Concerts/Musique

Arcade Fire au Théâtre Granada de Sherbrooke, acte 2

9 juin 2010

Comme prévu, le trajet de bus était bien looooong pour arriver dans cette magnifique ville de Sherbrooke (ironie, quand tu nous tiens) et nous sommes déjà bien fatigués après une journée de boulot. Comme prévu aussi, l’ambiance du second soir est beaucoup plus relax : pas de file d’attente pour rentrer dans la salle alors que nous arrivons bien plus tard que la veille. La salle est encore à moitié vide, ce qui nous suffit pour nous glisser encore une fois au premier rang, un peu plus au centre, du côté chevelu de Win. (pour ceux qui ont suivi la petite blague…)
Après une heure de reggae en fond sonore (quelle chance, quelle joie), le directeur du théâtre annonce enfin l’entrée imminente du groupe sur scène.
C’est Ready to Start qui entame la danse, ce qui me semble être un choix bien plus judicieux que le The Suburbs de la veille mais bon après tout, un concert de chauffe ça sert aussi à faire les mauvais choix… Bref, je m’éparpille déjà, mais j’avoue que ma nuit de 5h doit y être pour quelque chose. La batterie de la chanson annonce le ton : très sèche, très rythmée, comme j’ai l’impression que cela va être beaucoup le cas dans l’album… En bref, il n’y a pas meilleure chanson pour… commencer, ça tombe bien. 

Month of May prend la relève pour continuer à bien chauffer le public, contrairement au concert de la veille où le début du concert était finalement le ventre mou. Je n’avais pas aimé l’interprétation de Month of May hier mais je crois qu’ils commencent à vraiment la maîtriser, et prendre plus de plaisir à la jouer. Même si… elle est toujours un peu torchée à mon goût, elle mériterait encore plus de travail et même si l’énergie brute, surtout celle de Win, est incroyable sur cette chanson, ça ne m’a pas suffit. Je dis ça avec un peu de recul mais hier faut bien avouer que je secouais les cheveux comme les plus grands métalleux. Je tiens à le souligner, mais je crois que je n’avais jamais vu Tim sauter et sourire comme ça!
Les classiques reviennent : Arcade Fire entreprend de nous tuer en enchaînant avec No Cars Go, chanson qui compte beaucoup en live pour moi puisque c’est en quelque sorte l’hymne d’un endroit où je passe beaucoup de temps… J’ai vécu beaucoup de No Cars Go à ce jour mais celui là avait quelque chose de plus, il était plus énervé, plus rock, plus violent. Cette chanson évoque pour moi l’énergie du désespoir, et on était en plein dedans hier soir. Will commence à s’agiter peu à peu, Win devient également une boule de nerfs. Je l’ai rarement vu comme ça.
Et là se passe quelque chose d’extraordinaire quand les premières notes d’Haïti retentissent dans la salle. Régine prend le micro pour cette chanson finalement traditionnelle en concert mais ce soir, non, ce soir il y avait quelque chose en plus. Win était vraiment très ému, mais aussi violent, dans un sens. Régine a étrangement dédié la chanson à l’île… Je pense qu’ils sont encore très touchés par les récents évènements qui ont eu lieu là bas il y a quelques mois. C’était un Haïti désespéré, difficile, Win tourne le dos au public pendant quelques moments et menace encore d’éclater sa guitare contre le sol. Il s’est passé quelque chose de spécial pendant Haïti hier, même si je n’arrive pas tout à fait à mettre le doigt dessus. Tout le monde commence à suer sérieusement, sur scène et dans la fosse et j’avoue ne jamais avoir vu bouger une salle comme ça au Canada.
Je n’arrive pas à croire qu’ils osent enchaîner avec Rococo. A ce stade là du concert, tout le monde était déjà mort, et ils enchaînent avec ce qui est en train de devenir un nouvel hymne ArcadeFiresque. J’avais déjà eu un énorme coup de cœur la veille, enfin disons que j’avais les yeux écarquillés et j’étais incrédule qu’ils étaient capables de sortir une chanson comme ça. Je ne comprends pas comment c’est possible, et je suis toujours autant étonnée par eux. Bref, Rococo est incroyable. Je ne sais que dire d’autre, elle rentre parfaitement dans cet album-concept ayant pour thème les banlieues américaines. Avec Rococo, on est plongés en plein cœur de l’Amérique de Win, avec qui il a une relation ambigüe, la chanson me semble tellement pleine d’énergie brute, et encore cette espoir/désespoir qui revient. Richard, dépouillé de sa contrebasse pendant cette tournée, revient à la batterie au milieu de la chanson, rendant le son encore plus lourd et dense. Rococo est une chanson qui me hante, j’ai l’impression d’entendre ses chœurs toute la journée…
Il me semble que nous n’avions pas eu l’immense chance d’entendre City with no Children la veille, et c’est bien dommage! Dans un registre beaucoup plus léger et accessible, dirais-je, qui me fait penser à du rock plus classique à la Springsteen. La chanson est encore une fois très évocatrice de l’urbanité. Ce mot existe ou pas? Je pense au Texas en l’écoutant. Scored.
Inutile de présenter Tunnels, je pense. En un mot : épique. Même plus épique que d’habitude. Même mille fois plus épique que d’habitude. Où suis-je?
The Suburbs suit. L’ambiance redescend un peu pour moi et ça me permet de souffler un peu. Je dois admettre que même en n’appréciant pas tellement la chanson, elle était particulièrement réussie hier, et la voix de Win était vraiment au top. Je pense aussi qu’elle va beaucoup mûrir…
Suburban War juste ensuite. Je vois cette chanson un peu comme le pendant maléfique (!!) de The Suburbs. Suburbs est le jour, Suburban War est la nuit. Les paroles me semblent magnifiques. La chanson ne commence véritablement qu’au bout de 2 minutes, disons qu’elle change de visage pour devenir moins classique, plus intense…
Ça suffit, après les berceuses, on revient au rythme! We used to wait et son duo piano/batterie entêtant. Je ne crois pas me tromper en disant que c’est pendant cette chanson que Win est au piano, et qu’encore une fois il a balancé son tabouret à la fin… Je pense que celle ci va rapidement être une de mes préférées. Je ne sais pas de quoi elle parle, mais elle m’évoque la rébellion… « ouuuuuh used to wait… ouuuuuh used to wait… »
Les parents de Win et Will étaient dans la salle et nous avons pu croiser le papa : un grand (immense, remarque.. on aurait pu s’en douter) type avec de longs cheveux blancs. Très marrant…
La foule devient folle et Win nous lance son habituel « Are you guys comfortable out there? Let me know if you need something! » railleur. Le balcon se lève quand-même un peu mais la fosse est vraiment en furie, et ça fait vraiment plaisir… Je ne touche plus le sol jusqu’à la fin du concert (quoique ça devait déjà être le cas depuis Haïti…). J’ai omis de dire que nous étions en plein Power Out, et que comme la veille, et que comme très souvent, Win oublie les paroles et se fait emmerder par Régine à côté qui se moque de lui en lui les soufflant dans l’oreille… Je n’ai jamais vu Win aussi détendu, aussi souriant, aussi fou. Il a déjà très envie de sauter dans le public, il se rapproche de nous, se lance puis se retient. Les vigiles commencent à flipper un peu… Tim recommence à sauter (!!!), Sarah et Marika sont radieuses et dansent comme des folles. Génial.
Je ne pensais pas qu’ils referaient jamais la transition avec Rebellion. Je ne m’en lasserais jamais, jamais, jamais. C’était absolument magique, mais encore plus que d’habitude (je sais que je l’ai déjà dit mais faut que ça rentre!); l’ambiance est dans la même lignée, tout le monde criant les « Lies, Lies! ». Win se rapproche encore du bord… J’ai l’impression que la chanson a duré 10 minutes mais c’est bon, je recommence à avoir mon endurance habituelle, contrairement à la veille où la reprise sportive avait été un peu difficile.
Très surprise de revoir Intervention, d’autant plus qu’elle avait été loupée hier. Pourtant, c’est une version toute nouvelle qui nous vient, toute fraîche, toute épurée, et elle avait tout à fait sa place dans ce set. Intervention, c’est aussi comme un vieux pote qu’on aime toujours revoir…
Ca commence à sentir la fin de concert et c’est encore une nouvelle chanson, Modern Man qui résonne dans le théâtre très… rococo de Sherbrooke. Encore une belle mélodie et sûrement dans mon Top3…
Je ne me rappelle plus quand était le premier rappel mais ce Keep the car Running était franchement le meilleur de ma vie (c’est pour rester dans le thème épique). Je ne sais pas quoi dire. Win, cette fois s’est lancé dans le public, à quelques mètres de nous, pour s’enfuir par l’arrière. Tout le monde le cherche pendant 10 minutes, le groupe sort et rentre sur scène, Régine le cherche du regard et lui lance un très mignon « Mais Win, où es-tu, on l’a perdu! ». Il retrouve finalement le chemin de la scène, avec des vigiles encore un peu paniqués pour entamer le Wake Up qui nous tue tous, branché cette fois-ci, et toujours avec le théâtre entier qui chante comme pas possible, le sol en tremblait…

