Montréal PVT Canada 2020

Mai 2020 à Montréal : hiver et été mêlés !

29 mai 2020

Au moment où j’écris cet article, il fait 39°C et je suis dans un état de liquéfaction (qui ne m’est certes pas inconnu, mais ça surprend toujours !).

Je m’intègre très bien à la société canadienne puisque mon sujet de conversation principal est la météo. Cette météo capricieuse et surtout extrême : j’ai du mal à me rendre compte qu’il y a deux semaines, le 9 mai… Il neigeait ! Aujourd’hui, on a 80 % d’humidité et l’été est bien installé, alors même que le printemps n’a jamais pointé le bout de son nez. Malgré tout, c’est une période que j’aime par dessus tout, à Montréal, même si cette année, c’est bien sûr particulier. Nous sommes confinés aux limites de notre petit balcon, qui nous donne l’impression d’être une cabane dans un arbre, dans un érable. On partage notre quotidien avec deux écureuils, dont on ne comprend toujours pas s’ils sont amants ou ennemis jurés, et plusieurs sortes de petits oiseaux, dont un couple qui fait son nid sur notre gouttière. On converse avec eux, toute la journée (c’est normal de demander des nouvelles de leurs enfants piou-piou !).

Confinés, pas délivrés

Vous avez l’impression que je perds la boule ? Moi aussi ! Nous nous sommes octroyés un peu plus de petits plaisirs que le mois précédent (avril a vraiment été déprimant) : des promenades, des crèmes glacées molles trempées et même un apéro très distancié chez des amis dans le quartier. Après tout, cette transition violente entre l’hiver et l’été est celle que je préfère à Montréal et c’est pour ça que je suis revenue, en grande partie. Il faut en profiter !
La ville est devenue le deuxième épicentre nord-américain du covid-19 derrière New York City et j’ai l’impression qu’on a du mal à se projeter sur des jours meilleurs. Après deux mois et demi de fermeture, certains commerces ont rouvert, les écoles et les bureaux sont toujours fermés, et je cherche toujours un emploi en vain.
Si je n’ai jamais besoin de prévoir chaque étape de mes voyages (la liberté m’ennivre), ne pas savoir si je serai à Montréal, ailleurs au Canada ou de retour en France à la fin de l’été me perturbe beaucoup. Pour beaucoup de confinés, le plus difficile est de ne pouvoir faire aucun projet d’avenir, et je suis touchée de plein fouet par ce sentiment : est-ce que je m’implique dans un réseautage et une recherche d’emploi intensive ici, est-ce que je regarde plutôt les formations en région Rhône-Alpes, est-ce que je ne fais rien et j’attends ? Beaucoup de questions, pas de réponses.

J’ai enfin osé sortir me promener avec mon téléphone et mon appareil photo (tous deux desinfectés à l’alcool en rentrant – encore une chose que je ne pensais jamais faire dans ma vie) pour découvrir des endroits inconnus de mon île. Les changements d’ambiance sont toujours très violents et rapides, dans les villes d’Amérique du Nord, et Montréal ne déroge pas à la règle. Près du métro Saint-Michel, d’un côté de l’avenue Jean Talon, il y a des immeubles dégradés bordés d’encombrants bons pour la déchetterie, et de l’autre côté, des petites maisons aux jardins tendrement entrenus par les riverains.

Retrouver le chemin de la lecture…

Je trainais les pieds depuis plus de deux mois pour me remettre à la lecture (hors bandes-dessinées), j’avais vraiment un gros blocage. Puis je me suis rendue compte qu’il fallait que j’arrête de lire en anglais, puisque je n’avais pas le temps de cerveau ni la concentration nécessaire pour ça ! Je suis donc passée à autre chose et j’ai enfin pris le temps de finir :

