Tour USA-Canada 2014 Travel Geek

Ne voyagez pas avec Spirit Airlines…

28 juillet 2014

… ou la chronique de 50 heures de malchance.

Quand on voyage sur quelques mois, tout ne peut pas se passer comme prévu, et pourquoi pas après tout, ça fait des anecdotes drôles à raconter autour d’une bonne bouteille au retour ! Mais quand c’est trop… c’est trop. Je ne suis pas réputée pour ma chance, tant et si bien que mes amis savent très bien qu’il faut s’attendre au pire en voyageant avec moi. Je semble être un aimant à poisse, des petits désagréments qui font sourire aux emmerdes un peu plus grosses ! J’en deviendrais presque superstitieuse… Et pour preuve, ces 50 heures de l’enfer :

Acte 1 : Le vol Portland-Vegas avec Spirit Airlines, ou la chronique d’un gros foutage de gueule

Après avoir passé un excellent séjour à Portland (j’y reviendrai), je me dirige vers l’aéroport. Le tram est à l’heure, pas cher, bref, tout est de bonne augure ! Arrivée en avance, je me paye même le luxe de refuser le scan à la sécurité et d’opter pour la fouille corporelle.

Quelques semaines avant, j’avais hésité entre Spirit Airlines, une compagnie low-cost que je ne connaissais pas encore, et Southwest, une compagnie que je connais bien et qui est vraiment super. Aventurière et proche de mes sous, j’opte pour Spirit, 40 $ moins chère.
Mon vol Portland -Vegas est direct et dure un peu moins d’1h30. Parfait me dis-je ! Après avoir passé un mois à dormir sur des canapés et des lits pas très confortables, je me suis offert une nuit dans un casino à Vegas, un beau lit king rien que pour moi. J’y pensais depuis plusieurs jours et m’y voyais déjà : un bon bain chaud, ensuite toute une soirée à glander au lit en regardant Bob l’éponge ou Say yes to the dress en mangeant du guacamole. La soirée rêvée pour moi, à Las Vegas.

Spirit Airlines ne l’a pas vu du même œil. Arrivée à ma porte d’embarquement à 18 h, pour un décollage à 19 h, j’aperçois sur la télé un petit « Delayed » qui n’augure rien de bon. Je suis sereine, cependant, car les hôtesses au sol n’annoncent rien au micro. Les autres passagers commencent à faire la queue au guichet pour voir ce qu’il en est, et, subitement, deviennent fous. Hum. Ca sent mauvais. Le vol était effectivement retardé de 7 heures, l’avion n’ayant toujours pas décollé de Las Vegas, et rencontrant des soucis techniques.

Il y avait bien un avion vide à la porte d’embarquement, qui aurait sans doute pu nous amener à Vegas, mais puisque Spirit est un low-cost, il n’y avait pas d’équipage de rechange…
Je décide de prendre mon mal en patience. Après plusieurs changements de porte et une nuit très longue, l’avion atterrit enfin, à 3 h du matin. Nous voyons les passagers et l’équipage sortir de l’avion, épuisés, décoiffés, déprimés. Les hôtesses annoncent que notre avion va bientôt partir. Mais… deux membres du personnel de la TSA, en uniforme, annonce aux hôtesses qu’il est hors de question qu’ils laissent repartir un équipage de bord dans cet état là. (et à raison ! je ne peux m’empêcher de me demander ce qu’il se serait passé si Spirit avait obtenu l’autorisation !)

Le vol est annulé…

… à 3 heures du matin. Je reste persuadée que les hôtesses pressentaient qu’il ne partirait jamais, mais avaient pour ordre de ne pas l’annoncer immédiatement. Ainsi, de plus en plus de gens sont rentrés chez eux. Cela fait moins de chambres d’hôtel à payer, de bons restaurant et taxis…

Je suis en bonne santé, et même épuisée, je ne me plains pas trop quand je vois des personnes âgées en fauteuil roulant, des bébés et des personnes handicapées que Spirit a fait patienter toute la nuit dans un aéroport vide. Le ton monte un petit peu, mais les Américains restent civilisés et toujours très peu vindicatifs.

