États d'âme Montréal Plongée dans un livre

Février 2020 à Montréal (et ailleurs !) : du bonheur de revenir & lectures

28 février 2020

Le contraste entre Montréal et Lyon : deux salles, deux ambiances

J’ai dû malgré moi retourner en France pendant deux semaines pour recevoir des soins. Eh oui, il faut le savoir, lorsque vous êtes pvtiste, votre couverture santé est réduite au minimum et ne couvre pas grand chose. J’ai donc fait du tourisme médical pour la première fois de ma vie, et j’ai pu apprécier ce pays formidable, avec une couverture sociale extraordinaire qui fait que personne ne m’a laissé dans ma détresse. Je suis arrivée en pleine grève hospitalière, que je soutiens pleinement. Aujourd’hui, je suis expatriée, et je me sens lâche d’être loin de la Mère Patrie qu’une poignée de privilégiés avec le nez coké essaye de détruire coûte que coûte. Je parle peu souvent de politique ici (et je me demande d’ailleurs pourquoi ?), mais ma colère prend de plus en plus d’ampleur.

Quoiqu’il en soit, j’ai passé deux semaines difficiles, avec pourtant quelques moments de grâce, notamment des longues balades seule en plein coeur d’un Lyon ensoleillé et beaucoup trop chaud pour la saison. J’ai fait le plein de vitamine D alors que le Québec essuyait de la pluie, de la neige et du vent ; cela m’a fait un bien fou. J’ai aussi fait le plein d’amour ! Ce n’est pas toujours facile de vivre loin de l’épicentre émotionnel de sa vie. J’ai mangé des légumes avec du goût (et je le mets en gras, pour que vous compreniez bien ce que ça implique, de vivre en Amérique du Nord).

Pour autant, j’étais aussi impatiente que soulagée lorsque les roues de l’avion (pas merci pour mon bilan carbone) se sont posées à l’aéroport de Montréal Trudeau. Un grand sourire s’affichait sur mon visage, et d’ailleurs, je ne m’y attendais pas vraiment. Je m’attendais encore moins à me dire « Enfin, la maison ! ». Cela aura pris plus de quatre mois mais je crois que dans mon coeur, Montréal est aujourd’hui ma maison, et je suis vraiment heureuse d’être rentrée. Je ne sais toujours pas combien de temps je vais rester ici, mais j’ai décidé d’en profiter à chaque minute, même si je suis encore en convalescence pour plusieurs mois.
Aujourd’hui, il neige encore, d’une neige lourde et humide, qui s’abat sur les vitres de l’appartement en même temps que des fortes bourrasques. Je n’aime toujours pas vraiment l’hiver, mais alors je n’ai plus autant hâte qu’il termine !

Le thé coule à flot et les lectures continuent

J’ai encore profité à fond du fait d’être dans une ville avec deux réseaux de bibliothèque incroyables : des bibliothèques municipales et une bibliothèque nationale, pour emprunter tout un tas de livres que j’avais sur ma TODO list depuis plusieurs années.
Au menu ce mois-ci :

  • Lettres à l’ado que j’ai été, de Jack Parker. Cela faisait un moment que je voulais découvrir les écrits de cette twittos que je suis depuis longtemps sur les réseaux sociaux. Ce recueil de lettres de célébrités plus ou moins connues (de moi) n’étant sans doute pas le meilleur livre pour commencer. J’ai trouvé les lettres répétitives, poussives et plutôt mal écrites dans l’ensemble, à l’exception de celle de Florence Porcel, d’une beauté et d’une justesse telles qu’elle m’a tiré des larmes.
  • Chez soi, de Mona Chollet. J’avais bien aimé le fameux « Sorcières », sans pour autant être subjuguée par cet essai qui a beaucoup fait parler. Chez soi, ça a été le niveau au dessus. J’ai trouvé ce livre brillamment écrit : une démonstration implacable. En plus, c’est rare que je partage à 100% les opinions politiques de quelqu’un mais c’est maintenant chose faite.
  • Le français est à nous ! Petit manuel d’émancipation linguistique de Maria Candéa et de Laélia Veron. À l’origine, je ne voulais que le feuilleter pour retrouver une référence d’une première lecture que j’avais déjà adorée : j’ai fini par tout relire en un temps record. Si l’on m’avait dit, il y a 10 ans, que j’adorerais un livre de socio-linguistique, et en plus que je le trouverais drôle, je vous aurais regardé avec des yeux ronds… et pourtant ! À lire absolument pour clouer le bec de Tonton André à table.
  • La Passe-Miroir de Christelle Dabos : j’avais déjà commencé la saga en janvier et faute de motivation, j’avais un peu laissé traîner avant de lire le dernier tome nommé « La tempête des échos ». J’avais été profondément déçue (voire scandalisée par les poncifs racistes) du tome 3, et je n’ai pas non plus été emballée par la conclusion de l’histoire. C’est sûr que ça se lit toujours vite, mais… ce n’est vraiment pas marquant. C’est du gâchis, ça avait si bien commencé ! L’avenir me dira si j’y pense de temps en temps, mais j’en doute.
  • Pour finir, deux bandes-dessinées : Sacrées Sorcières de Pénélope Bagieu, une autrice dont j’apprécie la personnalité et l’humour mais dont je n’aime pas l’oeuvre, tant je trouve ses bandes-dessinées… plates scénaristiquement (je m’évertue pourtant de continuer à la lire). Sacrées Sorcières, c’était vraiment pas mal, plutôt divertissant, et je pense que si j’avais été plus jeune, j’aurais beaucoup aimé. Grandeur et décadence de Liv Stromquist : j’ai trouvé une fois de plus qu’elle était brillante, voilà, elle est trop forte, c’est tout. Cette fois-ci, par contre, j’ai compris pourquoi beaucoup de lecteur-ices avaient du mal avec sa narration et son dessin, c’était un peu plus brouillon que d’habitude. Mais quand il s’agit d’entendre parler de l’absurdité du capitalisme et du libéralisme, j’arrive très rapidement à me détacher de la forme. Une lecture indispensable !