  • 💚Les Testaments de Margaret Atwood, un deuxième tome qui se déroule dans l’univers de La servante écarlate, un de mes romans préférés. Je pense que La servante écarlate se suffisait à lui-même, j’aimais justement l’opacité du roman et que tout ne soit pas expliqué (je déteste que l’on me prenne par la main, comme à la fin de la majorité des films américains grand public, pour m’expliquer ce que je n’aurais pas compris explicitement). J’avais vraiment peur que Les Testaments soient didactique et un peu gnan-gnan… Je l’ai dévoré en deux jours, tellement j’ai adoré retourner à Galaad. Une fois de plus, Atwood a été magistrale. Ce n’est sans doute pas le roman du siècle, mais c’était parfait, tout simplement.
  • Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce de Corinne Morel Darleux, un court essai critique du consumérisme et du productivisme. Je partais avec un bon a priori mais je ne suis pas du tout rentrée dedans, j’ai trouvé la critique assez superficielle et bourgeoise, un peu fourre-tout parfois (mais j’ai l’impression que ce point était intentionnel de la part de l’autrice) et avec quelques points de développement personnel qui m’ont fait tiquer. Peut-être à mettre dans les mains de quelqu’un qui commence tout juste à se poser ces questions !
  • Second hand dreams de Juliette Giannesini qui a la gentillesse de l’offrir en téléchargement gratuit sur son blog. J’ai passé un excellent moment en lisant la nouvelle de Juliette : son écriture est précise et incivise, et c’est exactement ce que j’aime sur son blog, et ce que j’aime en littérature. J’ai reconnu des éléments biographiques dans ces histoires croisées d’immigration et j’ai été vraiment frustrée que l’histoire soit si courte !

Et du côté des bandes-dessinées ? 

C’est vraiment un grand bonheur de pouvoir avoir accès à toutes les bandes-dessinées numériques de la bibliothèque municipale (je sais, je radote, mais j’en frétille de bonheur à chaque fois que je vois une nouvelle acquisition !). La BD québécoise étant ma favorite, j’ai accès à un immense catalogue, dont je profite avec gourmandise :

  • 💚Journal de Julie Delporte : un coup de coeur absolu, et la meilleure BD lue cette année. À travers sa séparation, Julie nous livre un journal intime, profond, sensible, au gré de ses découvertes et de son évolution. Le fait qu’il y ait beaucoup de scènes montréalaises et vermontoises font évidemment que ça résonne tout particulièrement en moi. J’ai hâte de l’acheter pour l’offrir !
  • Les cousines vampires de Cathon : une lecture très mignonne avec de beaux dessins, à mettre dans les mains des plus jeunes, mais hyper divertissant pour les plus vieux aussi ! Pas facile de trouver sa place dans la société, quand on est vampiresse…
  • Apnée de Zviane : un autre récit sur la dépression et le partage d’un petit moment de vie de la protagoniste. Je ne sais toujours pas que penser de ce livre. Je le trouve à la fois trop et pas assez, est-ce que c’est sensé ?
  • Mile End de Michel Hellman : un journal qui ressemble à une publication d’un blog BD, j’imagine que c’est rigolo quand on connait un peu le Mile End, mais je n’en garderai pas un grand souvenir.
  • 💚Noire, la vie méconnue de Claudette Colvin d’Emilie Plateau : une BD à mettre dans toutes les mains de ceux qui s’intéressent (ou pas) aux mouvements des droits civiques américains. Je trouve que c’est un bon complément à la série Wake-up America d’Andrew Aydin et John Lewis. Une fois de plus, les luttes et les victoires des femmes noires ont été confisquées par leurs leaders (des hommes, bien sûr). Claudette Colvin est une « remarquable oubliée » de l’histoire : cette bande-dessinée lui rend un bel hommage.
  • 💚La fin du monde de Tom Tirabosco : encore un livre à ne pas rater ! Une quête initiatique dans un monde pré-apocalyptique, un récit qui se déroule lentement, au rythme de sa protagoniste, entre deux univers. Le dessin est magnifique !
  • 💚La petite Russie de Francis Desharnais : une histoire familiale de la colonisation de l’Abitibi, une région septentrionale du Québec ; quelle est la place des femmes dans une coopérative bucheronne de la moitié du 20e siècle ? de la religion ? de l’économie coopérative ? Génial, et toujours contemporain.
  • La femme sauvage de Tom Tirabosco : on retrouve l’auteur de La fin du monde, dans le même thème apocalyptique (cette fois-ci créé par la dictature Trump et le réchauffement climatique), mais avec moins de subtilité. Je trouve que tout est un peu caricatural et je n’ai pas du tout réussi à m’attacher aux personnages. Je pense quand même qu’il plaira, comme « Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce » à des lecteurs qui commencent à s’approprier ces thèmes.

