Montréal

Avril 2020 à Montréal (et nulle part ailleurs) : toujours confinée !

1 mai 2020

C’est difficile de se tenir à cette coutume du petit résumé mensuel alors qu’il ne se passe absolument rien dans ma vie, comme dans la vie de beaucoup de personnes confinées et qui ont d’ailleurs le luxe de l’être.

Chaque jour, je mesure ma chance de ne pas avoir à sortir travailler et à m’exposer et exposer ma famille à ce satané virus, et chaque jour je suis reconnaissante pour les gens qui le font à ma place, tout en espérant qu’ils puissent travailler dans des conditions sanitaires dignes (et je n’ai pas beaucoup d’espoir à ce sujet, que ça soit pour mes proches en France ou au Québec). Je suis toujours aussi en colère, donc, comme en mars. Je suis sortie 4 fois, en avril, principalement pour des courses. Je ne prends même pas mon téléphone pour photographier les ruelles montréalaises afin de diminuer le risque de contaminations ! Au moment où j’écris ces quelques lignes, je me demande d’ailleurs avec quoi je vais bien pouvoir illustrer cet article…

Pour m’occuper, je me suis fait une teinture de cheveux couleur lilas. Ca n’a même pas fonctionné et a eu pour seul effet de me cramer le cuir chevelu, de rendre mes cheveux secs et de tâcher ma serviette de bain : c’était une vraie réussite comme on en voudrait plus souvent !
J’ai aussi tenté de lire sur notre petit balcon, même s’il fallait toujours porter un manteau, deux paires de chaussettes et un bonnet. Il faisait généralement 5°C mais c’est une question de principes, merde ! Le printemps est VRAIMENT difficile, à Montréal, et j’ai littéralement hurlé de désespoir en tirant le rideau un matin et en voyant la pelouse couverte d’un fin manteau de neige le 22 avril. Depuis quelques jours, même si le soleil n’est toujours pas franc, la douceur s’installe et les bourgeons grossissent à vue d’oeil. Même si ce printemps et cet été seront vraiment particuliers, j’ai hâte de ressentir l’effervescence de Montréal lorsque l’hiver sera enfin enterré. Ça reste un des plus chouettes sentiments que j’aie pu connaître dans ma vie !

Toujours aucune grosse lecture…

J’ai essayé de reprendre, tant bien que mal, le roman que j’ai en cours, mais je n’arrive décidément pas à m’y remettre, même en me forçant. Je ne pense même pas que ça soit du au fait qu’il soit en anglais puisque je n’arrive pas non plus à lire les nombreuses BD que j’ai empruntées numériquement ! Le gros blocage continue, donc, pourtant ma liste de livres à lire s’allonge !
J’ai quand même réussi à me prendre du temps pour lire deux excellentes BD québécoises (toujours une valeur sûre, à mon avis) :

  • Jane, le renard et moi, de Fanny Britt et d’Isabelle Arsenault. Il me semble que ce n’est pas la première fois que je lis celle-ci ; elle est toujours aussi belle à tous points de vue, avec un bonus de superbes illustrations de Montréal.
  • Justine, d’Iris. Un récit un peu étrange, une bribe de vie, se déroulant dans une petite ville québécoise générique, mais que j’ai trouvé très puissant et auquel je vais sûrement repenser de temps en temps.
  • L’été diabolik, de Thierry Smolderen. Je crois n’avoir jamais lu une bande-dessinée d’espionnage comme celle-ci, c’était palpitant et je crois ne pas avoir cligné des yeux pendant une heure. Le trait est sublime et assez unique en son genre lui aussi. Une belle découverte et certainement un coup de coeur !

… et toujours beaucoup de temps sur l’écran

J’ai recommencé à regarder la honteuse série « Say yes to the dress » qui me captive depuis 2012 et un moment d’errance sur la télé américaine après un long voyage en direction de Charleston, ville de Caroline du Sud que j’adore. C’est une série absolument absurde qui témoigne bien du surréalisme des mariages américains. J’adore, sans honte. Nous avons également regardé beaucoup de films, surtout des mauvais et des très moyens. J’espère que le mois de mai nous apportera un peu plus de chance (je suis preneuse de suggestions de comédies ou de films indés, d’ailleurs) !
J’ai finalement beaucoup écrit, en avril, et je commence à m’occuper plus sérieusement de mon blog, ayant temporairement perdu mon emploi : j’ai réfléchi à ces 10 dernières années et à ma relation à Montréal et je vous ai emmené en promenade dans mes cimetières américains préférés. Un thème morbide pour beaucoup en cette période anxiogène où beaucoup d’entre nous font face au deuil qui n’a évidemment pas trouvé son public, ce que je comprends. Cette balade dans le temps et l’espace m’a en tout cas fait beaucoup de bien.

Dans mes oreilles

Mes airs approximatifs de ukulele hantent toujours notre appartement… Je n’ai pas écouté grand chose, malgré une grande reprise musicale printanière. Comme tous les hipsters branchés (que je ne suis pas), j’ai écouté l’album de Fiona Apple, qui n’en sort un que tous les huit ans. J’ai encore du mal à me l’approprier mais je le trouve brillant ! Pitchfork (pour ce que ça vaut), lui a d’ailleurs donné la note de 10/10.

4 Commentaires

  • Répondre
    Juliette Giannesini
    2 mai 2020 at 01:22

    C’est marrant, je ressens à quel point tu as peur du virus… et je me rends compte que moi, pas vraiment en fait. Aucun jugement de ma part, et je ne suis pas non plus en train de dire que je me balade à poil en train de faire des bisous aux gens. Je suis juste assez résignée : visiblement, va falloir vivre avec, je suis incapable de me terrer pendant… je ne sais pas combien de temps. Et je suis consciente que c’est pas « juste une grippe » et tout, ma famille a été affectée directement.

    On échange de confinement? Je prends le Québec qui va faire le déconfinement, je te refile mon Ontario et mon quartier à faible densité de population ;-)

    • Répondre
      Isa
      2 mai 2020 at 01:33

      Oui, j’en ai vraiment peur ! Je fais partie des populations plus à risque, aussi, ce n’est pas rassurant. Je pense que ça irait mieux si j’étais pas en ville, honnêtement, si on était dans la maison familiale du Bugey, je crois que je le vivrais mieux.
      Tope là !!! Je vais aller traîner un peu avec les oies, tiens !

      • Répondre
        Juliette Giannesini
        2 mai 2020 at 02:01

        Je garde en tête aussi que tu as eu des problèmes de santé importants. Ça change la vision des choses.

        J’ai peu peur pour moi (tant que je sais que je peux accéder à des soins, si besoin), beaucoup plus pour Mark et Feng.

  • Répondre
    Cynthia
    13 mai 2020 at 23:43

    On dirait que l’on tourne tous en rond. J’envie vraiment ceux qui arrivent à faire des choses super pendant ce moment si particulier. Le travail m’occupe, mais je pense pas que j’arriverais à m’occuper sans lui.

    Bon courage !

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