France Martinique

En Martinique : la Presqu’île de la Caravelle et l’Habitation Clément

21 février 2018

Après quelques jours de grâce du côté de Saint-Pierre, c’est reparti sur la route de la Trace, cette fois-ci sur sa dernière portion, pour rejoindre l’Est et voir enfin l’Océan atlantique. 

Nous traversons Saint-Pierre et le Morne-Rouge, bien calmes en ce dimanche matin. La Montagne Pelée se joue encore de nous et se cache rapidement derrière les nuages, sans doute pour plusieurs jours consécutifs… Nous ne l’aurons vue que quelques heures, au final ! Mais nous en avons savouré chaque instant : elle est vraiment merveilleuse.
La route de la Trace est moins angoissante de ce côté-ci qu’à son origine à Fort-de-France, mais elle n’est pas moins belle. Petit à petit, la végétation change, de l’épaisse forêt tropicale à une forêt plus clairsemée. Après un tournant, pouf, voilà l’Océan. À l’Ajoupa Bouillon, impossible de passer ! La route nationale est coupée par la fête patronale : le défilé devrait durer plus d’une heure… Il n’y a rien d’autre à faire que de se joindre aux festivités (zut, alors ! ;-) ). Les majorettes, le club de randonnée, le club de pétanque (au plus grand bonheur de mon provençal de conjoint), les anciens combattants, le gratin du coin, tout le monde défile au rythme de la musique de l’orchestre local.

C’est dans ces moments-là que je me réjouis de ne pas avoir de programme établi : 2 heures de retard et d’imprévus ne sont pas un drame, c’est plutôt sympa de se laisser porter par les événements plutôt que d’attendre dans la voiture et de pester contre le défilé !

Côté atlantique : Sainte-Marie, le Musée de la banane, la Trinité et le Robert

Il faut croire que c’est un dimanche festif puisqu’à Sainte-Marie, c’est la même chose ! Il y a foule et les touristes ont d’ailleurs réquisitionné chaque mètre carré de la commune pour se garer. Et pour cause, c’est la grande fête de la Distillerie Saint-James, la seule que je connaissais de nom avant de mettre les pieds sur l’Île (et étant une noob du rhum, c’est qu’elle doit être très connue mondialement). Nous passons notre tour et allons plutôt du côté du Musée de la banane, qui s’avère être une visite passionnante (mais je pense qu’il faut s’intéresser un minimum à l’agriculture et aux enjeux de la mondialisation). N’hésitez pas à solliciter la personne au guichet qui se fera un plaisir de développer certains points et de vous offrir son point de vue, notamment sur le développement de l’agriculture biologique sur l’île. La visite du musée se conclut par une cheminement très agréable dans la bananeraie, riche de centaines de plants différents. Même si ce n’est pas la pleine saison, le paysage agricole est superbe !


D’ailleurs, à partir de Sainte-Marie, le visage de l’île change du tout au tout… encore une fois. La Martinique ne cesse pas de me surprendre. Les champs sont immenses, et la végétation basse a l’avantage d’offrir de superbes points de vues sur le rivage de l’Atlantique, très houleux en ce jour.
C’est par choix (mais quand-même avec un grand regret) que nous privilégions la découverte tranquillou de la Presqu’île de la Caravelle au lieu de parcourir les dizaines de kilomètres jusqu’au bout du monde, j’ai nommé Grand’ Rivière. Ce sera pour une prochaine fois…

Le paysage change encore de physionomie sur la Presqu’île de la Caravelle. Il devient presque méditerranéen. Les bourgs de La Trinité et du Robert sont déserts, mais tout le monde semble s’agglutiner autour de l’Eglise adventiste et surtout de Fruity Boul, un petit kiosque-glacier, qui nous rafraîchit en ce dimanche : les sorbets à la goyave, à la cacahuète, au cajou et au manioc étaient divins. Nous y retournerons d’ailleurs… tous les jours.

Côté Presqu’île de Caravelle : Tartane

La vue depuis notre chambre d’hôtel (Le Manguier) est grandiose, je ne m’attendais pas du tout à tant de beauté, surtout pour 74 euros par nuit ! L’eau de la piscine est trop froide, mais bon, de toute façon c’est bien dans l’océan que je comptais me tremper… Enfin, le premier bain de mer martiniquais ! Elle n’est « qu’à » 26°C. Et la fin de journée file si vite… La nuit tombe toujours aussi tôt, aux alentours de 17 h. Nous achetons un poulet boucané sur le parking de Tartane et le dégustons sur notre terrasse, accompagné d’un ti’punch, avec vue sur le petit village qui s’endort petit à petit. La vie est belle, non ?

