États d'âme

Le choc culturel à Montréal : il existe !

17 novembre 2008
Bon, je vous ai menti un peu : finalement le post précédent ne sera peut-être pas le seul de novembre! Ce matin, en me demandant ce que j’allais faire aujourd’hui devant ma tasse de thé, j’ai eu une illumination : il me semble que ni Benjamin ni moi n’avions parlé du choc des cultures pendant notre voyage cet été!

Et pourtant… vaste sujet!

L’arrivée :

En ce qui nous concerne, le choc a été très, très violent, pour des raisons qui semblent maintenant évidentes : j’étais très malade, et la première chose que nous avons fait en arrivant à l’aéroport est d’aller à l’hopital, heureusement avec Martin, qui a pu nous expliquer un peu comment cela marchait ici. Ce n’est qu’une anecdote, peut-être sans importance, mais elle m’aide à expliquer ce que l’on peut parfois ressentir très brutalement en arrivant dans un pays étranger, où l’on souhaite s’installer quelques temps.
Arrivés aux urgences, j’ai eu une visite rapide avec un infirmier (probablement étudiant en médecine) qui m’a fait évaluer ma douleur. Elle n’était apparemment pas assez intense, et mon état était stable depuis bien trop longtemps pour que je sois prioritaire. Deuxième étape : le secrétariat, pour remplir les papiers avant de rencontrer un médecin. Nous étions samedi. J’ai une assurance voyage que je paye. Mais… la gentille secrétaire m’a demandé d’avance 1200 dollars pour les soins qui m’allaient être prodigués. Pourquoi? Parce que le service comptabilité de l’hopital était fermé le samedi, qu’ils ne pouvaient pas appeller mon assurance pour qu’elle avance les frais, et que je ne pouvais pas l’appeller moi-même parce qu’il fallait que cela passe obligatoirement par leur service. Résultat : retour à la case départ et repos, avec les médicaments français que j’avais heureusement apporté!


Tout cela pour dire, qu’on se prend parfois les choses de plein fouet. Mais heureusement, la secrétaire a été rassurante envers Martin qui lui a demandé s’ils me laisseraient mourir si j’avais pas 1200 dollars : « aaaah peut-être si elle mourrait, faut voir… »
!

La suite :

Après avoir recouvré nos esprits… Oui, il n’y a pas le moindre doute : voici l’Amérique! J’ai lu de nombreuses fois des conseils pour les futurs immigrants européens au Québec : « ne vous laissez pas avoir, le québéc, même si c’est en français, ce n’est pas en europe »! C’est un conseil avisé certes, mais aussi pénible.. C’est bon on a compris, pas besoin de nous le rabâcher! De toute façon, ça ne vous prémunira en rien contre le choc des cultures, c’est quelque chose que l’on ne peut pas prévoir, que l’on ne peut pas quantifier, que l’on ne peut pas réaliser avant d’y avoir fait face.
Et pourtant! Nous étions tous les deux bien avertis, nous connaissons tous les deux bien la culture nord-américaine, nous avons de la famille nord-américaine, nous sommes tous deux passionnés par cette culture! Mais ce choc culturel dépasse toute rationnalité : non, c’est quelque chose que l’on ressent! On ne se sent pas chez soi, pas « chez nous en France » mais « chez nous en Europe ».
On m’a dit que certaines personnes ne le ressentiront jamais, d’autres l’ont tout de suite, d’autres au bout de quelques mois, quelques années… Et même en tant que simple touriste, cela peut vous toucher!
Je suis sûre qu’il va y avoir des remarques genre « beuaaah c’est de la rigolade, c’est pas la thailande non plus, ça reste la culture occidentale! ». Et bien NON! Grossière erreur! 

Mais pourquoi?! :

 

Comme je l’ai dit, il n’y a pas d’explication rationnelle. Mais ce qui nous a le plus marqué en arrivant, les petits trucs qui ont fait « qu’on était pas chez nous, dans une zone inconnue » sont principalement les suburbs. Même si vous regardez Desperate Housewives, vous n’en reviendrez pas. Des milliers de maisons identiques (heureusement que ma préférée a des colonnes roses repérables!), toutes avec des piscines, des gazons parfaits, beaucoup d’eau, beaucoup beaucoup de gaspillage d’eau. Beaucoup d’asphalte aussi, beaucoup de voitures. Les rues sont très larges, les voitures sont très grosses (voir une Twingo? vous plaisantez j’espère!). Il n’y a pas de centre-ville, les magasins et restaurants sont dans des zones commerciales. Il faut… donc prendre la voiture!
Cela vous semble cliché? A moi aussi en me lisant. Et pourtant! Même si vous savez tout ça, ce n’est pas pareil de le ressentir.
Les canadiens semblent plus grands aussi, beaucoup plus grands (encore des clichés?! mais pourtant!)
Il y a la question de la langue aussi. Du français. Mais cela fera l’objet d’un autre billet, et je fermerais notre blog aux québécois, sous peine de recevoir des menaces de mort! 

Tout ce que je peux dire c’est : vous verrez. Parfois ce choc peut être tellement violent qu’on ne peut plus y rester. Beaucoup d’immigrants sont repartis, pas parce qu’ils n’avaient pas trouvé de job, pas parce qu’ils n’avaient pas de vie sociale, pas parce qu’ils avaient un problème, pas parce que leurs proches leur manquait, mais parce qu’ils avaient ce petit quelque chose d’inexplicable qui rend pourtant la vie si difficile.

L’impression d’être chez soi mais de ne pas être chez soi.

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1 commentaire

  • Répondre
    Anonymous
    1 mai 2009 at 16:02

    cc!
    à tout hasard je lisais ce post, que j’ai surment deja lu.. mais jai l’impression de le lire pour la première fois..
    je voulais te raconter, qu’une copine québécoise m’a raconté être allé aux urgences pour une crise d’asthme.. mais ils ont jugé qu’elle n’était pas sur le point de mourir alors il fallait qu’elle attende comme tout le monde.. pourtant elle en souffrait de ne pas réussir à respirer.. mais quand on ne meure pas, on attend!
    sinon pour ce qui est de la culture en soit, j’avoue ça m’a fait bizarre ces rues tellement large! et même si je sens que je ne suis pas chez moi, ce n’est pas mon pays, je le connais encore très peu et mal.. je ne me suis presque jamais sentie aussi bien.. c’est surment aussi l’effet des rencontres que j’y est fait.. mais les gens ici ont un abord tellement sympathique.. et puis il y a tellement de nationalité et d’ethnies différentes à Montréal.. on ne se sent pas étranger à un groupe homogène.. par contre je pense que c’est bien différent quand on sort de Montréal.. mais je suis peu sortie.. c’est fou comment Montréal parait dangereuse pour les québécois du reste de la province^^
    je finis ce petit mot en te disant à quel point c’est la psychose ici ac le H1N1 (grippe porcine qu’on ne sait plus comment il faut appeler pour être politiquement correcte) les jean coutu sont dévalisés de leurs masques chirurgicaux! leurs 5 ou 6 boites sont parties en 2jours!! lol ça nous fait 5 ou 6 psychosants.. et hier soir j’étais à un concert.. ils nous lavaient les mains à l’entrée!!! c’est la paniiiiique!!
    bon je te fais des gros bisous ma belle!
    à tout bientôt!!
    manon

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