires un peu partout dans le monde. Ils ont aussi et surtout ont l’air en très bonne santé financière. Leur bâtiments sont propres et modernes. Leurs musées sont gratuits et ouvert à tous. Il savent donc bien diffuser leur message. Leur siège, un gratte-ciel blanc immaculé, non loin de la place des temples semble être un lieu secret de pouvoir et d’argent… Ce courant religieux parait en très bonne santé et en expansion avec des moyens à la hauteur de cette tour. Vous aviez peut-être remarqué aussi que certaines personnalités influentes dont un précédent candidat aux élections présidentielles américaines en font partie. Si nous avons cette impression de secte en tant que français, en arrivant dans le centre de Salt Lake city, le mormonisme est tout simplement au coeur de la ville. Au-delà de la fameuse place des templs ce courant religieux semble avoir marqué son empreinte sur la ville : tout est droit, propre, net. D’ailleurs au centre-ville tout converge vers la place des temples.Pour comprendre le mormonisme avec un avis similaire au mien : voici l’article super intéressant du blog Let’s go d’Isa. […]

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