J’ai aussi (un petit peu) lu en ligne, notamment deux articles de Pauline du blog Un invincible été, le premier sur la désacralisation du livre (assorti de quelques conseils pour trier sa bibliothèque) qui nourrit pas mal de réflexions, et le second qui est tout simplement un très beau texte magnifiquement écrit : Dans le creux.
J’ai trouvé le récit de la retraite de Diglee, dans une abbaye bretonne, très doux, avec des illustrations sublimes. Cela m’a fait réfléchir sur ma propre envie de faire une retraite (laïque, bien sûr), pour lire, photographier et réfléchir. J’aimerais ça, je crois.
Pour finir, si les questions de l’écologie pratique (et politique) vous intéressent, je vous encourage à faire un petit don Tipeee à MelleBéné, une militante écologiste qui se donne beaucoup, j’aime Béné parce qu’elle frictionne, elle questionne, elle nous met en difficulté, et surtout elle nous fait avancer. Elle tient aussi un compte Instagram et un blog très fourni. J’espère pouvoir moi-même participer à son Tipeee bientôt !

Dans mes oreilles

Je suis tombée par hasard sur des bijoux que j’avais laissé passer en 2019, notamment L’Amérique pleure des Cowboys Fringants, dont les paroles me font frémir de tristesse à chaque écoute, mais ostie que c’est beau. ;-)

J’ai aussi écouté le nouveau single de Waxahatchee, une artiste américaine que j’aime énormément, avec délectation. Je n’avais pas accroché à son album précédent, et j’ai été surprise de la voir revenir avec de la folk assez légère, poétique et épurée ! Vivement les concerts.

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8 Commentaires

  • Répondre
    Mathilde
    28 février 2020 at 15:32

    Sympa ce récap du mois, j’ai vu des photos/vidéos d’ami.e.s vivant à Montréal et ça fait envie vu d’un Boston avec un hiver sans neige (je fais partie de ces gens qui aiment l’hiver).
    Pas de lectures en français par ici, j’ai fini ma réserve achetée en France à Noël ; quand je viens à Montréal j’aime bien d’ailleurs flâner dans les nombreuses librairies ! Je partage ton avis sur Mona Chollet – aucune controverse là dessus – et Pénélope Bagieu, j’ai envie de l’aimer, elle semble tellement sympa mais ses bédés retombent comme un soufflet, malgré le style super coloré et fun

    • Répondre
      isa
      28 février 2020 at 16:13

      Tu sais, on a peut-être eu un chouia plus de neige qu’à Boston, mais guère plus ! C’était un hiver très bizarre ! :)
      Ah bah, tu es la première qui partage mon avis sur son oeuvre, je ne suis donc pas complètement à côté de la plaque (ou alors, on est deux à l’être !).

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    Mumu
    28 février 2020 at 16:08

    As-tu lu California Dreamin’ de Pénélope Bagieu ? Je trouve qu’il sort un peu de ce que tu semble peu apprécier dans ses livres (et le syle de dessin me plaît plus que sa ligne trés claire habituelle)

    • Répondre
      isa
      28 février 2020 at 16:14

      Je l’ai lu le mois dernier, justement, et j’y ai trouvé les mêmes défauts : un récit parfois à bâtons rompus, parfois avec beaucoup trop de longueur et peu de consistance…

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    Mumu
    28 février 2020 at 16:18

    OK, alors autre suggestion de lecture BD : Chateau l’attente, tu connaîs ?
    J’avais lu une première fois et pas accroché du tout et puis j’ai relu quelques années après et j’ai trouvé ça brillant.

    • Répondre
      isa
      28 février 2020 at 16:20

      Pas du tout ! Je vais la réserver :)

      • Répondre
        Mumu
        28 février 2020 at 16:32

        Si elle n’est pas dispo, on l’a à la maison.
        Pour résumer : une histoire de conte de fée genre belle au bois dormant mais avec des bonnes soeur femmes à barbe et féministes.

        • isa
          28 février 2020 at 16:33

          Ils l’ont ! Ta description me le vend très bien honnêtement.

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