Les hôtesses nous annoncent qu’elles vont nous recaser sur le vol de 6 h du matin (au point où on en est… ça fait que quelques heures d’attente, ce vol n’est pas direct mais qu’importe !). En arrivant au guichet, l’hôtesse m’annonce qu’elle est désolée, mais que le vol est complet, qu’elle a donné la dernière place juste avant moi. Elle peut me recaser sur le vol du lendemain, à 19 h, mais ma place ne serait pas garantie.

C’est le moment où j’ai découvert le Hulk en moi. Toute la fatigue et la pression de ces dernières heures ont ressurgies. J’ai hurlé. Je leur ai dit que j’avais jamais vu ça, que même Ryan Air n’osait pas, que j’allais les poursuivre, etc. Les Américains, toujours civilisés, s’étaient massés autour de moi en m’encourageant « Yeah, she’s right ! ». C’était une scène surréaliste ! Je sais que ça ne servait à rien mais je ne me contrôlais de toute façon plus. Je suis partie, furieuse, à un autre guichet, pour demander mon remboursement de 80 $.

Surprise : Spirit Airlines avait balancé nos bagages, sans surveillance, au beau milieu de l’aéroport ! Je récupère mon sac à dos, demande le remboursement ainsi qu’une nuit d’hôtel. L’hôtesse rechigne mais me signe le bon. J’observe le bon : il n’y a pas de transport inclus. Je le demande. Elle rechigne et me le donne.

Acte 2 : « It’s alright sweety »

Je reste 2 h à l’hôtel, le temps de me doucher et d’acheter un vol pour Vegas, cette fois-ci avec Southwest. 220 dollars en dernière minute. Bien joué Isa ! Soulagée, je fonce dans la salle d’embarquement de Southwest. Tout semble bien se passer. Je n’avais jamais eu autant envie de me vie d’arriver à Vegas !

On s’apprête à embarquer, je suis impatiente. Puis j’entends vaguement au micro « The passenger Isabelle Panda, we’re calling for the passenger Isabelle Panda ». Oh. J’arrive au guichet Southwest. L’hôtesse me dit que Visa les a appelé pour les prévenir d’une opération frauduleuse, et qu’ils n’ont pas validé mon vol.
Opération frauduleuse = moi qui me sers de ma CB.

Dépitée, blanche, les yeux rouges, j’explique la situation à l’hôtesse. Je crois que je lui ai fait pitié car au bout de quelques minutes, j’ai droit à un « It’s alright sweety, it’s alright, you’re going to go to Vegas ». J’ai eu envie de lui faire un bisou (et de pleurer, aussi).

Acte 3 : Tu y es presque, mais non.

Vegas, enfin ! Il est 10 h du matin, j’atterris dans la ville maudite, je baise le sol. J’ai déjà perdu le prix de ma chambre d’hôtel pas remboursable mais ce n’est pas grave ! Ma navette pour St George, Utah, est dans une heure, je ne l’ai pas loupée ! Je me paye même le luxe de recharger mon téléphone et de manger une banane. Youpi !
Il y a des navettes toutes les demi-heures donc je me dis que je peux tenter celle de 10 h 30 s’il y a de la place. Je vais voir le chauffeur, lui donne mon nom. Il me dit qu’il ne trouve pas ma réservation. Ah. Il appelle son bureau, ils ne me retrouvent pas immédiatement. Je commence à paniquer. Il raccroche en me disant que le bureau de résa s’est trompé : ils m’ont donné un billet pour 11 h PM (c’est à dire, 23 h !). Je n’en reviens pas ! Devant ma mine déconfite, le chauffeur me dit que c’est bon, il a encore UNE place dans le bus et que je peux sauter dedans, ce n’est pas grave.

Acte 4 : Zion sous la tempête

Heureuse, j’arrive dans ma terre promise. Enfin ! Je plante ma tente pour une semaine, au milieu d’un paysage idyllique. Je me sens apaisée. C’est sans compter sur la tempête qui arrive. Tempête qui dure deux jours, panne générale d’électricité, d’internet et de réseau mobile dans la région. Mon ordinateur qui me fait le coup de l’écran noir et que je dois reformater sans CD de restauration, ma machine à laver qui se coince au lavomatic avec toutes mes fringues dedans et un coup de fil de France pour me dire que mon animal vient de mourir.