En résumé, c’était un concert exceptionnel, vous l’avez compris avec tout mon vocabulaire laudatif, mais je ne pensais sincèrement pas que n’importe quel concert au monde pourrait être meilleur que celui de Munich en novembre 2007, et pourtant. On a encore atteint un autre niveau d’interprétation, j’ai rarement vu le groupe d’aussi bonne humeur, et surtout aussi fort. J’avais eu une drôle d’impression la veille, mais cette fois j’ai surtout l’impression de les avoir retrouvé, encore plus parfait que là où je les ai laissé il y a 3 ans. J’ai un petit pincement au cœur, cependant… Je crois qu’à présent ils sont vraiment devenus grands, je ne dis pas qu’ils vont faire des stades un jour, mais je ne suis pas sûre de les revoir un jour dans une salle aussi petite. Continuons d’espérer…

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4 Commentaires

  • Répondre
    Isa
    9 juin 2010 at 18:07

    T'es mignon, va! :x
    (bon par contre, un cerveau pour deux… :)))

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    Lauraki
    9 juin 2010 at 20:06

    Pour le cerveau, c'est bien connu, les filles ont un cerveau pour deux dans le couple !
    Et alors, ce soir vous allez place Longueuil pour les voir ? Dommage, je reprends le boulot ce soir, sinon je serais bien venue !

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    Isa
    9 juin 2010 at 20:13

    Je me change et on est sur le départ!
    Ravie de te voir dans le coin, Laurette. A bientôt je l'espère ;;)

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    Lucile
    9 juin 2010 at 20:30

    vous êtes mignons tous les 2 :p

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