Je n’ai pas écrit pour mon blog, ce mois-ci, mais j’ai eu une multitude de textes en tête : j’avais envie d’écrire un essai sur ma réflexion de ma vie de childfree et un essai sur Montréal mais j’ai finalement jugé que tout ceci était trop personnel pour être publié sur mon blog. Et n’oublions pas que je suis également quelqu’un de plutôt fainéante (encore plus en ce moment). Un autre jour, peut-être ?

Dans mes oreilles

Malgré mes tentatives pour découvrir de nouveaux artistes et de nouveaux albums, je suis tombée en panne, je n’ai rien trouvé d’intéressant ce mois-ci. Alors, sans honte, je vous annonce que je suis retombée dans 1989 de Taylor Swift, notamment pour étendre le linge et faire la vaisselle. Je n’y peux rien, c’est parfait, pour l’arrivée des beaux jours ! ;-)

7 Commentaires

  • Répondre
    Pauline
    29 mai 2020 at 21:38

    J’espère que vous arriverez à percer le mystère concernant les écureuils, tu as attisé ma curiosité ^^

    • Répondre
      Isa
      29 mai 2020 at 21:41

      C’est un PVT plein d’animation et de découvertes extraordinaires, n’est-ce pas ! :-D

  • Répondre
    Zhu
    30 mai 2020 at 02:51

    Merci! Ça me fait plaisir que tu aies eu du plaisir en lisant. Y’a plus long, hein, ça t’attend ;-)

    Tu vas rire, mais ça fait des années que je désinfecte mon téléphone à l’alcool… je le traîne partout pendant la journée, et le soir, je le mets sous mon oreiller vu que c,est mon réveil. Alors oui, j’assume, maniaque, mais je préfère qu’il soit désinfecté!

    Ici c’est pareil ou plutôt le contraire, mais pareil. Moins de crainte du virus (vu nos stats), mais toujours quasiment tout à l’arrêt, et l’impossible de faire des projets ou d’entrevoir un rayon de soleil me pèse beaucoup.

    Paraît qu’il va faire 13C dimanche…

    • Répondre
      isa
      9 juin 2020 at 17:46

      Je mets un certain temps avant de répondre à ton message, et j’ai justement l’impression que ça va un peu bouger dans les jours à venir… On croise les doigts

  • Répondre
    Lexie
    1 juin 2020 at 23:31

    Je te découvre grâce à Juliette. Il fait un froid de canard de nouveau ces jours-ci, alors que j’ai passé la semaine précédente à me demander si ça valait la peine de faire installer la clim. Franchement, c’est rageant. Je nous souhaite que tout aille bientôt mieux :) (et je ne parle pas que du temps lol)

    • Répondre
      isa
      9 juin 2020 at 17:45

      Merci Lexie pour ton commentaire ! Je te souhaite aussi que la vie reprenne son cours normal (eh oui, clairement plus besoin de clim’ en ce moment !)

  • Répondre
    Patricia Beaudoin
    20 juin 2020 at 15:02

    Très heureuse d’avoir été en confinement dans une petite ville ou j’ai pu aisément sortir. Hey oui toujours très étrange la température au Québec haha une journée il fait trop chaud et l’autre on a froid haha
    c’est ce qui fait que j’aime autant ma belle province :)

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