Europe

Ma découverte de l’Italie : j’ai embarqué pour Venise

23 mars 2015

J’ai honte. Je n’étais jamais allée en Italie (je pars du principe qu’une rando dans les Alpes où j’ai mis le pied en Italie ne compte pas), alors que la frontière n’est qu’à 200 km de Lyon !

Erreur de parcours réparée, cependant. L’Italie, de prime abord, n’a jamais été une priorité tant le tourisme là-bas n’est pas donné. J’ai cependant sauté sur l’occasion d’une promo hors-saison pour aller enfin goûter les saveurs italiennes. La première chose à savoir, c’est que ma carte SD a planté, et que je n’ai pu récupérer qu’une dizaine de mes belles photos de cette très belle ville. Cet article sera donc pauvrement illustré…

Découvrir Venise en janvier

Découvrir Venise hors-saison est à mon avis une excellente idée : j’ai adoré me promener dans les ruelles désertes du quartier juif. L’impression de solitude s’intensifie dès que la nuit tombe. On entend les clapotis des canaux, il y a peu de circulation fluviale, on aperçoit des silhouettes entrant en hâte chez elle pour se réchauffer…
Le soir, la brume tombe, les silhouettes deviennent plus fantomatiques. Il y a moins de touristes, tout est plus calme. J’ai adoré déambuler dans les rues vénitiennes, j’ai adoré n’avoir aucune idée d’où j’étais. On peut aller de cul de sac en cul de sac, il faudrait un fil d’Ariane pour se repérer… Mais c’est le charme principal de Venise, il faut lâcher prise. Après un hiver très difficile, j’en avais bien besoin.

venise-lagune

Le mois de janvier est le seul mois qui m’était accessible financièrement : c’est la saison creuse, entre les fêtes de Noël et le Carnaval, qui débute fin janvier-début février.
Le prix des logements est donc correct (60 euros la nuit, pour deux, pour un B&B), ce qui n’est clairement pas le cas tout au long de l’année. Venise sous le brouillard, ça a aussi son charme, même si les températures sont bien fraîches et la mer plutôt agitée.

Malheureusement, tout n’est pas parfait en janvier : c’est la saison creuse, donc la saison où les restaurateurs prennent leurs congés annuels ! Énormément de restos et glaciers étaient fermés, ce qui était très frustrant…

A l’eau !

A Venise, évidemment, l’eau à la part belle. Heureusement, pas d’agua alta à signaler pendant mon séjour, mais les flaques restent bien nombreuses dans tous les recoins du centre-ville… La ville se découvre depuis l’eau, et l’arrivée en bateau sur le Grand Canal, pour la toute première fois, a fait son petit effet. Le soleil se couchait et j’ai eu les larmes aux yeux tant j’ai trouvé Venise belle, ancienne, décatie.

venise-grandcanal

Il est également très sympa de faire la boucle totale avec la ligne 2, en partant de la pointe sud du quartier Dorsoduro et en s’arrêtant au niveau du Ghetto. On voit Venise de plus loin, on découvre aussi ses quartiers industriels (qui commencent à devenir à la mode, bien sûr), on voit les montagnes et l’horizon. Il n’y a plus beaucoup de touristes, et c’est un vrai bol d’air. Il faut compter une bonne quarantaine de minutes !

Pour encore plus de tranquillité : le « Ghetto di Venezia » !

Le « Ghetto » a été mon quartier préféré. Loin de l’agitation et des beaux palaces, le quartier juif a beaucoup de charme. On sent son passé ouvrier, les immeubles sont beaucoup plus modestes, les canaux sont moins spectaculaires. Il y a une vraie vie de quartier, ce n’est pas un « quartier-musée ». Même s’il n’est plus présent que par petites touches, on peut sentir l’héritage juif.
Sur la rive nord du Ghetto, la lagune se dévoile devant nos yeux. Par temps clair, on peut même apercevoir les montagnes enneigées…

Plus globalement, j’ai adoré le quartier du Cannaregio, ses rives Nord et sa rue « Nuova ».

venise-ghetto

Le quartier de Castello m’a fait penser à Cannaregio : populaire, vivant. Avec des « vrais » gens dedans ! Décidément, moi qui m’attendais à une ville-musée, et j’ai été contente de me tromper.

Hors-saison, le Lido était plutôt agréable. J’avais la nette sensation de me balader sur la Côte d’Azur ! L’architecture n’a pas un intérêt fou (si, justement, vous connaissez déjà la Côte d’Azur) mais l’île du Lido donne vraiment envie de vacances… Étonnant, aussi, de redécouvrir des voitures après quelques jours d’une ville 100 % bateaux !

Mais quelques petites déceptions…

Les spécialités vénitiennes sont tout de même très bonnes (petite friture, bon vin rouge léger, pas mal de produits de la mer) mais elles ne m’ont pas laissées un souvenir impérissable. En bonne chauvine, je pense qu’il n’y a que l’Italie (et le Japon) qui peuvent à mon avis concurrencer la France en terme d’excellence gastronomique à tous les coins de rues. Il faudra donc clairement que j’aille visiter la Toscane et l’Italie du Sud, car même s’il y a de bonnes adresses à Venise, j’ai l’impression qu’il y a moins de profusion de spécialités locales qu’ailleurs dans le pays.