J’ai tellement aimé cette chambre d’hôtel… Et en plus, pour la seule et unique fois de notre voyage, il n’y a pas eu d’intrusion de cafard (qui ont, je le rappelle, la taille de chiots, en Martinique).
La Presqu’île est une réserve naturelle, et nous avions grande hâte de la parcourir avec nos chaussures de rando. Le matin, très tôt, nous nous dirigeons vers notre belle voiture de location pour nous rendre au point de départ de la randonnée, et gloups, elle ne s’ouvre plus. Il faut dire que quelqu’un avait un peu oublié de retirer les clés de ses poches avant notre baignade de la veille. La matinée de la lose commence, au moins pour moi, soudainement affligée par le contre-coup de ma pneumonie. Je suis prise d’une lassitude insurmontable seulement quelques minutes après le début de notre randonnée. J’ai envie de tout abandonner, tout me paraît trop dur, je n’arrive plus à avancer…
La mangrove est belle, les crabes qui y pullulent sont mignons, il y a de chouettes points de vue, mais je n’aspire qu’à une chose : rentrer !

Heureusement, la journée se terminera plus paisiblement à l’Anse l’Étang (pour observer des crabes, encore), tranquillement assise sous un cocotier. L’eau est glaciale (25°C), et je me prends le luxe de ne m’y baigner que quelques minutes. En réalité, la houle et le courant sont très forts, et ne pouvant porter mes lunettes de vue (et ayant donc une acuité visuelle nulle), je ne me sens pas en sécurité. Lire sous le cocotier it is.
La plage est superbe et c’est la première « vraie » plage antillaise que nous voyons. Tartane et ses alentours sont résolument charmants, et le calme des lieux vaut sans doute d’y passer quelques nuits. Les échecs continuent cependant, et si nous avions prévu de louer un bateau sans permis à Ti’Canots pour découvrir les îlets Chancel et Madame, il est impossible de joindre les propriétaires du commerce. Nous nous retrouvons sur de petites routes de campagne sur la commune de Hyacinthe afin d’aller directement voir ce qu’il se passe au port, mais c’est peine perdue. Il n’est pas si facile d’être spontané, à la Martinique, prévoyez toujours une réservation à l’avance !

Un coup de cœur martiniquais : l’Habitation Clément, un haut-lieu de l’art caribéen

J’ai été fortement impressionnée par la profusion de musées et autres lieux culturels, sur l’île. L’Habitation Clément, passage touristique obligatoire, n’a sûrement pas été une déception ! Le chemin vers le Sud continue, et l’Habitation Clément, sans doute l’un des sites culturels les plus populaires de l’île, est un arrêt que nous n’envisageons pas de ne pas faire. Arrivés très tôt le matin, le parking est pourtant déjà bien chargé. Après un accueil compétent et très agréable, nous nous aventurons dans le jardin botanique, qui comporte aussi de nombreuses installations de sculpteurs contemporains.

C’est beau, poétique, et le cadre est enchanteur. J’ai aimé ce mélange d’art et de bâtiments agricoles historiques !

La visite se poursuit par la palmeraie, qui ouvre la voie vers les premiers bâtiments industriels. On entre dans le vif du sujet… la canne à sucre et le rhum, bien-sûr. La visite est agréable, et vous pouvez coupler les panneaux d’information à l’audioguide pour vraiment TOUT savoir : la traite des esclaves, le circuit du rhum, son origine, sa production… Il y a même un volet sur la place des femmes dans l’industrie. Les hangars sont jalonnés de magnifiques photographies d’anciens travailleurs de la Distillerie.

Nous poursuivons vers une partie qui me semble moins intéressante, celle de la maison des maîtres, qui est belle, certes, mais qui me laisse de marbre. Heureusement, dans l’une des cases alentours, une petite exposition de l’artiste martiniquais Louis Laouchez nous permet de replonger encore une fois dans un bel univers.

Et puis, le clou du spectacle, et surtout, ce à quoi je ne m’attendais pas du tout : un magnifique musée d’art contemporain, flambant neuf, dont l’architecture moderne et métallique s’intègre parfaitement dans le cadre de l’Habitation Clément. Dans le musée, nous sommes seuls pour admirer les œuvres du street artist JonOne. C’est coloré, beau, sombre. Je n’y connais rien, en art contemporain, mais j’ai été particulièrement touchée.
Bien sûr, impossible d’éviter la dégustation (et je ne vois pas bien pourquoi je l’aurais évitée), où l’on nous explique patiemment les différentes cuvées. Le rhum y était bon, mais finalement, c’est pas du tout pour ça qu’il faut venir à l’Habitation Clément !

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2 Commentaires

  • Répondre
    mitchka
    21 février 2018 at 14:26

    Je connais ces journées où tu es motivée pour faire une bonne rando, une bonne balade, et qu’en fait … non. Une fois sur place, t’as juste envie de retrouver ton plaid relaxant. Heureusement, le lendemain est autre jour :)

    • Répondre
      isa
      21 février 2018 at 14:28

      En Martinique, l’équivalent de mon plaid relaxant était plutôt une serviette sur la plage, et c’était plutôt pas mal !
      Des fois ça me fait culpabiliser (mais de moins en moins) mais mince, c’est les vacances après tout, vive la glande.

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