TROP COOL !

Sur ce, et après cet article fleuve, je vous laisse, et vous conseille de ne jamais voyager en ma compagnie, ni avec Spirit d’ailleurs.

PS : j’ai été remboursée de mes 80 $ de la part de Spirit, et comme geste commercial j’ai eu ma place assignée offerte lors de mon vol Las Vegas – Denver avec eux. Vraiment un super service client, en plus !

7 Commentaires

  • Répondre
    misspatiss
    28 juillet 2014 at 13:36

    c’est vrai que ça ne donne pas envie de voyager avec toi!! :mrgreen:

    mais merci pour l’info sur cette compagnie :wink:

    • Répondre
      Isa
      28 juillet 2014 at 13:49

      Rho zut, je vais encore partir seule la prochaine fois… :cry: :wink:

  • Répondre
    bastien
    18 août 2014 at 04:53

    OMG !
    Bravo d’avoir tenue le choc ! c’était très drôle à lire en tout cas ^^
    Je me dis que ma grande traversée a pour le coup était très calme

    les gens ! vous pouvez voyager avec moi haha

    • Répondre
      isa
      18 août 2014 at 08:48

      Ris de ma misère, va ! :D

  • Répondre
    Joana
    19 août 2014 at 20:54

    Olala, je note, ne jamais voyager avec Isa :D Comme toi je crois que j’aurais craqué, je me serais effondrée en larme au beau milieu de l’aéroport (chose qui arrive d’ailleurs souvent depuis que j’ai eu la mauvaise idée de me mettre en couple avec un stupide américain). La dernière fois que c’est arrivé c’est quand je n’ai pas pu enregistré ma deuxième valise à l’embarquement car je n’avais plus de sous sur ma carte et que les 100$ de frais ne passaient pas :/ J’ai beau me mettre à pleurer, le mec n’a pas eu pitié de moi. J’ai cru que j’allais finir mes jours dans cet aéroport..

    • Répondre
      isa
      1 septembre 2014 at 12:00

      Rholala… Pour 100$ en plus, c’est le genre d’événements qui donnent envie de hurler…

  • Répondre
    gerard brunel
    15 novembre 2018 at 09:03

    Spirit la pire compagnie interieure americaine !!
    Nous avons enregistré nos bagages soute puis une hôtesse nous a vérifié nos bagages cabine (petite valise aux normes des compagnies aériennes courantes) qui sont entrés dans le gabarit mais complètement les roulettes dépassaient, elle a validé et accepté qu’ils soient dans la cabine.
    En montant à bord, tous les passagers sont entrés dans l’avion sans aucun problème et nombre d’entre eux étaient avec des bagages beaucoup plus gros que les nôtres, à notre passage une hôtesse nous a fait payer un supplément de 163 $ !!! Le chef de cabine nous dit alors que l’hôtesse qui avaient accepté et qui était là, est en fait une stagiaire et ne connait pas encore les procédures !
    Un comble !!!
    Trois autres passagers français ont également été abusés de la même manière.
    Nous avons estimé que lors de l’appel d’embarquement (groupes A, B, C), nous étions les derniers (avec des billets vraisemblablement négociés au prix le plus bas par notre voyagiste) et que la compagnie avait reçu pour instructions de récupérer un peu d’argent sur ces billets, (avec plus de facilité pour des touristes étrangers) dommage. !!
    Nous allons tous les ans aux Etats-Unis et (pour le reste 3 jours plus tard, nous avons pris la compagnie Alaska, nous avons embarqué avec les mêmes bagages sans soucis), nous n’avons jamais subi ce genre d’abus. C’est la première fois que nous sommes victimes de ce qui nous semble un vol déguisé !
    Nos bagages sont conformes aux cabines standard en vigueur sur toutes les compagnies. Une fois à bord, les autres passagers étaient déjà tous installés et nous pouvions voir dans les coffres ouverts des bagages beaucoup plus gros que les nôtres.

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