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Redwoods National Park : California Love

6 décembre 2012

Ne me remerciez pas, je viens de vous mettre une excellente chanson dans la tête !
Après quelques périples sur la péninsule d’Olympic, direction le Coast Starlight, la ligne de train qui court de Seattle jusqu’à Los Angeles. Notre arrêt : Redding, Californie. Le train commence à avoir du retard dès que l’on pénètre la Sierra Nevada. Heure d’arrivée prévue : 1h du matin. 

Jack London et John Muir sont sur un bateau… 

On s’arrête pendant des heures, au milieu de nulle part. J’ai l’impression d’être dans un romain de Jack London, et je me force à garder mes yeux ouverts pour admirer le paysage, largement éclairé par la pleine lune. La Sierra Nevada est sublime (et je réalise qu’il faut vraiment que je me mette à lire du John Muir. J’aurais juré entendre des loups, au loin… (surtout dans mon imagination de fille qui délire à cause du sommeil).

Heure d’arrivée effective : 4h du matin. On saute dans un taxi qui nous demande 6$ pour un trajet en plein milieu de nuit (?!?!?), et on se jette dans un lit moelleux, pour profiter des quelques heures de sommeil qu’il nous reste avant d’aller récupérer la voiture et de prendre la route. Direction Redwoods National and State Parks, une série de parcs qui ne sont absolument pas fréquentés, même par les gens de la région, j’ai l’impression.
Ils ne figurent même pas dans certains guides de voyage français, traitant pourtant exclusivement de l’Ouest Américain. Cette idée nous plaisait vraiment, il suffit de peu pour nous convaincre !

Les routes 299 et 101

La route 299, de Redding à Arcata, est absolument sublime. On traverse la Trinity National Forest le long d’une route sinueuse, mais belle. Weaverville est typiquement une ville californienne, fondée en 1850 pendant la ruée vers l’or, elle conserve encore de nombreux bâtiments historiques. A la sortie de cette route et d’un trajet beaucoup plus long qu’il n’y parait au premier coup d’oeil, sur une carte, on découvre enfin le majestueux Pacifique. Mais il y a encore du chemin à faire avant d’arriver tout au Nord de la Californie… On se paye un petit bout de route 101, une des plus célèbres des Etats-Unis, et il est vrai qu’en arrivant au niveau de Humbolt Lagoon State Park, ça en jette… Une plage superbe s’offre à nous. Attention : le plus grand visitor center se trouve juste dans les environs, avant de se rapprocher de la ville d’Orick, il y en a un autre uniquement à Prairie Creek Redwoods State Park. 

Orick : au bout du monde

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Le village le plus près de Prairie Creek se nomme du joli nom d’Orick. Aux Etats-Unis, j’ai vu énormément de villes très pauvres. Cependant, je n’ai jamais vu de villes aussi pauvres qu’en Californie. Même le chef-lieu de la région, Arcata-Eureka, est effrayant. Effrayant non pas parce que l’on se sent en danger, mais parce qu’il n’y a que des bicoques, des drive-in, des casses de voitures, et tellement d’itinérants, de mendiants, de familles qui traînent ci-ou là, d’enfants qui errent… Dans le Sud des Etats-Unis, en Utah et en Arizona, c’est un spectacle que l’on peut voir régulièrement. Mais en Californie, c’est encore pire… Encore pire parce que 200km au Sud, il y a des maisons de milliardaires.
Je ne fais pas ma coco à 2 francs, mais le contraste en est d’autant plus grand, et d’autant plus douloureux.

Revenons-en à Orick, la plus grande ville du coin. Comptez environ 30 maisons, et deux épiceries. L’une tenue par une mamie très sympathique, qui calcule la somme totale avec sa calculatrice miniature et ses lunettes juchées au bout de son nom. L’autre tenue par une dame défraîchie, avec un look redneck, et où l’on ne trouve que des chips, des pepperidge farms, des sodas et de la bière. Épicerie typique du bout du monde américain où, même en Californie, la nourriture fraîche se fait difficile d’accès
Affamés, nous trouvons tout de même un petit kiosque à burger, tenu par une ado de 14 ans, à côté d’un magasin de bric à brac (vous avez déjà lu Bazaar, de Stephen King ? et bien voilà, on est en plein dedans). Il est assez savoureux… et il y a des tomates fraîches !
Une personne très pauvre vient tourner autour du kiosque et demander à la jeune s’il peut prendre des restes…

Prairie Creek Redwoods State Park

Les finances publiques californiennes sont en crise. Au point où de très nombreux state parks ont du fermer leurs portes cet été, fautes de fonds suffisants pour continuer leur mission d’accueil du public et de préservation. D’autres parcs demeurés ouverts, comme Prairie Creek, ont augmenté leurs prix : le camping était à 25$ la nuit + la douche payante en supplément ! Je crois n’avoir jamais payé si cher pour camper, même dans d’autres parcs d’état… Les sanitaires sont corrects, les campground hosts sympathiques, mais quand-même…
Dormir au milieu des Redwoods (les plus hauts arbres de la planète) en Octobre, c’était pas l’idée du siècle. Je crois que l’on a tous enfilé l’intégralité de notre sac sur le dos pour ne pas mourir de froid la nuit. Le grand gagnant avait réussi à superposer 7 couches : respect. Hormis cela, les forêts sont magnifiques. Pas aussi impénétrables que sur la péninsule d’Olympic, mais les Redwoods y sont encore plus hauts et impressionnants, surtout au Lady Bird Johnson Grove. Malheureusement, aucune photo à vous montrer : j’étais trop transie de froid ou occupée à essayer de capter la radio pour écouter le premier débat de la campagne présidentielle…

Fern Canyon : où sont les dinos ?

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L’immanquable du coin, c’est Fern Canyon, sans doute le seul endroit où on a croisé quelques touristes ! Fern Canyon, c’est un canyon recouvert entièrement de fougères et de végétation, où coule une très belle rivière. Fern Canyon évoque tellement les forêts primaires du temps des dinos, qu’un des épisodes de Jurassic Park y a été tourné…

Mais il faut mériter le canyon ! Après 1h sur la route de terre de Gold Bluff Beach, on arrive enfin sur le littoral. Plages immenses d’un côté, forêt dense de l’autre. Parait-il qu’une forêt si immense et si dense sur le littoral est unique au monde, et accueille donc des espèces rares et en voie de disparition, comme le tout mimi marbled murret, oiseau marin, qui a besoin des Redwoods pour se reproduire et nicher.
La route est piégeuse, il faut traverser des rivières à gué, et je ne le recommanderais pas forcément si vous avez une voiture de location (comme nous), et que vous n’avez pas l’habitude (comme nous) et  lorsque le niveau de l’eau est trop élevé (pas comme pour nous, heureusement).

Je vous laisse admirer la beauté de Fern Canyon et la lumière exceptionnelle de ce lieu exceptionnel…

4 Commentaires

  • Répondre
    Zhu
    7 décembre 2012 at 03:42

    Ah ben oui, j’ai eu un choc en voyant l’échelle de la forêt à la taille d’un personne sur la photo! Impressionnant. On se croirait dans un livre de Maxime Chattam… vous n’êtes pas tombés sur un serial killer, non?

    • Répondre
      Isa
      7 décembre 2012 at 09:20

      Même pas un petit T-Rex ! :|

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    Jarno
    15 décembre 2012 at 08:35

    tes photos sont magnifiques (surtout la 1ere) la lumière…. :oops: .

    • Répondre
      Isa
      15 décembre 2012 at 11:59

      Contente qu’elles te plaisent. Le D90 a changé ma vie.

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