France Martinique

En Martinique : Sainte-Anne, Rivière-Pilote et les beautés du Sud

5 avril 2018

J’ai repoussé encore et encore l’écriture de ces derniers volets sur la Martinique. Je voulais savourer jusqu’au bout le récit de ce voyage, un peu comme le dernier chocolat de la boîte…

Si nous attendions surtout de visiter le Nord de l’île (la Route de la Trace, Saint-Pierre et la Caravelle), jour après jour, l’envie d’aller enfin dans le Sud était de plus en plus piquante. Je rêvais, un jour, de me baigner dans une eau si turquoise et si chaude que je ne frissonnerais même pas en m’y jetant dedans. Cela semblait correspondre parfaitement à ce qui nous attendait dans le Sud de la Martinique…

Sainte-Anne et le cliché des Antilles

On avait entendu tout et son contraire sur Sainte-Anne, de la part des locaux : de « c’est bondé comme la Côte d’Azur » à « ça reste calme et authentique ». Hors haute-saison touristique, c’est surtout ce que nous avons constaté : il n’y avait personne. Nous avons même eu le grand luxe de nous retrouver tous les deux sur les rivages de l’Anse Caritan, petit bout de plage discret à quelques centaines de mètres du centre-ville… La baie de Sainte-Anne est magnifique, et le petit port de plaisance du village ne gâche rien. Les nombreux voiliers en mouillage apportent même une touche supplémentaire au charme balnéaire. J’ai été surprise de ne pas voir la côte défigurée comme elle peut souvent l’être sur le littoral : les complexes hôteliers ne sont pas si nombreux et restent relativement discrets. J’ai vraiment aimé Sainte-Anne, et je pense que c’est un point d’ancrage idéal pour découvrir le Sud-est !

Anse Caritan

Le village de Sainte-Anne est résolument touristique, avec les mêmes petites boutiques que l’on peut trouver dans toutes les stations balnéaires de France et de Navarre : babioles sans intérêt, cartes postales blanchies par le soleil, paréos et maillots de bain… Et pourtant, elles ne sont pas trop nombreuses pour que cela tourne au cliché, et tous les commerçants étaient vraiment agréables (parce que oui, en tant que touristes, on fait les mêmes trucs de touristes que les autres, par exemple en cherchant un filon de cartes postales pas trop kitsch à envoyer en métropole).

Pour la première fois depuis le début du séjour, j’ai senti le décalage saisonnier : les employés municipaux étaient en train d’installer les nombreuses décorations de Noël sur les eucalyptus faisant office de platanes sur la place de l’Eglise. 30°C et bientôt Noël ! Une évidence, pour certains voyageurs, mais une découverte amusée pour moi.
En arrivant au Sud, la végétation est décidément encore une fois bien différente de celle du Nord. Les nombreux eucalyptus et cactus de notre résidence nous ancrent dans un climat méditerranéen… qui s’illustre d’ailleurs par l’absence de précipitations pendant toute la durée de notre séjour.

Nous enchaînons la visite du village avec un marathon des plages et filons directement à la fameuse Grande Anse des Salines, LA plage dont tout le monde, locaux ou touristes, nous parle. Encore une fois, nous nous attendons à une foule, et il n’en est rien. La plage est presque désertée, en fin de journée, et après une rapide trempette un peu fraîche après l’Anse Caritan à 29°C, le spectacle commence : le coucher de soleil, sur cette plage iconique des Caraïbes, est superbe.

L’Anse des Salines est un cliché absolu : bande de sable concave, qui laisse voir l’horizon, cocotiers et sable doré. Ceci étant dit, les cocotiers sont responsables (entre autres) de l’érosion de la plage, leurs racines n’étant pas aussi efficaces que celles des toxiques mancenilliers. Il serait donc presque temps de les arracher, tant pis pour le cliché ! La plage était effectivement plutôt étroite, et je me demande si c’est le résultat de l’ouragan Irma de l’automne 2017 ou plutôt l’érosion des dernières années.
Le soleil aussitôt couché dans l’Océan, les puces de sable nous dévorent si vite qu’il faut décamper. Sur le chemin de retour, les prés salés devenus monochromes au crépuscule, libèrent une odeur si agréable. Il flotte toujours dans l’air une senteur très tenace que j’attribuerai à ce coin du monde toute ma vie : celle de la coriandre humide, poivrée et appétissante. A ce jour, je ne sais toujours pas quelle plante en est responsable…

Port de Sainte-Anne

De nos quatre journées passées à Sainte-Anne, il y a qu’un seul point commun : les beaux couchers de soleil dont on ne peut détacher les yeux.

La randonnée marine : coup de cœur à Rivière-Pilote et l’Anse Figuier

Rivière-Pilote était l’étape parfaite pour s’offrir un sandwich de 30 cm de long à la boulangerie locale après une séance intensive de nage ! Mais la municipalité est également un haut-lieu de l’insurrection des esclaves en 1870. En témoigne un magnifique monument de bronze retranscrivant un autre chapitre sombre de l’Histoire française, dont, encore une fois, je n’ai jamais entendu parler tout au long de mes études primaires ou secondaires en métropole. Il va falloir que je rattrape rapidement ces lacunes, et ce pan de l’Histoire que je ne peux pas continuer d’ignorer !

