Montréal

Histoires expatriées à Montréal – La joie de l’hiver

15 février 2020

Pour la toute première fois, je participe à un rendez-vous d’expatriés dans le monde entier : Histoires Expatriées. J’avais bien besoin d’une motivation pour me remettre à l’écrire et à la photographie ! Ce mois de février, le thème de la joie a été sélectionné. Je me suis dit que j’allais me challenger un peu en parlant de la joie de l’hiver à Montréal… Un thème qui m’est difficile tant ce titre me parait contre-nature !

Que ce soit à Montréal ou ailleurs, j’ai une relation ambivalente à l’hiver. J’aime quand il fait nuit tôt pour avoir le prétexte de me mettre en pyjama dès que je rentre (à 17 h), mais en même temps, le manque de lumière me déprime profondément. L’hiver me fatigue de plus en plus, physiquement et psychologiquement, et les cures de vitamines B et D n’y font plus rien ! J’essaye alors, comme je l’ai appris en sophrologie et en méditation, d’accepter l’hiver et d’accepter sa pénibilité, tout en sachant que tôt ou tard, les jours se feront plus longs, les températures se feront plus douces, et mon moral se fera meilleur.

Et pourtant… malgré tout ça, une partie de moi aime l’hiver. C’est une saison où l’on peut vraiment rester chez soi tranquillement, à lire et à boire du thé (même si j’en conviens que je n’ai pas non plus de mal à sortir dans un parc pour boire du thé glacé en été).
J’ai convaincu mon chum de partir vivre au Québec en lui assurant qu’ici, les hivers avaient beau être longs et froids, ils étaient sublimes, ensoleillés et lumineux. Sauf que ma première expatriation date d’il y a dix ans… Et en dix ans, le climat a changé. En 2010, j’ai quitté Lyon alors qu’il neigeait et faisait -13°C. Je suis arrivée à Montréal en février : les journées étaient très froides, neigeuses (en quantité !) et surtout baignées de soleil. En 2019, il faisait 22°C à Lyon un 15 février et en 2020, il n’y a pas plus de 15 cm de neige au sol à Montréal. L’hiver est loin d’être fini, mais il a été triste, nuageux et pluvieux (!!!). J’ai menti sur la marchandise !

Et pourtant, le thème de ce mois-ci, c’est la joie, pas la dépression (vous en doutiez, n’est-ce pas, en lisant mon introduction ?). Il faut que je fasse un effort supplémentaire pour trouver de la joie où je n’ai pas l’impression qu’il y en a. Il faut que je mette de côté mon anxiété climatique et ma déprime hivernale pour me promener et apprécier les rares journées de soleil que l’on peut avoir à Montréal.

Lorsqu’il fait beau, je trouve qu’il n’y a pas plus belle ville au monde l’hiver. La lumière dorée éclaire les bâtiments de brique, les ruelles s’animent grâce aux enfants qui sortent y jouer, tout emmitouflés. Même les écureuils semblent passer un meilleur moment en furetant dans les tas de neige et de glace (ok, peut-être que je me projette un peu, là).

J’aime fermer les yeux et laisser la chaleur du soleil hivernal me réchauffer le visage. C’est mon premier hiver depuis dix ans au Québec, et je me sens chanceuse et reconnaissante de vivre à nouveau ici. En me promenant, l’amertume laisse place à une joie simple. J’oublie la sloche, j’oublie les travaux de la Plaza St Hubert, j’oublie le réchauffement climatique, j’oublie qu’il me faut 10 minutes pour enfiler ma tenue d’hiver, j’oublie qu’il va falloir pelleter l’entrée pendant quelques mois encore et je me laisse envahir par la joie.

Aucun commentaire

    Laisser un commentaire