Je n’ai pas eu le temps d’aller à Burano (et à vrai dire, c’est à Venise que j’ai découvert que j’avais le mal de mer…). C’est donc juste à proximité du centre-ville, à Murano, que j’ai posé pied. L’île n’a vraiment pas un grand intérêt, les boutiques (plus ou moins cheap) de verriers se ressemblent. Le centre-ville n’est pas fantastique, et il n’y a pas beaucoup de vie. Ce n’est pas un indispensable, à moins que l’Histoire et les techniques des souffleurs de verre vous intéressent vraiment.

venise-cimetière

Sur le chemin du retour, on peut faire un petit arrêt sur l’île-cimetière San Michele (j’adore les cimetières), mais celui-là n’a pas non plus un intérêt fou, il n’est pas particulièrement arboré ni hors du temps.

… C’est ce dont j’avais besoin

Je n’ai pas fait de musées, je n’ai pas parcouru la ville à la recherche de quelque chose en particulier. Si, en fait. Je cherchais à me perdre, à sortir du temps, à oublier cet hiver qui a été très difficile. Juste se balader, la main dans la main, sans parler. Respirer, profiter… Loin de la frénésie de la place St Marc.

Quelques conseils :

  • Une bonne adresse repas qui ne paye pas de mine, qui a l’air touristique mais qui ne l’est pas du tout (la salle est entièrement occupée par des gens du quartier) : très chouette service, prix raisonnable, et très bonnes pâtes et friture : la Casa Mia, Calle de l’Oca, dans Cannaregio.
  • Une astuce indispensable pour les moins de 29 ans : la Venise Rolling Card. Elle vous permet d’acheter des cartes de transport à un prix dérisoire (entre autres). La carte coûte 4 ou 5 euros et donne le droit à une énorme réduction pour les billets de transport : 20 euros la carte illimitée pour 3 jours (au lieu de plus de 40 euros, etc). La carte illimitée est valable sur tout le réseau ACTV (même les lieux plus éloignés comme le Lido et Burano), mais pas sur les lignes Alilaguna.
  • Il faut savoir qu’avec la Venise Rolling Card, le vaporetto Aéroport -> Venise n’est pas inclus, c’est un bus ACTV qui fera le relais (compter une 30aine de minutes, avec la ligne 5.

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3 Commentaires

  • Répondre
    Zhu
    24 mars 2015 at 03:07

    C’est rigolo de voir la baroudeuse des USA à Venise! Comme un spin-off d’un film qui d’habitude se passe dans l’Ouest américain.

    Je suis allée une fois seulement en Italie, j’ai honte, mes racines sont là-bas… Sur tes photos, la ville est plus belle que ce que je pensais. Tes photos ne font pas « attrape-touriste ».

    • Répondre
      Isa
      24 mars 2015 at 09:01

      Les spin-off c’est pas terrible, d’habitude, j’espère que celui là est mieux :D
      J’avais vraiment peur de ça aussi, c’est pour ça que j’aurais jamais eu l’idée d’aller à Venise en été ou pendant le Carnaval ! Pourtant, c’est une ville beaucoup plus vivante et peuplée que ce que je pensais, ce n’est pas que du folklore. Une belle découverte, donc :)

      PS : N’aies pas honte, je ne suis pas allée en Espagne depuis 5 ans… Erreur réparée cet été !

  • Répondre
    Maboul
    23 août 2016 at 21:15

    Venise, j’ai fait 4 ou 5 fois, ch’sais plus. C’était plus en vacances d’été, où tu te trimbales dans les ruelles interminables avec ta langue sèche comme du triplex pendant des heures.
    Le truc pour te reposer? Le vaporetto, le bus venitien.
    On l’a refait en octobre pour nos 10 ans de mariage, avec un pass de 7 jours pour 50€. Bon, il faut mettre le prix, mais là tu grimpes dans tout ce qui bouge (ACTV), même pour un arrêt. A noter que 1 arrêt, en question, peut te transporter de l’autre côté du Canale Grande, et que pour y aller à pied à travers le dédale de ruelles bondées, tu mettrais facilement 30 minutes … donc: vaporetto – le mot magique – même s’il est bondé lui aussi.
    On a logé sur l’île de Lido en B&B, moins chère (mais quand même à 110€ – mais bon, pour des « bourgeois », ça passe). J’y ai appris à notre hôte à cuire des oeufs à la coque (non, non, pas à aller se faire cuire un oeuf, petits filous!). Lido est beaucoup plus calme et salubre que le « centro storico », et a son charme. Du logement, 10 min de bus et 10 min de vaporetto jusqu’à San Marco – le bon plan si on veut éviter les endroits moisis, pestilentiels ou proche d’une discothèque – à moins d’y passer la nuit.

    Burano est effectivement beaucoup plus pittoresque que Murano, et mérite de maîtriser son mal de mer – compter 1 heure depuis San Marco. A noter que certains bateaux sont plus gros que d’autres, et donnent donc moins la sensation de roulis – il vaut mieux choisir ceux-là si on a tendance à la couleur « vert de mer ».

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