A quelques kilomètres de là, l’Anse Figuier, et ma toute première expérience de randonnée marine. La plage, bien que petite, est superbe, et j’y découvre une eau si turquoise qu’aucune photo ne lui rendrait justice. Les cocotiers diffusent une ombre bienfaisante… L’Anse Figuier est un coin très connu pour le snorkelling, mais notre arrivée matinale nous permettra de nager seuls pendant deux heures sur les récifs coralliens presque affleurants. Ils sont seulement à quelques brasses de la plage, c’est presque trop facile !
Nos masques Décathlon intégraux (pratiques mais ridicules – imaginez Dark Vador en train de faire de la plongée) enfilés, nous ne voyons pas passer le temps, et nous essayons tant bien que mal de capturer quelques clichés de l’abondante faune marine sur un appareil photo jetable (je suis une blogueuse cheap). Nous avons vu une multitude de poissons multicolores que je ne saurais identifier (je me préparerai mieux, la prochaine fois).  J’ai tellement adoré cette expérience, que je ne rêve que d’une chose à présent : trouver d’autres superbes endroits, en Méditerranée ou ailleurs, pour recommencer !

Même si la mer est presque à 30°C, j’entends une locale hurler qu’elle est beaucoup trop fraîche pour qu’elle y mette un pied ! Cela me fait toujours penser aux Bretons, qui te sortent que l’eau-est-si-bonne-tu-devrais-tester quand elle culmine à 15°C en plein mois d’août dans le Finistère. Tout est relatif, finalement, non ?

De l’Anse Figuier, il est possible de rejoindre par la nage la Pointe Borgnèse, une autre anse protégée par le conservatoire du littoral. Hélas, le vent est beaucoup trop fort dès que l’on quitte la protection de l’Anse pour s’y aventurer, et même si je suis une bonne nageuse, je ne me sens pas suffisamment à l’aise en mer pour tenter la rando sans guide. Nous allons donc en voiture jusqu’à la Pointe Borgnèse, sans tambours ni trompettes, et sans photo de moi, fière et méritante, en maillot de bain sexy. Il faut chausser les baskets avant de s’aventurer sur le chemin pentu menant à la Pointe Borgnèse (les tongs ne suffiront pas !). La plage n’est plus accessible en véhicule, et on a quand-même une impression de paradis perdu en arrivant. Hélas, le courant est trop important pour que nous puissions profiter de la beauté des fonds marins, l’eau étant bien trop troublée par le sable en suspension.
Avec un petit pincement au cœur, nous quittons le Sud-est pour le Sud-ouest, loin d’avoir exploré tout ce qu’il fallait explorer du coin…

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6 Commentaires

  • Répondre
    Pauline
    5 avril 2018 at 09:16

    Quelle déception de ne pas voir de photos de toi, fière et méritante, en maillot de bain sexy …^^
    Tu m’as donné très envie d’aller là-bas, une fois de plus, avec ton récit de la rando marine ! J’adore le snorkeling depuis ma première fois en Sardaigne, c’est devenu un indispensable au cour de l’année, faire au moins une fois du snorkeling, sinon c’est une année loupée ;) Tu as développé tes photos de l’appareil photo jetable ? Je serais curieuse de voir ce que ça donne …

    • Répondre
      isa
      5 avril 2018 at 09:21

      Je comprends tout à fait, pour la rando marine ! J’ai l’impression que lorsqu’on y croque une fois, on peut plus s’en passer. Là je me dis la même chose que toi… Mais au Québec, ça va pas être si évident, je crois :-D
      Il me semble avoir lu que la Martinique présentant de nombreux sites de renommée internationale de plongée et de rando marine. Tu sais donc ce qu’il te reste à faire…
      Pour l’appareil photo jetable, ça rend jamais rien, mais je continue d’en acheter ! La 1re photo de l’Anse Figuier est prise avec !

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    Mitchka
    5 avril 2018 at 16:13

    Hyères et tous les alentours c’est top pour le snorkeling. Genre Port Cros et Porquerolles c’est top. L’année dernière Jac et les.filles se sont éclatées
    Envisages quand meme la go pro pour les poissons… à defaut du maillot sexy pour toi :p

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      isa
      12 avril 2018 at 09:43

      Mais oui mais oui, c’est trop beau ce coin ! On y va au printemps hélas, je mettrai même pas un orteil dans l’eau… Ni une gopro :p

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    Zhu
    6 avril 2018 at 01:24

    L’eau des Caraïbes m’impressionne toujours… cette incroyable pureté, c’est dingue!

    Effectivement, Noël quand il fait chaud, c’est marrant. On a toujours une vague impression que c’est une blague… je ne m’habitue jamais non plus au fait que dans l’hémisphère sud, janvier est le début de l’année scolaire. Pour moi, ça sera toujours septembre!

    Un voyage vraiment positif, donc. Je retiens aussi qu’il y a pas mal à explorer sur un territoire qui, finalement, est assez petit!

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      isa
      12 avril 2018 at 09:43

      Tu as dû en voir au moins des aussi belles dans tes nombreux voyages en Amérique latine !

      Oui, exactement, c’est tout petit, et pourtant si vaste à la fois !

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